Le PLQ aborde la question du numérique au Québec et des ratés du gouvernement

Le PLQ aborde la question du numérique au Québec et des ratés du gouvernement
Crédit: Charles Milliard Courtoisie Parti Libéral du Québec
  • Milliard s'attaque aux ratés numériques de l'État.
  • Une nouvelle agence pourrait changer la donne.
  • Le PLQ veut rapatrier davantage d'expertise.
  • L'intelligence artificielle entre aussi dans l'équation.
  • Mais une agence suffira-t-elle vraiment?

Il y a quelque chose d'assez paradoxal dans le Québec de 2026. On parle d'intelligence artificielle, de voitures autonomes, de données massives et de technologies capables de transformer des métiers entiers. Mais lorsqu'il est question de moderniser les services publics, l'État semble encore trop souvent avancer avec le frein à main.

C'est précisément sur ce terrain que Charles Milliard veut frapper.

Le chef libéral propose de créer une Agence numérique Québec, dotée d'un budget de 50 millions de dollars, afin de ramener davantage d'expertise technologique à l'intérieur de l'État et de réduire sa dépendance envers les firmes externes. Son projet donnerait aussi davantage de pouvoirs au ministère de la Cybersécurité et du Numérique pour encadrer les grands projets.

Le contexte est difficile à ignorer. SAAQclic est devenu le symbole des ratés numériques gouvernementaux, tandis que d'autres dossiers continuent de soulever des questions. L'Autorité des marchés publics a elle-même relevé des lacunes en gouvernance, en gestion de projets, en expertise et en reddition de comptes dans les projets numériques publics.

Milliard veut donc changer la méthode. Mais surtout, il veut changer une vieille habitude de l'État québécois: confier de gigantesques transformations technologiques sans toujours posséder toute l'expertise nécessaire pour les piloter.

Et cette fois, le problème n'est plus simplement informatique. Il est politique, administratif et financier.

Peaky sur Pexels / Courtoisie SAAQclic

Une agence pour reprendre le contrôle

Le projet libéral repose sur une idée assez simple: l'État doit redevenir un client capable de comprendre, de négocier et de contrôler les technologies qu'il achète.

L'Agence numérique Québec aurait notamment pour mandat de développer des solutions à l'interne et de renforcer les compétences publiques. Milliard veut aussi que l'État conserve, autant que possible, la propriété intellectuelle des développements financés par les fonds publics.

Le PLQ promet par ailleurs de rendre publics certains avis du ministère concernant les grands projets numériques et de revoir la façon dont les contrats sont structurés.

Le pari est clair: moins de dépendance envers les fournisseurs, plus d'expertise à l'interne et des responsabilités mieux identifiées.

Reste une question incontournable: créer une nouvelle structure suffira-t-il à corriger une culture de gestion qui, elle, ne se règle pas avec un simple changement d'organigramme?

De SAAQclic à l'intelligence artificielle

Le plus intéressant dans la proposition de Charles Milliard est peut-être qu'elle ne s'arrête pas aux fiascos du passé.

Le chef libéral veut aussi déposer une loi-cadre sur le développement et le déploiement de l'intelligence artificielle. Le PLQ propose notamment que les décisions gouvernementales touchant directement un citoyen demeurent sous la responsabilité d'un humain. Il veut également préparer les travailleurs aux transformations que l'IA entraînera dans leurs métiers.

Autrement dit, le débat ne porte plus seulement sur des logiciels qui coûtent trop cher ou des plateformes qui fonctionnent mal. Il porte sur la capacité du Québec à maîtriser les outils qui vont transformer l'État lui-même.

Après les bévues qui ont ébranlé la confiance envers les grands projets numériques, Charles Milliard tente donc de déplacer la conversation.

La question n'est plus seulement de savoir pourquoi Québec arrive en retard.

C'est de savoir s'il peut enfin apprendre à conduire le virage numérique sans perdre le contrôle en chemin.