L’escalade de la guerre commerciale entre Trump et le Canada est en train de bouleverser les mentalités au sein du Parti républicain. Un sondage réalisé fin août par The Economist et YouGov a révélé que 38 % des républicains considèrent désormais le Canada comme « hostile » ou comme « un ennemi » des États-Unis, alors même que 73 % des Américains dans leur ensemble continuent de percevoir ce pays de manière positive. Ce clivage partisan grandissant s’inscrit dans un contexte marqué par une escalade des droits de douane, des attaques politiques et une rhétorique de plus en plus hostile entre Washington et Ottawa.
Les républicains se retournent brutalement contre le Canada
Les relations entre les États-Unis et le Canada se sont considérablement détériorées à mesure que la guerre commerciale menée par Trump s’intensifie. Un sondage réalisé fin août 2026 par The Economist et YouGov a révélé que 38 % des républicains qualifient désormais le Canada d’« hostile » ou d’« ennemi », ce qui témoigne d’un revirement politique saisissant dans les attitudes à l’égard de l’un des alliés les plus proches et les plus anciens des États-Unis.
Les républicains du mouvement « Make America Great Again » sont à l'origine de ce changement
Cette perception négative est particulièrement marquée chez les partisans du mouvement « MAGA » de Trump. Selon le sondage, 74 % des républicains partisans du mouvement « MAGA » sont favorables à une augmentation des droits de douane sur les importations canadiennes, contre seulement 27 % des républicains qui n’en font pas partie. Ces chiffres indiquent que l’approche de plus en plus conflictuelle de Trump vis-à-vis d’Ottawa, incarnée par le slogan « America First », bénéficie d’un soutien particulièrement fort au sein de sa base politique la plus fidèle.
La plupart des Américains continuent d'apprécier le Canada
Les chiffres des républicains contrastent fortement avec l’opinion publique américaine dans son ensemble. Malgré des mois de rhétorique de plus en plus virulente et de confrontation économique, 73 % des Américains continuent d’avoir une opinion positive du Canada. Ces chiffres globaux suggèrent que la perception croissante du Canada comme un adversaire reste largement partisane et ne reflète pas un rejet généralisé de cet allié de longue date des États-Unis.
Les républicains dénoncent des pratiques commerciales déloyales
Les griefs commerciaux semblent être un facteur important à l’origine de cette évolution des mentalités. Près de la moitié des républicains — 49 % — estiment que le Canada traite les États-Unis de manière injuste en matière commerciale. Trump n’a cessé de renforcer cet argument, accusant Ottawa de profiter des entreprises et des agriculteurs américains, tout en présentant le renforcement des droits de douane comme une mesure nécessaire pour rééquilibrer les relations économiques.
Trump intensifie ses attaques
Trump a de plus en plus souvent présenté le Canada comme un adversaire économique coriace, le qualifiant de « l’un des pires pays » avec lesquels négocier et l’accusant d’« arnaquer » les États-Unis depuis des décennies. Il a également qualifié les responsables canadiens de « clowns », poussant la confrontation bien au-delà des désaccords techniques portant sur les droits de douane, l’industrie manufacturière et l’accès aux marchés transfrontaliers.
« Lake America » attise la querelle
Ce différend a également donné lieu à des attaques symboliques provocatrices. Trump a ordonné à son administration de désigner le lac Ontario sous le nom de « lac Amérique » et a ensuite insisté sur le fait qu’il « ne plaisantait pas » à ce sujet. Cette initiative a été largement rejetée au Canada, mais elle est venue illustrer une fois de plus comment ce conflit économique s’est progressivement transformé en une confrontation personnelle et politiquement chargée.
Les négociations commerciales s'effondrent soudainement
Les tensions économiques ont atteint un nouveau niveau le 21 août, lorsque les négociations cruciales entre Washington et Ottawa ont brusquement échoué. Des responsables américains, dont le vice-président JD Vance, ont accusé le Canada d’avoir formulé des exigences déraisonnables de dernière minute et d’avoir saboté un accord potentiellement favorable. Ottawa a donné une explication radicalement différente, affirmant que les conditions imposées par Washington menaçaient la souveraineté économique du Canada et ses industries stratégiques nationales.
Des droits de douane de 50 % frappent les produits canadiens
À la suite de l’échec des négociations, Washington a imposé des droits de douane de 50 % sur environ 28 milliards de dollars d’exportations canadiennes. Ces mesures sont venues s’ajouter aux pressions existantes qui pèsent sur les principaux secteurs industriels canadiens, notamment la sidérurgie, l’aluminium, le bois d’œuvre et l’automobile. L’extension rapide de ce régime tarifaire a transformé ce qui n’était au départ qu’un différend commercial de plus en une confrontation économique beaucoup plus large entre les deux pays voisins.
Le Canada riposte
Le gouvernement de Carney a réagi en promettant des mesures de rétorsion « à parité » contre les droits de douane américains. Ottawa a annoncé un train de mesures immédiates d’une valeur de 30 milliards de dollars visant plus de 700 produits américains, notamment l’acier, l’aluminium, les vêtements, les meubles, l’alcool et les denrées alimentaires. Le Canada s’est également préparé à mettre en place 125 milliards de dollars supplémentaires de droits de douane de rétorsion progressifs si Washington continuait à durcir ses mesures économiques à l’encontre des exportations canadiennes.
Les démocrates rejettent l'approche de Trump
Le clivage partisan est tout aussi marqué lorsque l’on interroge les Américains sur les droits de douane eux-mêmes. Alors que 74 % des républicains partisans de MAGA sont favorables à une hausse des droits de douane sur le Canada, 87 % des démocrates s’y opposent. Les démocrates continuent également, dans leur grande majorité, d’avoir une opinion positive du Canada, ce qui illustre à quel point les perceptions de ce pays voisin ont divergé en fonction de l’appartenance politique au cours de l’escalade du conflit entre Trump et Ottawa.
Carney refuse de céder
Malgré la détérioration des relations, Carney affirme que le Canada reste disposé à reprendre des négociations sérieuses sans renoncer à sa souveraineté. Il a demandé à Washington de « cesser de diffuser des mèmes, de lancer des piques et d’essayer de se montrer intransigeant ». Cependant, alors que 38 % des républicains considèrent désormais le Canada comme un pays hostile ou un ennemi, la guerre commerciale influence de plus en plus les mentalités, bien au-delà du simple domaine économique.