Walmart conclut un accord secret dans l’affaire des opioïdes qui aurait pu lui coûter des milliards
Après près de six ans de procédure judiciaire, Walmart a mis fin en toute discrétion à l’une des plus importantes affaires liées aux opioïdes engagées par le gouvernement fédéral contre un grand distributeur pharmaceutique. Le ministère de la Justice avait à l’époque invoqué un nombre considérable d’infractions pouvant entraîner des conséquences financières colossales. Mais plutôt que de laisser ces accusations être examinées par un jury, les deux parties sont parvenues à un accord à l’amiable — et le montant que Walmart a finalement accepté de verser reste confidentiel.
Une affaire retentissante s'achève dans la discrétion
Walmart et le ministère américain de la Justice ont conclu un accord confidentiel mettant fin à un vaste procès fédéral dans lequel le géant de la grande distribution était accusé d’avoir contribué à l’épidémie d’opioïdes par le biais de pratiques mises en œuvre dans ses pharmacies. Annoncé le 28 août, cet accord met un terme à près de six ans de procédure judiciaire sans toutefois révéler un détail particulièrement important : le montant exact que Walmart a finalement accepté de verser.
« Des centaines de milliers » d’infractions
Le gouvernement fédéral avait accusé Walmart d’avoir commis « des centaines de milliers d’infractions » à la loi sur les substances contrôlées au sein de son réseau de pharmacies à partir de 2013. Les procureurs ont affirmé que les pharmacies Walmart avaient à plusieurs reprises délivré des substances contrôlées sur la base d’ordonnances que les pharmaciens savaient ou auraient dû reconnaître comme non valides, des allégations contre lesquelles l’entreprise s’est défendue pendant des années devant les tribunaux fédéraux.
Des milliards pourraient être en jeu
Au départ, le gouvernement n’avait pas réclamé à Walmart une somme forfaitaire prédéterminée. Les procureurs ont plutôt demandé l’application des sanctions prévues par la loi pour chacune des infractions présumées, ce qui pouvait entraîner un montant potentiellement colossal une fois multiplié par des centaines de milliers de transactions. Le ministère de la Justice avait précédemment averti que les sanctions qui en résulteraient « pourraient s’élever à plusieurs milliards de dollars » si ses allégations étaient finalement retenues.
À quel montant pourraient s'élever les sanctions ?
Selon le barème des sanctions décrit dans le cadre du litige, Walmart risquait des amendes pouvant atteindre 67 627 dollars pour chaque ordonnance délivrée illégalement et 15 691 dollars pour chaque commande suspecte qu’elle aurait omis de signaler. Ces chiffres ne signifiaient pas pour autant que Walmart aurait nécessairement dû payer des milliards, mais ils illustraient l’énorme risque financier théorique lié à une victoire totale du gouvernement.
Une affaire née en 2020
La bataille juridique a débuté le 22 décembre 2020, dans les dernières semaines du premier mandat de Donald Trump, lorsque le ministère de la Justice a déposé une plainte civile de grande envergure. Les procureurs fédéraux ont accusé Walmart de ne pas avoir mis en place de mesures de protection suffisantes contre les prescriptions problématiques de substances contrôlées et les comportements suspects, lançant ainsi ce qui allait devenir l’une des actions répressives les plus importantes menées par le gouvernement contre un grand distributeur pharmaceutique dans le cadre de la lutte contre les opioïdes.
Des années de batailles juridiques
L’affaire s’est poursuivie au cours des années suivantes, Walmart contestant les allégations du gouvernement et demandant le rejet des plaintes. Les avocats fédéraux ont simultanément mené la procédure de communication des pièces et assuré la défense dans le cadre du procès. Ce qui avait commencé comme une affaire de grande envergure portant sur des violations présumées dans des milliers de pharmacies s’est finalement transformé en une longue confrontation judiciaire concernant les responsabilités de Walmart au titre de la loi sur les substances contrôlées.
Le juge restreint la portée de l'action en justice
Un tournant majeur s’est produit en mars 2024, lorsque le juge fédéral Colm Connolly a considérablement restreint la portée de l’action intentée par le gouvernement. Il a rejeté les chefs d’accusation concernant le manquement présumé de Walmart à son obligation de signaler des commandes suspectes à la Drug Enforcement Administration, ainsi que les allégations relatives à la documentation par les pharmaciens de certains « signaux d’alerte » liés aux ordonnances. Cette décision a néanmoins permis à des volets importants de la procédure de se poursuivre.
Des plaintes graves ont été déposées
Parmi les allégations retenues figuraient des accusations concernant des pharmaciens qui auraient sciemment délivré des ordonnances non valides, y compris dans des cas où le personnel chargé de la conformité de Walmart lui-même aurait identifié ces ordonnances comme problématiques. Ces allégations non résolues signifiaient que Walmart continuait à faire face à un risque potentiellement important à mesure que le litige avançait, bien qu’il ait réussi à faire rejeter une partie substantielle des chefs d’accusation initiaux du ministère de la Justice.
Le prix reste secret
Au lieu de laisser ces dernières plaintes faire l’objet d’un procès public, Walmart et le ministère américain de la Justice ont finalement négocié un accord à l’amiable. Une convention commune visant à classer l’affaire a été déposée devant le tribunal fédéral, mais aucune des deux parties n’a divulgué les modalités financières immédiates ni les obligations supplémentaires spécifiques. Walmart s’est dit « heureux de régler cette affaire », mettant ainsi fin à des années d’incertitude.
Un accord distinct d'un montant de 3,1 milliards de dollars
Ce nouvel accord fédéral est distinct de l’accord national conclu en 2022 par Walmart avec les autorités fédérales, locales et les gouvernements tribaux amérindiens dans le cadre du litige sur les opioïdes. Walmart s’était engagé à verser environ 3,1 milliards de dollars dans le cadre de cet accord. CVS et Walgreens ont également conclu des accords de plusieurs milliards de dollars, ce qui illustre les conséquences financières considérables auxquelles les grandes chaînes de pharmacies ont dû faire face en raison des poursuites judiciaires liées à leur rôle présumé dans la crise des opioïdes aux États-Unis.
Le plus grand nombre reste caché
Après près de six ans, Walmart a mis fin à l’incertitude liée à un procès fédéral qui, à un moment donné, aurait pu lui faire courir un risque financier de plusieurs milliards de dollars au titre de la responsabilité légale, tandis que le ministère américain de la Justice a clos une affaire complexe dont la portée avait déjà été considérablement réduite. Cependant, cet accord confidentiel laisse planer un mystère durable : le public sait à quel point le risque potentiel pour Walmart était énorme, mais ignore ce qu’a réellement coûté sa résolution.