Québec 2026: PSPP peut-il vraiment mettre le référendum sur pause?

Québec 2026: PSPP peut-il vraiment mettre le référendum sur pause?
Crédit: Facebook/PSPP
  • PSPP tente de déplacer le débat vers l'économie.
  • Le référendum demeure difficile à évacuer.
  • Ses adversaires pourraient exploiter la question nationale.
  • Son calendrier référendaire vise à rassurer.
  • PSPP devra convaincre sans réveiller les inquiétudes.

Paul St-Pierre Plamondon aimerait parler d'autre chose. De pouvoir d'achat. De finances publiques. De français. De rapport de force avec Ottawa. De cette idée d'un gouvernement qui aurait enfin les coudées franches pour agir. Mais derrière presque chacune de ces propositions se trouve la même question, celle qui accompagne le Parti québécois depuis son retour au sommet des intentions de vote: que fera PSPP du projet indépendantiste s'il prend le pouvoir?

Le chef péquiste a pourtant posé un geste important pour tenter de calmer cette inquiétude. Un éventuel référendum ne serait pas tenu pendant la présidence de Donald Trump. Autrement dit, le scrutin serait repoussé après 2029, ce qui permet au PQ de conserver son engagement tout en évitant de donner aux électeurs l'impression qu'ils votent le 5 octobre pour se retrouver rapidement devant une autre campagne historique.

C'est habile politiquement. Mais ce n'est pas une disparition.

Car PSPP lui-même continue de parler d'indépendance, de pouvoirs à rapatrier et de rapport de force avec Ottawa. Il affirme aussi que son engagement demeure intact, qu'il soit à la tête d'un gouvernement majoritaire ou minoritaire. Le référendum n'est donc plus présenté comme une urgence immédiate, mais il demeure une pièce maîtresse du projet.

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Le référendum intéresse moins les électeurs que PSPP

Les données disponibles donnent pourtant une information précieuse au chef péquiste. La question référendaire n'est pas au sommet des préoccupations des Québécois. Le coût de la vie, la santé et le logement occupent beaucoup plus d'espace dans leurs préoccupations. Même parmi les électeurs qui disent vouloir voter PQ, le référendum n'est pas nécessairement la raison première de leur choix.

Cela donne à PSPP une fenêtre.

Il peut dire aux électeurs qu'une victoire péquiste ne signifie pas un référendum demain matin. Il peut leur demander de juger le PQ sur sa capacité à gouverner, à défendre les intérêts du Québec et à obtenir davantage de pouvoirs d'Ottawa. Il peut surtout tenter de transformer le vote du 5 octobre en un vote sur le gouvernement à venir plutôt qu'en un prélude au référendum.

Mais ses adversaires ont parfaitement compris le danger.

Plus PSPP parle de «rapport de force» avec Ottawa, plus il parle de pouvoirs à récupérer. Plus il promet de changer les règles du jeu, plus ses adversaires peuvent rappeler où mène ultimement cette logique. La CAQ peut se présenter comme une option nationaliste sans projet de séparation, tandis que le PLQ peut miser sur une position fédéraliste beaucoup plus claire.

Le référendum n'a donc pas besoin d'être au centre du discours de PSPP pour être au centre des attaques contre lui.

Et pourtant, il serait imprudent de croire que la question nationale est devenue secondaire. La grande marée bleue qui a ramené le Parti québécois au sommet des intentions de vote montre plutôt que l'indépendantisme peut encore provoquer une véritable mobilisation électorale. Le paradoxe, c'est que cette vague ne signifie pas nécessairement que tous ceux qui portent le bleu péquiste sont déjà prêts à plonger dans le grand bain référendaire.

C'est précisément là que PSPP doit jouer serré. Il peut profiter de cette remontée pour parler de pouvoir d'achat, d'économie, de français et de rapport de force avec Ottawa. Mais plus son parti avance dans les sondages, plus ses adversaires auront intérêt à rappeler ce qui se trouve derrière le programme: un projet indépendantiste qui n'a pas disparu, même si son échéancier, lui, a été repoussé.

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Le véritable défi de PSPP sera de séparer deux votes

C'est peut-être le tour de force qu'il doit réussir d'ici au 5 octobre.

Convaincre un électeur qu'il peut voter pour le PQ sans être obligé de régler aujourd'hui la question de l'indépendance. Convaincre un autre électeur, souverainiste celui-là, que repousser le référendum ne signifie pas renoncer au projet. Et entre les deux, construire l'image d'un premier ministre capable de gouverner au quotidien.

Le problème, c'est que PSPP a bâti une grande partie de sa crédibilité sur la cohérence de ses convictions. Son recul stratégique sur le calendrier référendaire a justement été interprété comme une façon de rassurer un électorat inquiet sans renier son objectif.

Il ne peut donc pas trop éloigner le référendum sans risquer de frustrer sa base. Mais s'il le ramène trop souvent au premier plan, il risque de faire fuir ceux qui veulent simplement changer de gouvernement.

Jusqu'au 5 octobre, PSPP devra donc marcher sur une ligne étroite: parler d'indépendance sans transformer l'élection en référendum sur l'indépendance.

Son défi sera de convaincre les électeurs qu'ils peuvent lui donner le pouvoir sans lui donner tout de suite leur réponse à la question nationale. Autrement dit, il devra réussir un drôle de tour de force politique: mettre le référendum en veille sans mettre l'indépendance en sourdine.

Car cette campagne pourrait finalement se jouer sur une question toute simple: les Québécois veulent-ils d'abord changer de gouvernement… ou changer de pays?

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