- Le rêve de propriété s'éloigne pour plusieurs jeunes.
- Les prix continuent de grimper.
- Le revenu nécessaire surprend.
- Les partis proposent des solutions très différentes.
- Mais quelle aide changerait vraiment la donne?
Devenir propriétaire fait encore rêver les Québécois. Mais chez les jeunes, le rêve semble de plus en plus difficile à transformer en réalité.
Selon une enquête rapportée récemment, 43% des Québécois de 18 à 34 ans souhaitent acheter une propriété d'ici cinq ans. Pourtant, seulement 33% des jeunes de cette tranche d'âge y sont parvenus au cours des cinq dernières années. Pendant ce temps, le prix moyen payé par les jeunes acheteurs a atteint 392 000$, une hausse de 36 000$ en deux ans.
Le rêve existe encore. Les moyens, eux, suivent-ils?
Et il faut regarder un autre chiffre: à Montréal, il fallait récemment un revenu brut annuel d'environ 128 250$ pour être en mesure d'acheter une propriété moyenne de 594 400$. Le paiement hypothécaire moyen dépassait alors 3 000$ par mois.
Évidemment, Montréal n'est pas le Québec. Les prix varient énormément d'une région à l'autre.
Mais une chose devient difficile à ignorer: pour plusieurs jeunes, le problème n'est plus seulement de réussir à économiser une mise de fonds. C'est de réussir à avoir les revenus nécessaires pour passer à travers tout le reste.

Les partis peuvent-ils changer la donne?
C'est précisément là que l'accès à la propriété devient un enjeu électoral.
Les partis multiplient les propositions pour aider les acheteurs, qu'il soit question de taxes, de mise de fonds, de construction ou d'aide financière. L'idée est séduisante: si le gouvernement peut réduire une partie de la facture, pourquoi ne pas le faire?
Mais il y a un piège.
Si davantage d'argent est injecté du côté des acheteurs alors que le nombre de propriétés disponibles ne suit pas, une partie de cette aide pourrait simplement se retrouver dans un marché où les prix demeurent élevés.
Autrement dit, aider quelqu'un à acheter est une chose. Rendre les maisons réellement plus abordables en est une autre.

Et si le vrai défi était de pouvoir se le permettre?
Le Québec se retrouve donc devant une équation beaucoup plus complexe qu'un simple programme pour premiers acheteurs.
Les prix ont fortement augmenté au cours de la dernière décennie, alors que les revenus des ménages n'ont pas suivi au même rythme.
Résultat: même lorsqu'une maison entre dans le budget théorique d'une famille, il faut encore composer avec les taux hypothécaires, les taxes, l'entretien, les assurances et toutes les dépenses qui viennent avec une propriété.
Alors, derrière les promesses électorales, une question mérite d'être posée.
Est-ce qu'on veut simplement aider davantage de Québécois à acheter les maisons qui existent déjà?
Ou veut-on s'attaquer au problème plus difficile: faire en sorte qu'une famille qui travaille puisse encore réellement se permettre d'en acheter une?
