Québec 2026: Regard sur les chiffres de Ruba Ghazal sur l’insécurité alimentaire

Québec 2026: Regard sur les chiffres de Ruba Ghazal sur l’insécurité alimentaire
Crédit: Une statistique contestée pourrait-elle fragiliser Ruba Ghazal?
  • Un chiffre fait maintenant débat.
  • La vérification apporte une nuance importante.
  • L'insécurité alimentaire demeure un enjeu réel.
  • Plusieurs statistiques donnent des portraits différents.
  • Ruba Ghazal devra-t-elle s'en expliquer?

En campagne électorale, un chiffre peut rapidement devenir un slogan. Mais lorsqu'il est vérifié, le slogan peut perdre un peu de sa force. C'est ce qui arrive à Ruba Ghazal après une affirmation selon laquelle un Québécois sur trois vivrait en situation d'insécurité alimentaire. La déclaration a été soumise à une vérification, et le résultat appelle davantage de nuances.

Le sujet, lui, ne disparaît évidemment pas. L'insécurité alimentaire demeure une réalité et les difficultés liées au coût de la vie occupent une place importante dans cette campagne. Québec solidaire en a d'ailleurs fait un thème récurrent de son discours.

Mais entre constater un problème et donner une proportion précise, il y a une différence importante. Une statistique ne peut pas être détachée de sa définition, de la période étudiée ou de la façon dont les données ont été recueillies.

C'est précisément là que la déclaration de la cheffe solidaire devient plus fragile.

Dans une campagne où les formations politiques multiplient les chiffres pour démontrer l'urgence d'agir, cette vérification rappelle une règle assez simple: plus une statistique est spectaculaire, plus elle risque d'être reprise rapidement. Et plus elle doit être examinée attentivement.

Pour Ruba Ghazal, le problème n'est donc pas seulement le chiffre lui-même. C'est aussi la confiance que les électeurs accordent aux données utilisées pour défendre une position.

Instagram @rubaghazalqs

Quand le chiffre prend plus de place que la nuance

La difficulté, pour un chef politique, est de simplifier un phénomène complexe sans le déformer. L'insécurité alimentaire ne se résume pas à une réponse oui ou non. Les données peuvent englober différentes situations et différents degrés de difficulté.

C'est pourquoi la formule «un Québécois sur trois» attire immédiatement l'attention. Elle donne une image claire, frappante, facile à retenir.

Mais une statistique frappante n'est pas nécessairement une statistique complète.

La vérification publiée dans le cadre de la campagne vient donc remettre du contexte là où le discours politique avait privilégié une formule forte.

Et dans une campagne où les électeurs sont bombardés de données, cette distinction devient particulièrement importante.

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Une réalité bien réelle, mais des chiffres différents

Les données disponibles racontent une histoire moins simple que celle d'un Québécois sur trois.

Selon l'Institut de la statistique du Québec, 19% des ménages québécois étaient en situation d'insécurité alimentaire en 2023. Plus récemment, une enquête de l'Institut national de santé publique du Québec réalisée en juillet 2026 estimait à 22% la proportion d'adultes vivant dans un ménage en situation d'insécurité alimentaire.

Pourquoi alors Ruba Ghazal parle-t-elle de 36%?

Québec solidaire s'appuie sur un sondage Omniweb Léger réalisé pour La guignolée des médias en décembre 2025, dans lequel 36% des Québécois déclaraient vivre avec une forme d'insécurité alimentaire. Ce chiffre existe donc bel et bien, mais il ne mesure pas exactement la même chose que les données statistiques utilisées par l'ISQ ou l'INSPQ.

Voilà toute la nuance. Le problème est réel. Son ampleur aussi. Mais selon la source et la méthode utilisée, le portrait change considérablement.

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