S'il est élu, le Parti québécois (PQ) attendra le départ de Donald Trump – en janvier 2029 – pour tenir un référendum. C'est ce qu'a annoncé le chef de la formation, Paul St-Pierre Plamondon (PSPP), mardi dans un long message publié sur les réseaux sociaux.
Avec sa déclaration de mardi, le chef péquiste veut «clarifier» sa position alors que les élections provinciales approchent à grands pas (5 octobre 2026). Selon lui, l'«imprévisibilité» du président américain pourrait «nuire» à la discussion sur l'avenir du Québec.
«Un enjeu aussi crucial que celui de l'avenir politique du Québec exige des conditions qui permettent un débat éclairé et serein […] Il ne doit pas être confisqué par les soubresauts de la politique américaine, ni par les coups d'éclat d'un président imprévisible, ni par des campagnes de peur», a déclaré PSPP.
Avec cette déclaration, le PQ pense «désamorcer complètement» l'idée selon laquelle ce serait le «pire moment» pour réfléchir à l'avenir du Québec en raison de Trump. Il s'agit d'un argument souvent brandi par les partis adverses.
PSPP avait déjà abordé le calendrier référendaire par le passé. Il avait notamment admis en mars 2025 que les tarifs douaniers américains pourraient influencer la date d'une consultation populaire sur l'avenir du Québec. Le soir de sa victoire dans Chicoutimi l'hiver suivant, il avait reconnu pour la première fois que des électeurs avaient «véritablement peur» d'un référendum dans le contexte géopolitique actuel.
Cette nouvelle annonce de PSPP est d'ailleurs survenue la veille de l'entrée en vigueur de droits de douane de 50% sur environ 28 milliards de dollars de produits canadiens. Le Canada a obtenu un sursis de trois jours sur ces surtaxes, soit jusqu'à samedi.
PSPP dit souhaiter mener une campagne sur des «propositions pour aider les Québécois», plutôt que sur des «arguments de peur redondants et stériles». Son parti promet de s'attaquer à la hausse du coût de la vie, à la crise du logement et à l'itinérance, notamment.
Toujours selon lui, le prochain gouvernement aura déjà «amplement de défis et de tâches à accomplir dès le début de son mandat [dont] ramasser les pots cassés de la CAQ. «Le vote doit d'abord porter sur cette question fondamentale: à qui pouvons-nous faire confiance pour remettre le Québec sur la bonne voie?», demande-t-il.
Selon les plus récents sondages, le PQ pourrait former un gouvernement majoritaire ou minoritaire à l'issue des prochaines élections. L'appui à son projet référendaire est stable depuis des mois au Québec, soit autour de 30%.
Les partis adverses s'insurgent
Selon la première ministre et cheffe de la Colation Avenir Québec (CAQ), Christine Fréchette, ce nouvel engagement de PSPP étale une «épaisse couche d'incertitude sur quatre années plutôt que sur le début d'un mandat du PQ. […] À la veille des plus hauts tarifs auxquels on est exposé. C'est irresponsable et je suis étonnée qu'il persiste et signe. »

«C'est une tentative de manipuler l'opinion publique pour élargir la base électorale du Parti québécois. C'est la nouvelle astuce politique du PQ. Je dirais même que c'est la cage à homard 2.0 du Parti Québécois. […] C'est un aveu de faiblesse de l'option souverainiste », a dénoncé Charles Milliard, chef du Parti libéral du Québec (PLQ).
En marge d'une annonce devant le parlement mardi, la formation Québec Solidaire (QS), elle aussi souverainiste, a plaidé pour que ce projet ne dépende pas de la politique d'une autre nation.
«Notre projet de faire du Québec un pays ne peut pas dépendre des aléas du monde entier, a défendu la co-porte-parole du parti, Ruba Ghazal. Et malheureusement, l'instabilité dans laquelle on est plongé, c'est en train de devenir notre nouvelle normalité, donc on ne peut pas agir en fonction de ça».
«PSPP est une vraie girouette référendiste! Comment faire confiance à quelqu'un qui a répété pendant cinq ans qu'il ferait l'indépendance coûte que coûte, puis change d'idée à une semaine des élections?», a lancé le chef conservateur Éric Duhaime dans une déclaration transmise aux médias mardi.
«Si un autre gouvernement protectionniste prend le pouvoir à Washington, que fera-t-il? Repousser encore son projet?», a renchéri le chef conservateur.