Quand j’entends parler de Madame Tussauds, je pense tout de suite aux célébrités en cire, et je suis sûre que c’est pareil pour vous. J’en ai visité un, et même si je savais bien qu’il ne s’agissait que d’une série de répliques en cire, c’était génial de voir tous mes acteurs et chanteurs préférés réunis au même endroit et de pouvoir prendre un selfie avec eux ! Mais vous êtes-vous déjà demandé qui était vraiment Madame Tussaud ? Parce qu’honnêtement, je viens seulement de réaliser qu’il s’agit d’une personne réelle, et que derrière ce nom emblématique se cache l’une des vies les plus sombres et les plus étranges qu’on puisse imaginer. Voici ce que l’on sait de sa vie.
1. Elle est née sous le nom de Marie Grosholtz en 1761
Bien avant de devenir « Madame Tussaud », elle était connue sous le nom de Marie Grosholtz, née le 1er décembre 1761 à Strasbourg, en France. Son père était déjà décédé peu avant sa naissance, et sa mère avait ensuite déménagé avec elle à Berne, en Suisse, alors que Marie n’avait que six ans.
2. Sa famille aurait compté des bourreaux parmi ses membres
Selon certaines sources, la famille de Marie aurait eu des liens avec le métier de bourreau : son grand-père paternel exerçait en effet la fonction de bourreau municipal.
3. Sa mère travaillait pour un anatomiste spécialisé dans la fabrication de modèles en cire
Sa mère, Anne-Marie Walder, était veuve et travaillait comme femme de ménage chez Philippe Curtius, médecin et modelleur de cire. Et oui, cela signifiait que la jeune Marie avait grandi entourée de figures en cire représentant le corps humain.
4. Curtius l'a élevée et lui a tout appris
Philippe ne considérait toutefois pas Marie comme la simple fille d’un assistant. Il lui a enseigné tout l’art de la sculpture en cire, y compris toutes les techniques qui allaient plus tard la rendre célèbre.
5. Marie s'est révélée avoir un talent inné
Marie s’est révélée très douée pour le modelage de la cire, maîtrisant rapidement les techniques qui lui permettaient de représenter les personnes avec un réalisme saisissant. Son talent s’est très vite fait remarquer.
6. Elle n'a pour seul modèle que Voltaire, à seulement 16 ans
En 1777, alors que Marie n’avait qu’environ 16 ans, elle a sculpté le célèbre écrivain et philosophe Voltaire. Eh oui, on lui confiait déjà des personnalités de premier plan à cet âge-là !
7. Elle a également sculpté Benjamin Franklin
Marie a également servi de modèle à Benjamin Franklin, l’un des pères fondateurs des États-Unis. D’ailleurs, le musée Madame Tussauds de Berlin expose même une statue représentant Marie en train de sculpter la tête de Franklin !
8. Elle est devenue professeure d'arts plastiques à Versailles
Bien entendu, le talent de Marie lui a ouvert les portes de la cour royale. D’après ses mémoires, vers 1780, elle fut invitée à la cour de Versailles pour devenir la préceptrice d’arts de Madame Élisabeth, la sœur du roi Louis XVI.
9. Des années passées dans la bulle royale
Marie a affirmé dans ses mémoires que, de 1780 environ jusqu’au déclenchement de la Révolution en 1789, elle a vécu et travaillé à Versailles, immergée pendant près d’une décennie dans le monde fastueux de la royauté française.
10. La Révolution a tout changé, absolument tout
À la veille de la Révolution française, en 1789, Marie quitta Versailles pour retourner à Paris. L’univers royal chaleureux qu’elle avait connu était sur le point d’être violemment bouleversé. Sa vie allait prendre un tournant radical : elle allait passer de la sculpture d’aristocrates vivants à celle de leurs moulages mortuaires.
11. Elle a été jetée en prison parce qu'elle était royaliste
Les liens de Marie avec la famille royale sont rapidement devenus dangereux. D’après les mémoires de Marie, en 1793, elle et sa mère ont été emprisonnées à la tristement célèbre prison de La Force, soupçonnées de sympathies royalistes. Leur incarcération fut de courte durée et Marie fut libérée puis mise au travail par le gouvernement révolutionnaire.
12. Les masques mortuaires dans les reportages de « La Révolution »
Pendant la Terreur, Marie réalisa des masques mortuaires de nobles exécutés, parmi lesquels figuraient d’anciens membres de la famille royale qu’elle avait connus à la cour, tels que le roi et la reine, afin de les exposer au public et de les présenter lors d’expositions à Paris.
13. Des têtes tout droit sorties de la guillotine
D’après certains témoignages, des têtes fraîchement coupées lui étaient souvent apportées directement depuis la guillotine pour qu’elle les moule.
14. Elle a modelé les visages de ses propres amis
Certaines des personnes décapitées que Marie a représentées n’étaient peut-être pas du tout des inconnus, puisqu’elle affirmait entretenir des liens personnels avec des personnalités de la cour et des milieux mondains qu’elle avait connues autrefois.
15. Elle a fait appel à certaines des plus grandes figures de la révolution
Parmi les masques mortuaires qu’elle a réalisés figuraient ceux de Louis XVI, de Marie-Antoinette et de Maximilien Robespierre, l’un des principaux dirigeants de la Révolution. Elle a immortalisé les têtes les plus célèbres qui sont tombées, quel que soit le camp dans lequel se trouvaient les protagonistes du conflit. D’une manière quelque peu troublante, elle est devenue la sinistre portraitiste officielle de la Révolution.
16. Elle a décrit une scène vraiment obsédante
Dans ses mémoires, Marie a laissé un récit qu’il est impossible d’oublier. Elle y raconte qu’elle était assise sur les marches de l’exposition, les têtes coupées et ensanglantées posées sur ses genoux, et qu’elle en prenait des empreintes.
17. Elle a hérité d'une exposition entière de figures de cire
Au milieu de ce chaos, la fortune de Marie prit un nouveau tournant. À la mort de son mentor Curtius en 1794, elle hérita de sa célèbre exposition de figures de cire et de ses musées, devenant ainsi propriétaire de toute une collection.
18. Elle s'est mariée, mais ça ne s'est pas bien passé
En 1795, Marie épousa François Tussaud, un ingénieur, d’où provient finalement ce célèbre nom de famille. De l’avis général, ce mariage ne fut pas heureux. Les sources le décrivent comme un mari peu fiable, et l’union ne fonctionna tout simplement pas. Ainsi, le nom de ce musée de renommée mondiale vient d’un homme dont elle avait hâte de se séparer.
19. Elle a quitté son mari et s'est embarquée pour la Grande-Bretagne
En 1802, Marie prit une décision audacieuse qui alla bouleverser sa vie. Elle emmena avec elle son fils aîné, Joseph, ainsi que sa collection de figures de cire, et partit pour les Îles-Britanniques, laissant délibérément son mari et son fils cadet en France.
20. Elle a sillonné la Grande-Bretagne pendant des décennies avant de s'y installer
Marie n’a toutefois pas ouvert tout de suite sa célèbre maison londonienne. Elle a passé pas moins de 33 ans à parcourir l’Angleterre, l’Écosse et l’Irlande pour présenter ses figures de cire au grand public. À une époque où la photographie n’existait pas encore, ses figures de cire permettaient enfin aux gens ordinaires de « voir » ces personnages célèbres dont ils n’avaient entendu parler que dans les livres !
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