Trump réduit la vaccination des enfants (tout en réitérant de fausses allégations sur l’autisme)
La politique américaine en matière de vaccination des enfants connaît actuellement un tournant majeur, Donald Trump remettant en cause les recommandations qui ont guidé la médecine pédiatrique pendant des décennies. Alors que les enfants s’apprêtent à faire leur rentrée scolaire, la nouvelle approche de l’administration suscite déjà une vive opposition de la part des médecins et des organismes de santé publique, d’autant plus que le président a accompagné ces changements d’affirmations controversées sur les vaccins et l’autisme, qui ont été maintes fois réfutées par la recherche scientifique.
Un changement majeur dans la politique de vaccination
Donald Trump a signé un décret visant à redéfinir les recommandations en matière de vaccination infantile aux États-Unis. Cette mesure intervient alors que des millions d’enfants s’apprêtent à faire leur rentrée scolaire et marque un changement radical par rapport aux pratiques de vaccination qui ont guidé la médecine pédiatrique américaine pendant des décennies.
Moins de recommandations générales
Le nouveau cadre mis en place par l’administration réduit le nombre de vaccins infantiles figurant dans les recommandations fédérales universelles. Plusieurs vaccinations, notamment celles contre la grippe, la COVID-19, le rotavirus et les hépatites A et B, feraient désormais l’objet d’une prise de décision partagée entre les familles et les médecins, ou de recommandations ciblant les enfants considérés comme présentant un risque plus élevé.
Les vaccinations sont réparties sur un plus grand nombre de consultations
Le décret de Trump encourage également les parents et les médecins à répartir les vaccins sur un plus grand nombre de consultations médicales plutôt que d’administrer plusieurs vaccins lors d’une même visite. Défendant cette approche, Trump a déclaré : « Nous réduisons leur nombre. Il ne s’agit pas seulement d’administrer moins de vaccins, ou de « piqûres », comme on dit, mais de les répartir sur une série de consultations chez le médecin. »
Séparation des vaccins combinés
Un autre aspect important concerne les vaccins combinés, en particulier celui contre la rougeole, les oreillons et la rubéole. Les autorités sanitaires encouragent le recours à des vaccins séparés plutôt qu’au vaccin combiné ROR standard, ce qui pourrait entraîner une augmentation du nombre d’injections et de consultations médicales nécessaires pour que les enfants soient protégés contre ces trois maladies.
Une nouvelle étude sur l'autisme
Ce décret charge Robert F. Kennedy Jr., secrétaire à la Santé et aux Services sociaux, ainsi que les responsables fédéraux de la santé, de réexaminer le calendrier de vaccination et d’élaborer d’autres modèles de séquencement. L’administration met également un accent renouvelé sur la recherche concernant l’autisme, réintroduisant ainsi l’un des débats les plus controversés du pays sur la vaccination dans la politique fédérale de santé.
Trump établit un lien entre les vaccins et l'autisme
Lors de cette annonce, Trump a réitéré ses affirmations établissant un lien entre les pratiques actuelles de vaccination et les diagnostics d’autisme. Il a déclaré : « Il y a plusieurs décennies, les enfants ne recevaient qu’une infime partie des vaccins exigés aujourd’hui. À cette époque, les gens étaient en bien meilleure santé et, bien sûr, les taux élevés d’autisme observés aujourd’hui n’existaient pas. » Des recherches scientifiques approfondies n’ont mis en évidence aucun lien de causalité entre les vaccins et l’autisme.
Trump remet en question les doses de vaccin
Trump a également tenu des propos trompeurs concernant la quantité de produit administrée lors des vaccinations infantiles. Il a déclaré : « J’en ai vu la preuve : on voit un vaccin, qui semble avoir la taille d’une bouteille de soda, être injecté dans le corps d’un petit enfant, et des effets néfastes se produisent dans de trop nombreux cas — car c’est une explosion. C’est une épidémie. » Les experts médicaux affirment que les doses de vaccin ne contiennent que de faibles quantités de liquide.
Les médecins ripostent
L’Académie américaine de pédiatrie a vivement critiqué l’approche adoptée par le gouvernement. Son président, le Dr Andrew Racine, a averti que ces changements risquaient de « semer la confusion et d’amener davantage de personnes à douter de l’importance des vaccins ». Les pédiatres ont également souligné que le report des vaccinations recommandées pouvait prolonger la période pendant laquelle les enfants restent vulnérables aux maladies infectieuses évitables.
Plus de visites, plus de coûts
L’American College of Physicians a également fait part de ses inquiétudes concernant la charge pratique que cela représente pour les familles. Le fait de séparer les vaccins combinés et d’étaler les vaccinations sur plusieurs rendez-vous pourrait obliger les parents à s’absenter davantage de leur travail, leur faire supporter des frais médicaux supplémentaires et exposer les enfants à un plus grand nombre d’injections individuelles.
Un sénateur républicain rejette un décret
Des critiques ont également été formulées par le sénateur républicain Bill Cassidy, médecin et président de la commission de la santé du Sénat. M. Cassidy a catégoriquement rejeté la position de l’administration, écrivant : « Je suis médecin. Ce décret est erroné. Le président ne dispose pas de l’expertise nécessaire pour apporter ces changements. Les vaccins NE PROVOQUENT PAS l’autisme ».
Trump défend ces changements
Trump a affirmé que les familles conserveraient la possibilité de choisir des vaccins supplémentaires, déclarant : « Les parents peuvent toujours choisir de faire vacciner leurs enfants contre toutes les maladies s’ils le souhaitent. Ces vaccins seront pris en charge par l’assurance. » Il a également défendu cette politique générale en déclarant : « Ce décret aligne enfin les États-Unis sur les autres nations avancées et développées du monde entier. Plus important encore, il nous aligne sur le bon sens et les connaissances scientifiques. »