- Un dossier qu'on croyait enterré refait parler de lui.
- Duhaime et PSPP campent sur deux positions opposées.
- Fréchette avance avec prudence sur la question.
- Un sondage révèle une forte opposition près des résidences.
- Le débat pourrait réserver quelques surprises.
Il y a des dossiers qu'on croit enterrés jusqu'au jour où ils refont surface. Le gaz de schiste est justement de ceux-là. Alors que la campagne électorale se concentre sur la santé, l'économie, le coût de la vie et l'avenir du Québec, voilà que l'exploitation des hydrocarbures revient dans le décor.
Éric Duhaime se montre favorable à l'exploitation du gaz de schiste, ramenant dans le débat une filière qui avait profondément divisé le Québec. De son côté, Paul St-Pierre Plamondon s'y oppose, alors que Christine Fréchette adopte une position plus prudente.
Le sujet est d'autant plus délicat qu'il touche directement le territoire et la proximité des citoyens. Un sondage commandé par le Parti québécois indique que 65 % des répondants ne voudraient pas voir un puits de gaz de schiste près de leur résidence.
Derrière le débat énergétique se cache donc une question beaucoup plus concrète. Jusqu'où sommes-nous prêts à aller pour exploiter nos ressources lorsqu'elles se trouvent à quelques kilomètres de chez nous?
Et c'est peut-être là que le gaz de schiste devient politiquement explosif. Sur papier, on parle de ressources, d'énergie et de développement. Sur le terrain, on parle de voisins, de terres et de puits.

Un dossier qui divise encore
Le retour du gaz de schiste permet surtout de faire ressortir des différences importantes entre les formations. Duhaime assume une ouverture à l'exploitation, tandis que PSPP maintient son opposition. Fréchette, elle, avance avec davantage de prudence sur un dossier qui demeure sensible.
Le débat dépasse donc largement la question de savoir s'il existe encore du gaz dans le sous-sol québécois. Il porte aussi sur ce que le Québec souhaite faire de ses ressources et sur les conditions qui pourraient rendre leur exploitation acceptable.
Et le sondage commandé par le PQ ajoute une donnée difficile à ignorer. Lorsqu'une majorité de répondants refuse l'idée d'un puits près de chez elle, la discussion quitte rapidement le terrain théorique.

Quand le sous-sol remonte à la surface
Le gaz de schiste a déjà laissé une trace importante dans le débat québécois. Son retour pendant la campagne rappelle qu'aucun dossier n'est complètement disparu lorsqu'une question demeure irrésolue.
Pour Duhaime, l'exploitation représente une avenue possible. Pour PSPP, elle demeure à écarter. Pour Fréchette, le dossier appelle davantage de prudence. Trois approches qui montrent bien que la question énergétique ne se résume pas à ouvrir ou fermer un robinet.
Car au fond, le véritable enjeu n'est peut-être pas seulement ce que le Québec possède sous ses pieds, mais ce que les Québécois acceptent d'avoir dans leur cour. Et en politique, les dossiers que l'on croit enfouis peuvent toujours refaire parler d'eux au moment où on s'y attend le moins. Le gaz de schiste vient donc de trouver une nouvelle façon de s'inviter dans la campagne: en politique comme en géologie, certaines tensions finissent toujours par remonter.
