Québec 2026: Fréchette admet les ratés de la CAQ, mais souhaite reprendre le volant

Québec 2026: Fréchette admet les ratés de la CAQ, mais souhaite reprendre le volant
Crédit: Getty Images
  • Fréchette reconnaît des ratés.
  • Le bilan caquiste revient au premier plan.
  • Plusieurs dossiers alimentent les attaques.
  • La nouvelle cheffe cherche son propre cap.
  • La suite pourrait changer la donne.

La semaine n'a pas été de tout repos pour Christine Fréchette. En l'espace de deux débats, la cheffe de la CAQ s'est retrouvée au centre des tirs croisés de ses quatre adversaires, avec une cible qui revenait sans cesse sur la table: le bilan de près de huit années au pouvoir.

SAAQclic, devenu un symbole des ratés informatiques du gouvernement, SIFA Santé Québec et ses coûts qui ont explosé, Northvolt et ses déboires économiques: les dossiers se sont accumulés dans les attaques. À cela se sont ajoutés les reproches concernant la hausse des dépenses publiques, mais aussi la détérioration de la situation en itinérance, en santé et en éducation.

Au deuxième débat, Christine Fréchette a finalement changé légèrement de registre. Elle a reconnu que «la CAQ n'a pas été parfaite», tout en soutenant que les erreurs du passé avaient été corrigées.

La nuance est importante. Elle ne tourne pas le dos aux années caquistes, mais elle admet qu'il y a eu des ratés. Pour une nouvelle cheffe qui cherche à installer sa propre identité, cette reconnaissance peut devenir une façon de reprendre l'initiative plutôt que de passer toute la campagne à jouer en défense.

Car le problème n'est plus uniquement de répondre aux attaques. Christine Fréchette doit maintenant convaincre que son équipe peut écrire la suite sans être prisonnière de ce qui précède.

C'est probablement là que se trouve son véritable défi: faire comprendre que changer de conductrice peut aussi vouloir dire changer de direction.

Instagram @ericduhaimequebec

Assumer sans s'enliser

Christine Fréchette a aussi tenté de déplacer l'attention vers Paul St-Pierre Plamondon et son projet référendaire, particulièrement lors du deuxième débat.

Mais chaque fois que ses adversaires revenaient sur le bilan caquiste, elle devait retourner expliquer les décisions prises sous son parti.

Cette position crée un drôle de paradoxe. Elle doit défendre la CAQ parce qu'elle en porte maintenant les couleurs, tout en démontrant qu'elle n'est pas simplement la continuité de François Legault.

Le changement de nom de la formation en «Équipe Christine Fréchette – Coalition avenir Québec» illustre d'ailleurs cette volonté de mettre la nouvelle cheffe à l'avant-plan.

Le défi sera donc de taille: reconnaître les erreurs sans donner l'impression de s'y attarder, et proposer du nouveau sans donner l'impression de renier tout ce qui a été fait.

Courtoisie SAAQclic

Reprendre le volant

Après deux débats où elle a surtout dû répondre aux attaques, Christine Fréchette entre maintenant dans une nouvelle étape de sa campagne.

Elle devra parler davantage de ce qu'elle veut faire que de ce qu'elle veut défendre. Parce qu'à force de répondre aux coups, on risque de laisser les autres choisir le terrain de jeu.

La reconnaissance des erreurs peut donc devenir un point de départ. Pas une confession, pas un désaveu, mais une façon de dire aux électeurs que la prochaine page ne sera pas nécessairement écrite avec la même encre.

Reste à savoir si elle réussira à transformer cette semaine mouvementée en tremplin plutôt qu'en boulet.

Après tout, en politique comme sur la route, reconnaître qu'on a pris quelques mauvais virages ne suffit pas: encore faut-il montrer qu'on sait où l'on va.

Instagram @frechette_christine