L’armée canadienne a commencé à développer et à déployer discrètement des systèmes anti-drones dans et autour des ports canadiens, dans l’espoir de prendre les devants face à cette nouvelle tendance en matière de guerre : les véhicules aériens sans pilote (UAV). L’objectif serait d’empêcher la guerre dangereuse menée par des drones qui a paralysé l’Europe du Nord et caractérisé la guerre menée par la Russie contre l’Ukraine.
Selon la CBC, le projet a été en grande partie tenu secret, l’armée canadienne s’efforçant de préserver la confidentialité. Selon l’armée canadienne, les systèmes sont encore en cours de développement, car la technologie des frappes par drones progresse rapidement. L’armée prévoit apparemment de déployer ces systèmes autour de tous ses principaux ports et bases aériennes.
La guerre des drones en Ukraine
La guerre menée par la Russie contre l’Ukraine est sans précédent. Au lieu de se dérouler au sol avec des soldats, elle s’est principalement déroulée dans les airs à l’aide de drones. En quatre ans de guerre contre l’Ukraine, la Russie a utilisé une multitude de drones différents.
Le ministre ukrainien de la Défense, Mykhailo Fedorov, a confirmé en avril que plus de 80 % des victimes du conflit avaient été causées par des drones sans pilote, ce qui en fait le premier conflit de l’histoire mondiale à ne pas être défini par des combats sur le terrain. La Russie et l’Ukraine utilisent toute une série de drones différents pour mener ces missions militaires, certains étant développés en Russie et en Ukraine, d’autres en Iran.
Drones Shahed
Les deux types de drones les plus redoutables sont les drones « kamikaze » de fabrication iranienne (appelés drones de type Geran en Russie) et les drones FPV. Ces drones « kamikazes » à usage unique ont une autonomie pouvant atteindre 2 500 km et peuvent transporter une charge maximale de 90 kg, ce qui signifie qu’ils peuvent embarquer une ogive de 90 kg dans leur nez. Bien que moins dangereux, les drones à vision à la première personne (FPV) ont causé des ravages dans l’environnement ukrainien.
Relacés à l’opérateur par un long câble à fibre optique, ces drones peuvent parcourir jusqu’à 25 km tout en restant connectés à l’opérateur. La connexion par fibre optique empêche ces drones d’être neutralisés par des ondes radio. Le problème ? Lorsque ces drones s’écrasent ou sont envoyés en mission « kamikaze », le câble à fibre optique est laissé sur place. Des centaines de milliers de câbles à fibre optique jonchent actuellement la campagne ukrainienne, créant des risques sanitaires pour les personnes et les animaux. Ces drones FPV à fibre optique sont actuellement développés par la Russie, l’Ukraine, la Chine, l’Iran, Israël et, selon certaines informations, le groupe Hezbollah au Liban.
Le Canada s'inquiète au sujet des drones
Alors que l’on rapporte que l’Ukraine aurait réussi à couler plusieurs navires russes de grande taille, dont le porte-missiles balistiques Tsyklon, ainsi que de nombreux sous-marins et aérodromes, le Canada prend très au sérieux la guerre des drones. Les drones étant capables de couler des navires de guerre importants et de mettre hors d’état de fonctionner des aérodromes, les grandes armées occidentales, dont celle du Canada, en prennent bonne note. Le lieutenant-général Jamie Speiser-Blanchet, de l’Aviation royale canadienne, s’est récemment exprimé devant un comité, affirmant que les bases aériennes canadiennes se dotent de nouveaux systèmes de protection.
« Nous avons mis au point et utilisons déjà certains systèmes de lutte contre les drones qui sont en place, et nous continuons à en développer dans certaines régions du Canada »,
Les demandes d’interview de la CBC et d’autres médias ont été rejetées tant par Speiser-Blanchet que par le ministère canadien de la Défense.
Le système de défense « Falcon » est déjà opérationnel
Alors que le Canada s’efforce de mettre en place de nouveaux systèmes de défense contre les drones, certains sont déjà opérationnels. Le système Falcon Shield, développé par l’Italie et le Royaume-Uni, aurait été acquis par le Canada, l’Aviation royale canadienne ayant annoncé avoir commencé à former le personnel militaire canadien à son utilisation en janvier 2025.
Le Falcon Shield utilise des radars, des caméras haute performance et des dispositifs de brouillage pour abattre les drones. Le système a été initialement déployé pour les troupes canadiennes en Lettonie en 2024, mais l’armée travaillerait actuellement à l’introduction de cette technologie au Canada.
Comment le Canada peut-il réglementer les drones ?
Le gouvernement canadien s’efforce de déterminer comment déployer des systèmes de défense contre les drones sans nuire aux citoyens canadiens. Le commandant Philip Durand, directeur des besoins navals en matière de capteurs et de guerre électronique, a déclaré que le gouvernement devait tenir compte des deux aspects de la question, et a souligné que tous les drones ne constituaient pas une menace pour le Canada.
« Il est très difficile de faire la distinction entre un drone menaçant venant de Point Pleasant Park et quelqu’un qui est simplement curieux de voir ce navire de guerre très impressionnant qui entre dans le port »,
Il faut protéger les amateurs et le Canada
Durand a souligné que la législation devait être mise à jour afin de protéger à la fois les amateurs de drones et les infrastructures canadiennes.
Il a déclaré qu’il existe toute une série de scénarios catastrophes et de menaces pour la sécurité des infrastructures militaires et civiles que nous commençons tout juste à saisir. La technologie des drones est désormais facilement accessible au crime organisé, aux groupes haineux et à pratiquement n’importe qui disposant de 5 000 dollars à dépenser pour un drone FPV.