Le Canada promet 270M$ pour l’Ukraine, alors que Carney devient le 1er non européen à prendre la parole à l’EPC
Mark Carney est devenu le premier représentant non européen à prendre la parole lors du sommet semestriel de l’EPC, qui s’est tenu cette année en Arménie. Dans son allocution de cinq minutes devant les participants, il a affirmé que le Canada était « le plus européen des pays non européens », citant comme raisons la forte présence d’immigrants européens et le bilinguisme du pays.
Le Canada est le premier pays non européen à être invité au sommet de l’EPC, ce qui montre que l’objectif de Carney de renforcer les liens avec l’Europe a été un succès jusqu’à présent. Carney s’est félicité du soutien apporté par le Canada aux initiatives de l’UE, soulignant que le Canada est le seul pays de l’UE à investir dans certaines initiatives, comme EU SAFE. Carney a également souligné que le Canada est une superpuissance énergétique, comptant parmi les leaders mondiaux de la production pétrolière. Il n’a pas mentionné les gisements riches en uranium du Canada.
Carney s'engage à verser 270 millions de dollars à l'Ukraine
Au cours de son discours historique, M. Carney a également souligné que le Canada figurait parmi les plus fervents alliés financiers de l’Ukraine, ayant engagé plus de 25 milliards de dollars en faveur de ce pays depuis 2022. M. Carney a précisé que ces fonds seraient utilisés pour acheter des armes et des munitions aux États-Unis, ce qui lui a valu quelques critiques.
L’aide constante apportée par le Canada à l’Ukraine a créé une fracture parmi les électeurs canadiens, beaucoup estimant que le coût exorbitant de 25 milliards de dollars est trop élevé. Carney a souligné que la présence du Canada au sommet s’expliquait par l’« immense potentiel » de partenariats avec l’Europe. Carney a également insisté sur le fait que le monde ne peut pas considérer l’économie à travers des lunettes nostalgiques, et qu’il doit faire preuve de réalisme face aux menaces de Donald Trump et aux troubles causés par les guerres menées par la Russie, les États-Unis et Israël.
Reconstruire l'ordre mondial
Carney a déclaré qu’il était fermement convaincu que l’ordre international pouvait être et serait reconstruit grâce à l’Europe. Cela va dans le sens des messages de Carney visant à encourager ce qu’il appelle les « puissances moyennes ». Les puissances moyennes sont des pays dotés d’une forte souveraineté et d’exportations importantes, mais dont le PIB ne leur permet pas d’être classés parmi les « superpuissances mondiales ». Parmi ces nations, on peut citer le Canada, l’Australie, le Japon, le Mexique, le Brésil et les pays scandinaves.
Sur les 193 pays que compte le monde, une vingtaine sont classés comme « puissances moyennes ». Carney a consacré une grande partie de son temps à rencontrer ces « puissances moyennes » les 3 et 4 mai. Avant son discours du 4 mai, Carney a rencontré la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et le président du Conseil européen, Antonio Costa. Selon le bureau du Premier ministre, les dirigeants ont discuté de l’approfondissement de la collaboration dans des domaines tels que les chaînes d’approvisionnement, les minéraux critiques, l’énergie et les technologies. Carney a également eu des entretiens avec la Première ministre italienne Giorgia Meloni et le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez le 4 mai.
Que s'est-il passé lors des réunions ?
Le 3 mai, Mark Carney a rencontré une multitude de dirigeants mondiaux et de personnalités de premier plan. Il a commencé par s’entretenir avec la présidente du Parlement européen, Roberta Metsola. Cette dernière a révélé qu’elle avait adressé son invitation à Carney plusieurs semaines avant le sommet et s’est dite « très heureuse » que le Premier ministre canadien puisse y assister. Carney a également rencontré d’autres dirigeants de pays de taille moyenne qu’il apprécie particulièrement le 3 mai.
Carney a rencontré le Premier ministre arménien Nikol Pashinyan, dont le pays accueille l’événement. Carney a également rencontré le Premier ministre polonais Donald Tusk, entre autres. Selon des reportages de CBC et CTV News, le président américain Donald Trump a largement dominé ces discussions. Il est très improbable que Mark Carney aurait été invité au sommet de l’EPC sans les droits de douane généralisés de Donald Trump qui mettent en péril les chaînes d’approvisionnement mondiales. Trump a récemment accusé l’UE d’avoir enfreint les termes de son accord commercial avec les États-Unis. En conséquence, a-t-il déclaré, il a promis d’augmenter ses droits de douane sur les importations automobiles en provenance des pays de l’UE.
Pierre Poilievre critique Carney
Le chef du Parti conservateur, Pierre Poilievre, qui vient de voir s’envoler l’une des plus importantes avances de l’histoire politique canadienne, s’est adressé aux médias à Toronto le 3 mai. Selon le chef du PCC, qui a perdu son propre siège au Parlement lors des élections de 2025, ce voyage constituait un gaspillage de ressources qui ne fera qu’alourdir la facture pour les contribuables.
Qu'est-ce qu'un protocole d'accord ?
Un protocole d’accord (MOU) est un document officiel, mais non contraignant sur le plan juridique, conclu entre deux parties et décrivant un accord de coopération en vue d’un objectif commun.
Carney a signé plusieurs protocoles d’entente, dont certains au Canada, comme son accord avec la première ministre de l’Alberta, Danielle Smith, concernant le nouvel oléoduc de bitume.
Si Poilievre a tout à fait raison de souligner que ces documents ne sont pas juridiquement contraignants, rien ne prouve qu’ils soient « faux ». En réalité, Carney a reçu des éloges de la part du marché international pour son engagement en faveur du renforcement des relations.
Critiquer les déplacements de Carney
Poilievre a également critiqué les déplacements incessants de Carney. L’Arménie est le 21e pays que Mark Carney a visité depuis son élection au poste de Premier ministre, dans le but de conclure de nouveaux accords commerciaux et de nouer de nouveaux partenariats alors que les relations entre les États-Unis et le Canada sont au plus bas.
Au cours de sa première année au pouvoir, Mark Carney a fait des partenariats européens la priorité de son administration.
Alors que des promesses de campagne telles que « Construire des logements au Canada » et les « projets de construction nationale » ont été reléguées au second plan, Carney a conclu 20 partenariats avec des pays européens au cours de sa première année au pouvoir.