Québec 2026: Si la TVQ disparaît sur l’usagé, qui y gagnerait vraiment?

Québec 2026: Si la TVQ disparaît sur l’usagé, qui y gagnerait vraiment?
Crédit: TVQ sur l’usagé: économie, choix, coût.
  • Le PQ propose d'abolir la TVQ sur les biens usagés.
  • La mesure toucherait notamment les voitures, meubles et vêtements.
  • L'économie pourrait être importante pour certains gros achats.
  • Pour les petits achats, le gain serait beaucoup plus limité.
  • Derrière la promesse, un choix se pose entre consommation et finances publiques.

On aimerait pouvoir écrire qu'acheter usagé permettrait simplement de payer moins cher. Que retirer la TVQ de ces achats offrirait une économie immédiate aux Québécois qui choisissent la seconde main. Sur le principe, la proposition de Paul St-Pierre Plamondon est facile à comprendre.

Le chef du Parti québécois a annoncé le 1er septembre que son parti abolirait la TVQ sur les biens usagés s'il prenait le pouvoir. La mesure viserait notamment les voitures, les vêtements, les meubles, les électroménagers, les jouets et les équipements de sport usagés.

Le PQ estime que cette abolition représenterait un manque à gagner d'environ 700 millions de dollars par année pour le gouvernement. Sur un mandat de quatre ans, cela représente donc une somme considérable.

Pour les consommateurs, l'économie dépendrait évidemment du prix du bien acheté. Sur une voiture usagée de 28 000$, par exemple, la disparition de la TVQ représenterait une économie de 2 800$. Pour des achats moins coûteux, comme des vêtements ou des meubles, l'économie serait forcément plus limitée.

La question devient donc rapidement plus complexe qu'une simple réduction de facture.

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Une économie qui varie selon l'achat

Et c'est probablement là que la promesse mérite d'être regardée de plus près.

L'économie ne serait pas la même pour tous les biens usagés. Une voiture peut représenter plusieurs milliers de dollars d'économie, alors qu'un vêtement, un meuble ou un appareil vendu quelques centaines de dollars entraînerait une économie beaucoup plus modeste.

C'est particulièrement visible du côté des électroménagers. Pour une laveuse, une sécheuse ou un réfrigérateur usagé généralement vendu entre 350$ et 750$, l'économie de TVQ serait plutôt de l'ordre de 35$ à 75$.

La mesure pourrait néanmoins réduire l'écart de prix entre certains biens usagés et leurs équivalents neufs.

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Un choix qui en dit long

Derrière cette promesse se trouve finalement une question de société: quelle place veut-on donner au marché de l'usagé au Québec?

Abolir la TVQ sur ces achats pourrait rendre la seconde main plus intéressante et encourager certains consommateurs à privilégier des biens déjà en circulation. Mais une telle décision signifie aussi que le gouvernement renoncerait à une partie de ses revenus pour favoriser ce comportement.

C'est donc un choix qui dépasse la simple question de quelques dollars économisés à la caisse. Il touche à la manière dont l'État utilise la fiscalité pour influencer les habitudes de consommation.

Dans une campagne où les partis proposent différentes façons d'alléger le coût de la vie, cette mesure permet surtout de poser une question très simple aux électeurs: jusqu'où souhaite-t-on aller pour payer moins, et à quel prix pour les finances publiques?

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