La sécurité d’emploi en cas de maladie de longue durée est maintenant applicable partout

La sécurité d’emploi en cas de maladie de longue durée est maintenant applicable partout
Crédit: Getty Images

Le 30 juin, le Nouveau-Brunswick est devenu la dernière province à mettre en place un système de protection de l'emploi pour les résidents bénéficiant d'un congé de maladie de longue durée. Désormais, les dix provinces du Canada disposent toutes d'une législation garantissant une certaine forme de protection de l'emploi aux travailleurs en congé de maladie de longue durée. La nouvelle loi du Nouveau-Brunswick permet aux travailleurs souffrant de maladies de longue durée, comme le cancer, de bénéficier de 27 semaines consécutives de congé de maladie protégé. L'ancienne loi du Nouveau-Brunswick n'accordait aux travailleurs que cinq semaines de congé avec protection de l'emploi, ce qui signifiait que les entreprises pouvaient théoriquement commencer à écarter progressivement les salariés se remettant de blessures ou de maladies graves de longue durée.

Désormais, toutes les provinces canadiennes disposent d'une législation accordant soit 26, soit 27 semaines de congé protégé. La Société canadienne du cancer s'est fermement engagée en faveur d'une telle législation. Le Nouveau-Brunswick étant la dernière province à ne pas avoir encore adopté cette mesure, la Société canadienne du cancer a qualifié cette législation de grande victoire pour la défense des droits des personnes atteintes de cancer et d'autres maladies. Bien que certaines provinces aient déjà mis en place des congés maladie de longue durée avec protection de l'emploi, cette pratique ne s'est généralisée au Canada qu'après 2022.

Pour la Société canadienne du cancer, cette avancée fait suite à des années de mobilisation visant à mettre en place un filet de sécurité plus solide pour les personnes en âge de travailler confrontées au cancer.

– Société canadienne du cancer

La modification législative est entrée en vigueur après avoir reçu la sanction royale, accordant aux salariés éligibles le droit de prendre un congé de maladie de longue durée non rémunéré sans craindre d'être licenciés uniquement en raison de leur absence. Bien que les employeurs ne soient pas tenus de continuer à verser le salaire pendant le congé, sauf si des politiques d'entreprise ou des conventions collectives distinctes s'appliquent, ils doivent préserver le poste du salarié ou lui proposer un poste comparable à son retour. Les organisations syndicales estiment que cette réforme comble une lacune importante en matière de protection de l'emploi qui existait depuis des années au Nouveau-Brunswick, d'autant plus que de plus en plus de Canadiens doivent faire face à de longues périodes de convalescence suite à des maladies graves et à des traitements médicaux complexes.

« Lorsque des Canadiens sont confrontés au cancer, leur priorité devrait être de se rétablir, et non de s'inquiéter de difficultés financières ou de perdre leur emploi »,

– Andrea Seale, PDG de la Société canadienne du cancer.

Ottawa à l'origine d'une vague de changements

Le gouvernement d'Ottawa a lancé la tendance des congés maladie protégés en 2022, après avoir accordé aux fonctionnaires fédéraux 27 semaines de congé maladie de longue durée avec protection de l'emploi. Alors que la province de Québec disposait de cette législation depuis plus de deux décennies, elle restait la seule province à offrir une protection de l'emploi aux personnes se remettant d'une maladie de longue durée. Ottawa ayant mis en place ce système pour ses fonctionnaires fédéraux, le reste du Canada a emboîté le pas. De 2023 à 2025, plusieurs provinces ont mis en place des systèmes similaires.

L'Ontario et la Colombie-Britannique ont été les premières provinces à mettre en œuvre cette législation. Grâce au « congé de maladie de longue durée » non rémunéré de l'Ontario et à la protection en cas de maladie grave de 27 semaines de la Colombie-Britannique, les provinces ont commencé à protéger leurs travailleurs. En janvier 2026, le centre et l'ouest du Canada se sont ralliés à cette tendance. Le 1er janvier 2026, l'Alberta et la Saskatchewan ont officiellement prolongé leur congé de maladie avec protection de l'emploi à 27 semaines. Le Nouveau-Brunswick est venu compléter le tableau en juin 2026, en adoptant sa propre loi visant à porter à 27 jours son congé de maladie de longue durée avec protection de l'emploi.

Détails sur le congé de maladie avec protection de l'emploi

Un drapeau canadien est visible à Montréal, au Québec, le 17 avril 2026, à la veille des négociations commerciales entre le Canada et les États-Unis. (Photo de Graham Hughes/NurPhoto via Getty Images)

Bien que chaque province dispose d'un système légèrement différent en matière de congé de maladie protégé, il existe des similitudes générales. Aucune province n'impose que le congé de maladie de longue durée soit rémunéré, ce qui signifie que les travailleurs devront compter soit sur l'assurance-emploi (AE), soit sur leurs propres économies. Bien que le congé de maladie protégé constitue une ressource précieuse, il ne soulage qu'en partie le stress des Canadiens aux prises avec la maladie. Les traitements contre le cancer s'accompagnant souvent de frais annexes (selon les soins prodigués), le régime de protection en cas de maladie de longue durée ne garantit pas toujours la sécurité financière des personnes concernées.

Ce qu'il garantit toutefois, c'est que les travailleurs retrouveront leur emploi une fois rétablis de leur maladie de longue durée. Aux États-Unis, les entreprises sont soumises à très peu de réglementations concernant les congés pour maladie de longue durée, ce qui conduit au licenciement de dizaines de travailleurs atteints d'un cancer ou d'autres maladies de longue durée. Il en résulte que des employés malades se retrouvent privés de l'assurance maladie fournie par leur employeur. Aujourd'hui, le Canada veille à contrôler les employeurs et à protéger les travailleurs canadiens.