Les chefs sortent du studio, mais pas des manchettes: regard sur la campagne à quelques jours du vote
- Fréchette met fin à une longue ambiguïté.
- Une nouvelle question plane maintenant sur la CAQ.
- L'ingérence pourrait continuer de hanter la dernière semaine.
- Certaines réponses de PSPP risquent d'être reprises.
- TLMEP laisse plusieurs questions ouvertes.
Une émission de télévision ne fait pas une élection. Mais à huit jours du scrutin, une réponse peut devenir un sujet de campagne en quelques heures. Et c'est probablement la principale retombée du passage des cinq chefs à «Tout le monde en parle».
Pour Christine Fréchette, le «contre» à l'indépendance ferme surtout une longue parenthèse. Jusqu'ici, elle répétait qu'un gouvernement caquiste ne tiendrait pas de référendum, sans dévoiler son choix personnel. Maintenant, le doute n'existe plus. Ses adversaires peuvent utiliser cette réponse pour opposer clairement la CAQ au projet souverainiste de PSPP, tandis que Fréchette peut tenter de ramener la discussion vers son projet autonomiste.
Mais une autre question risque de prendre davantage de place: pourquoi cette réponse a-t-elle été si longtemps évitée? Était-ce une stratégie pour ne pas éloigner les électeurs fédéralistes tout en évitant de donner au PQ une cible trop facile? Ou simplement une façon de maintenir le débat sur les pouvoirs du Québec plutôt que sur un éventuel référendum? On ne peut pas trancher entre ces interprétations, mais la réponse donnée dimanche change désormais le terrain de discussion.
Et pendant que cette question se règle, une autre reste ouverte: l'ingérence américaine. Là, les spéculations risquent d'être beaucoup plus tenaces.

Le dossier qui pourrait poursuivre Fréchette jusqu'au 5 octobre
Le passage à TLMEP n'a pas réglé les questions entourant les démarches de membres de l'équipe caquiste auprès de journalistes. Il les a plutôt déplacées vers la chronologie des événements.
Christine Fréchette affirme ne pas avoir été informée suffisamment tôt. Or, si son entourage était déjà actif dans le dossier, une question revient forcément: jusqu'où remontait l'information à l'intérieur de la campagne? Qui savait quoi? Qui a pris la décision de contacter les médias? Et pourquoi la cheffe n'en a-t-elle pas été informée au même moment?
Ce sont des questions, pas des conclusions. Mais elles donnent à l'opposition un fil à tirer pendant toute la dernière semaine.
PSPP l'a déjà saisi. Ses attaques contre la gestion du dossier lui permettent de déplacer le débat de l'existence d'une possible ingérence vers la capacité de la CAQ à gérer une situation aussi délicate. Pour Fréchette, le défi devient donc double: défendre sa propre version tout en évitant que les gestes de son entourage deviennent une histoire distincte de sa campagne.
Et chaque nouvelle précision pourrait relancer le dossier plutôt que le refermer.

Des petites réponses qui pourraient devenir de gros sujets
PSPP n'est pas le seul à repartir avec des éléments à surveiller. Son refus de choisir «pour» ou «contre» concernant le hidjab peut maintenant être repris par les adversaires qui voudront pousser le chef péquiste à préciser sa position.
Même chose pour les autres chefs. Le questionnaire a produit des réponses courtes, parfois sans la nuance qu'ils peuvent habituellement apporter dans une conférence de presse ou un débat. C'est précisément ce qui les rend faciles à reprendre.
Mais la grande inconnue demeure l'effet réel de ces séquences. Une réponse qui fait beaucoup parler dans les médias ne devient pas automatiquement une priorité pour les électeurs. Et une controverse qui domine les réseaux sociaux peut très bien ne pas dépasser ce cercle.
Ce qui est certain, c'est que la dernière semaine possède maintenant quelques nouvelles questions auxquelles les chefs devront répondre.
TLMEP est terminé. La campagne, elle, vient de récupérer plusieurs nouveaux sujets.
Ils sortent du studio, mais pas des manchettes.
