Mark Carney collabore avec l’Alberta sur des projets liés aux pipelines et autres
Le gouvernement libéral de Mark Carney a enfin annoncé un plan visant à réduire les obstacles administratifs liés aux projets susceptibles de « contribuer au développement du pays », notamment les pipelines et autres projets liés aux ressources naturelles. Dans un reportage exclusif de la CBC, la chaîne a révélé avoir interrogé deux responsables du gouvernement fédéral au sujet de l’objectif de Carney de réduire les formalités administratives, mais ces deux sources ont dû garder l’anonymat. Elles n’ont pas non plus pu communiquer tous les détails du plan à la CBC et ont prévenu que certains éléments étaient presque certainement susceptibles d’être modifiés. Elles ont décrit ces plans comme étant conformes à la promesse du gouvernement Carney de ne procéder qu’à un seul examen par projet et de fixer un délai de deux ans pour l’approbation des grands projets. Carney a annoncé ces plans dans un communiqué officiel publié le 9 avril.
Des changements « de grande envergure » sont à venir
Selon des sources fédérales de la CBC, ces projets devraient inclure des changements « globaux » dans les procédures, et le gouvernement annoncera la tenue de consultations avant d’adopter la législation nécessaire. Ces sources ont confirmé que, même si le programme facilitera la construction de pipelines, il n’éliminera pas l’obligation de consulter les peuples autochtones. Si les secteurs concernés pourraient se réjouir de ce programme, les sources fédérales ont toutefois averti que les écologistes et les groupes autochtones risquaient de ne pas en être aussi satisfaits.
Le projet de pipeline en Alberta est au point mort
L’un des principaux facteurs qui poussent le gouvernement canadien à mettre en œuvre des changements en profondeur est le retard pris dans la construction du nouvel oléoduc de la côte ouest de l’Alberta. Le 27 novembre 2025, le premier ministre Mark Carney a signé un protocole d’accord avec la première ministre de l’Alberta, Danielle Smith, afin de faciliter la construction d’un nouvel oléoduc. Le projet d’oléoduc s’étendrait de l’intérieur de l’Alberta jusqu’à la côte de la Colombie-Britannique. Le protocole d’accord prévoyait également la création d’un important centre de capture du carbone en Alberta.
Optimisme quant à un nouvel accord
Selon certaines sources fédérales et provinciales interrogées par la CBC, l’optimisme règne quant à la conclusion d’un accord, malgré le principal point d’achoppement : le rythme auquel le prix du carbone pour l’industrie pourrait ou non augmenter. On ignore si un accord sera conclu prochainement, mais Mark Carney rencontrera Danielle Smith le 8 mai 2026. À l’heure actuelle, les crédits carbone en Alberta se négocient à environ 40 dollars, bien en dessous du prix de référence actuel de 95 dollars la tonne. Le protocole d’accord entre Carney et Smith prévoyait un prix effectif minimum de 130 dollars la tonne, mais l’Alberta souhaite que ce montant constitue le plafond des crédits carbone jusqu’en 2050 ; le gouvernement Carney souhaite quant à lui qu’il s’agisse du plancher.
Danielle Smith commente
Selon M. Smith, les deux parties « progressent », mais il a souligné que le point d’achoppement réside dans le seuil minimum de 130 dollars par tonne. Selon M. Smith, l’autre point d’achoppement de l’accord concerne la notion de « contrats pour différences », qui n’était pas explicitement mentionnée dans le protocole d’accord. Les contrats pour différences sont des mesures qui rendent extrêmement difficile, voire coûteux, pour les futurs gouvernements de supprimer la tarification du carbone. S’ils le faisaient, ils se retrouveraient dans l’obligation de rembourser aux entreprises des millions de dollars pour des investissements dans des projets à faibles émissions de carbone.
« Le premier ministre estimait clairement que c’était un moyen de parvenir à une tarification efficace. Nous devons nous assurer que ces contrats pour différences ne finissent pas par coûter une somme considérable à l’industrie, aux contribuables de l’Alberta ou aux consommateurs »,
La réglementation en matière d'énergie propre est susceptible d'être modifiée
Dans les détails du protocole d’accord, l’avenir du Règlement sur l’énergie propre reste incertain. Le protocole d’accord stipule qu’une fois le nouvel accord sur la tarification du carbone conclu, le Canada suspendra temporairement le Règlement sur l’énergie propre en Alberta. Cela permettrait à la province de l’Alberta de contourner l’obligation imposée par le Canada aux provinces d’atteindre un réseau électrique à zéro émission nette d’ici 2050. Si la réglementation fédérale sur l’électricité venait à entrer en vigueur, l’Alberta serait la province qui subirait les changements les plus importants. L’Alberta devrait réduire ses émissions de près de 214 millions de tonnes pour se conformer à ces exigences. Le protocole d’entente suggère qu’un renforcement du système TIER de l’Alberta et d’« autres mesures » aideraient la province à atteindre les mêmes réductions d’émissions que celles prévues par la réglementation sur l’électricité.
Carney doit rencontrer Smith
Les responsables d’Environnement et Changement climatique Canada ont cherché à déterminer si une tarification suffisamment élevée des émissions suffirait à elle seule à mettre le pays sur la bonne voie pour atteindre ses objectifs climatiques. La réponse a été, à une écrasante majorité, « non ». À l’heure actuelle, l’Alberta arrive en tête de toutes les provinces et territoires canadiens en matière d’émissions de gaz à effet de serre, le secteur pétrolier de la province contribuant à près de 60 % de ses émissions de GES. Mark Carney rencontrera Danielle Smith à Ottawa le vendredi 8 mai.