Québec 2026: La violence faite aux femmes devient un enjeu de campagne en marge d’une manifestation à Montréal

Québec 2026: La violence faite aux femmes devient un enjeu de campagne en marge d’une manifestation à Montréal
Crédit: Pourquoi les féminicides restent-ils en marge de la campagne?
  • Près de 2 000 personnes dans les rues de Montréal.
  • Un enjeu encore discret dans la campagne.
  • Une seule cheffe présente à la manifestation.
  • Des demandes concrètes adressées aux partis.
  • Une question demeure sur l'attention politique accordée.

Il y a des sujets qui s'imposent dans une campagne électorale. Et puis il y a ceux qui doivent presque frapper à la porte pour se faire entendre. Samedi, près de 2 000 personnes se sont rassemblées à Montréal pour demander que les violences faites aux femmes et les féminicides occupent une place réelle dans la campagne québécoise.

Le contraste est difficile à manquer. Alors que les chefs débattent de santé, d'économie, de logement, d'immigration et de coût de la vie, des milliers de personnes réclament que la sécurité des femmes soit aussi traitée comme une question politique urgente.

Ruba Ghazal était la seule cheffe de parti à participer à la manifestation. Les organisatrices demandaient pourtant des engagements à l'ensemble des formations politiques. Une candidate de la CAQ, Rachel Renaud, ainsi que la ministre de la Condition féminine, Martine Biron, étaient également présentes.

Et c'est peut-être là que le malaise commence. Pourquoi faut-il encore une marche pour rappeler que les féminicides ne sont pas uniquement des drames individuels, mais aussi une question de prévention, de ressources, d'hébergement, de justice et de sécurité publique?

Instagram @rubaghazalqs

Quand les féminicides frappent à la porte de la politique

Les chiffres donnent une gravité particulière à cette mobilisation. Les organismes à l'origine de la marche rapportent 17 féminicides depuis le début de 2026 au Québec. Ils demandent notamment davantage de ressources pour les femmes victimes de violence et des engagements concrets de la part des partis en campagne.

Sur le terrain, les demandes sont précises. Plus de places en hébergement. Davantage de prévention. Un meilleur accompagnement judiciaire. Des moyens pour lutter contre la violence conjugale et la cyberviolence. Les groupes qui ont organisé la marche parlent d'une crise nationale et demandent aux partis de s'engager avec des mesures, des moyens et des échéanciers.

Québec solidaire a déjà annoncé certaines propositions sur le sujet. Le parti prévoit notamment 1 000 nouvelles places en maison d'hébergement, un service de première ligne pour les victimes de cyberviolence et la création d'un ministère des Femmes et de l'Égalité des genres.

Mais une question demeure. Pourquoi cet enjeu semble-t-il encore avoir autant de difficulté à trouver sa place parmi les grands thèmes d'une campagne?

Peut-être parce que les féminicides sont souvent abordés après le drame, lorsque les caméras arrivent, que les hommages commencent et que les familles doivent raconter leur douleur. La politique, elle, devrait aussi pouvoir parler de ce qui vient avant.

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Le silence est-il encore électoralement confortable?

Une campagne électorale mesure beaucoup de choses. Le coût de la vie. Les taxes. Les soins de santé. Le logement. Les emplois. Mais il existe aussi des enjeux qui ne se mesurent pas seulement en dollars ou en promesses.

La violence faite aux femmes touche la sécurité, les services publics, la justice et la prévention. Elle concerne aussi les femmes autochtones, qui ont été particulièrement ciblées par les groupes mobilisés samedi.

Alors que les partis cherchent chaque jour à imposer leur sujet dans l'espace public, celui-ci tente encore de se faire une place. La question n'est donc peut-être plus de savoir si les féminicides sont un enjeu électoral.

La vraie question est de savoir pourquoi ils ne le sont pas déjà.

Parce qu'en campagne comme dans la vie, ce qui n'est pas au centre du discours politique ne disparaît pas pour autant. Et quand 2 000 personnes sortent dans la rue pour demander qu'on en parle, le problème n'est peut-être plus seulement de trouver les mots. Il est de ne pas laisser les mots sans suite.

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