Québec 2026: Le grand duel autour de l’école québécoise

Québec 2026: Le grand duel autour de l’école québécoise
Crédit: Cinq partis, cinq visions, une école à réinventer
  • Cinq visions pour l'école québécoise.
  • Des écarts importants dans les ressources.
  • Le pouvoir au cœur du débat.
  • Des choix différents pour les élèves.
  • La théorie devra passer à la pratique.

L'école québécoise est devenue l'un des grands terrains de bataille de cette campagne. Et derrière les promesses de réussite, de soutien et d'investissements, une question beaucoup plus profonde se dessine. Quelle école voulons-nous vraiment pour nos enfants?

Car les cinq formations ne regardent pas toutes dans la même direction. Le Parti québécois veut revoir en profondeur l'école publique et annonce cinq grands chantiers autour de la réussite, du mérite et de l'égalité des chances. La CAQ mise notamment sur les infrastructures et les investissements dans le réseau. Le PLQ veut ajouter 1000 ressources spécialisées dans les écoles publiques. Québec solidaire en promet 2000. Le PCQ propose quant à lui de réduire de 72 à 17 le nombre de centres de services scolaires et de donner davantage de pouvoirs directement aux écoles.

Et puis il y a un autre chiffre qui en dit long sur la philosophie du PQ. Soixante minutes d'activité physique obligatoire par jour, au primaire comme au secondaire. Le parti veut également renforcer la place de la culture québécoise, de la formation professionnelle et de la mixité scolaire.

Même mot, donc. Mais pas nécessairement la même définition. Réussir, oui. Mais réussir comment?

Febrianes sur Pixabay

Le même problème, quatre réponses

Le décrochage scolaire est probablement l'un des rares dossiers où plusieurs formations parlent presque le même langage. PQ, PLQ et QS proposent des États généraux sur l'éducation, tandis que la CAQ s'y oppose. Plusieurs partis disent aussi vouloir réduire de moitié le décrochage scolaire.

Mais dès qu'on regarde ce qu'ils veulent changer, les différences apparaissent.

QS veut ajouter 2000 ressources spécialisées et progresser vers la gratuité scolaire. Le PLQ en veut 1000 et propose lui aussi des États généraux. Le PQ veut notamment conditionner une partie du financement des écoles privées à l'accueil d'élèves en difficulté d'apprentissage ou provenant de milieux moins favorisés.

Le PCQ emprunte une tout autre route. Son plan mise sur le libre choix de l'école, davantage d'autonomie pour les établissements et une réduction importante des structures administratives.

Ce ne sont donc pas simplement des différences de chiffres. Ce sont des choix sur l'endroit où l'on veut mettre le pouvoir.

Ronald Felton sur Unsplash

Qui tient le tableau?

Et c'est peut-être là que cette campagne oblige les parents à regarder au-delà des slogans.

Veut-on investir davantage dans les ressources autour de l'élève? Transformer l'organisation du réseau? Donner plus de latitude aux écoles? Revoir le financement du privé? Ramener davantage de culture, de sport et de formation professionnelle dans le parcours scolaire?

Les réponses ne sont pas interchangeables.

Dans une classe, pourtant, toutes ces décisions finissent par se retrouver au même endroit. Sur le bureau d'un enseignant. Dans le parcours d'un élève. Et parfois dans le bulletin d'un jeune qui cherche simplement sa place.

Parce qu'au fond, chaque parti propose sa propre recette pour réussir l'école québécoise. Reste à savoir laquelle passera… de la théorie à la pratique.

Vitaly Gariev sur Unsplash