Québec 2026: Le dernier débat n’a laissé personne tranquille

Québec 2026: Le dernier débat n’a laissé personne tranquille
Crédit: Cinq chefs, des visions opposées et beaucoup de tension
  • Le référendum s'invite encore au cœur des échanges.
  • L'économie fait rapidement monter la tension.
  • PSPP et Duhaime affichent certaines convergences.
  • La santé fait éclater les rapprochements.
  • Patrice Roy doit parfois reprendre le contrôle.

Le dernier débat des chefs n'aura pas exactement été une promenade tranquille. Dès les premières minutes, les cinq leaders ont donné le ton d'une soirée où les échanges allaient rapidement devenir corsés, parfois très techniques, mais surtout très animés. Patrice Roy avait beau tenter de garder tout ce beau monde sur les rails, la cacophonie allait régulièrement s'inviter dans la conversation.

Paul St-Pierre Plamondon a rapidement ramené le débat vers l'avenir du Québec et son projet de souveraineté. Encore une fois, le mot référendum s'est retrouvé au centre de la discussion. Le chef péquiste a assumé vouloir tenir un référendum durant un premier mandat, même si les sondages ne lui sont actuellement pas favorables. Il a aussi répété qu'il ne souhaitait pas le faire tant que Donald Trump serait président des États-Unis. Pour lui, il ne faudrait surtout pas avoir peur de retourner aux urnes pour décider de l'avenir du Québec.

Éric Duhaime n'a évidemment pas laissé passer l'occasion. Il a plutôt présenté le projet péquiste comme une façon d'envoyer le Québec dans le mur, tout en ramenant son propre discours sur la taille de l'État et la nécessité de réduire la bureaucratie. Christine Fréchette, de son côté, a tenté de ramener la conversation vers la stabilité et l'économie, pendant que Charles Milliard jouait à nouveau la carte du fédéralisme. Ruba Ghazal, elle, cherchait à sortir de ce duel pour ramener la discussion vers les enjeux sociaux et économiques.

Puis, le débat a changé de vitesse.

La menace des tarifs américains, l'économie québécoise et le fameux mur budgétaire ont occupé une grande place. Christine Fréchette a défendu une approche axée sur la prospérité et la productivité plutôt que sur l'austérité. Face à elle, Éric Duhaime et PSPP ont multiplié les arguments en faveur d'un État moins lourd et de compressions dans la bureaucratie.

Ruba Ghazal n'était clairement pas d'accord. Elle a dénoncé les projets de coupes des autres formations, lançant que les fonctionnaires ne sont pas simplement là pour «brocher et débrocher des feuilles», mais qu'ils donnent des services à la population. Éric Duhaime a poursuivi son offensive contre la bureaucratie avec une formule particulièrement colorée, affirmant qu'il y avait autre chose à faire que «d'enfantdechienniser la vie du monde».

Le débat s'est aussi permis un détour étonnant par les gorilles du Gabon. PSPP a ressorti un projet financé par le Fonds vert sous la CAQ pour attaquer la gestion des fonds publics, donnant droit à l'un des passages les plus inattendus de la soirée.

Et pendant que les chefs se relançaient sur les dépenses, les compressions et l'immigration, une chose devenait de plus en plus évidente. Patrice Roy allait avoir du travail pour garder tout ce beau monde dans le même échange.

Instagram @pspppq

La santé fait éclater les rapprochements

Puis est arrivée la santé.

Et là, le ton est monté d'un cran.

Le privé, Santé Québec, les médecins et les listes d'attente ont rapidement divisé les cinq chefs. Éric Duhaime a défendu avec vigueur une plus grande place pour le privé, soutenant que le problème du système actuel est notamment son caractère monopolistique. Ruba Ghazal lui a immédiatement demandé où il comptait trouver les médecins nécessaires sans affaiblir davantage le réseau public.

La discussion s'est transformée en véritable mêlée. Les voix se sont croisées, les interventions se sont superposées et PSPP a même dû intervenir pour permettre à Ruba Ghazal de terminer son échange.

Le chef péquiste et Éric Duhaime, qui avaient pourtant affiché plusieurs convergences sur la réduction de la taille de l'État et la baisse du prix de l'essence, se sont alors retrouvés beaucoup moins proches. La santé a fait ressortir une différence importante entre leurs visions.

Charles Milliard a lui aussi profité du thème pour attaquer, notamment en parlant des temps d'attente dans les urgences. Christine Fréchette a défendu Santé Québec et refusé de repartir dans une nouvelle bataille de structures. Pour elle, le réseau a surtout besoin qu'on améliore les services.

La question des familles et de la natalité a ensuite permis à Éric Duhaime d'assumer encore une fois son discours nataliste. Il a affirmé souhaiter des politiques natalistes pour maintenir une société francophone. Ruba Ghazal a, de son côté, croisé le fer avec lui sur l'immigration et la place de la main-d'œuvre étrangère.

Instagram @quebecsolidaire / Instagram @ericduhaimequebec

Et Patrice Roy a dû jouer les arbitres

Et puis, comme si le plateau n'avait pas déjà suffisamment chauffé, les chefs se sont retrouvés dans une nouvelle mêlée autour du logement. Éric Duhaime a invité les électeurs à envoyer un «chien de garde» à l'Assemblée nationale pour surveiller le prochain gouvernement. Les cinq leaders se sont alors remis à parler en même temps.

Patrice Roy a fini par intervenir, coupant littéralement court à la discussion avec un «WO-OH, les amis!», avant de passer au thème suivant.

Au bout de deux heures, il restait donc beaucoup de petites phrases, quelques affrontements bien sentis et surtout cinq visions du Québec qui se sont parfois rapprochées avant de repartir dans des directions complètement différentes.

Le référendum, l'économie, la taille de l'État, la natalité, l'immigration et surtout la santé auront finalement servi de fil conducteur à cette dernière grande confrontation télévisée avant le scrutin.

Une chose est certaine, Patrice Roy n'aura pas eu besoin de rappeler aux chefs qu'ils avaient quelque chose à se dire.

Ils l'ont fait savoir… parfois tous en même temps.

Instagram@patriceroyinfo