Le Face-à-Face: Une soirée sous haute tension

Le Face-à-Face: Une soirée sous haute tension
Crédit: Face-à-Face: tensions, attaques et points marquants pour cinq chefs
  • Fréchette rapidement rattrapée par le bilan caquiste.
  • Impôts, santé et itinérance provoquent des échanges musclés.
  • Le référendum finit par revenir au centre du débat.
  • Les analyses divergent sur ceux qui ont marqué des points.

Ils sont cinq, mais dès les premières minutes du Face-à-Face, une chose devient claire: Christine Fréchette ne veut pas porter seule le bilan de la CAQ. Son message est direct: elle n'est pas François Legault et entend mener sa propre campagne.

Charles Milliard saute rapidement dans la mêlée en attaquant le bilan économique du gouvernement. Ruba Ghazal parle d'une économie fragile et de services publics sous pression. Paul St-Pierre Plamondon tente de présenter le PQ comme une équipe prête à gouverner, pendant qu'Éric Duhaime revient à l'une de ses grandes lignes de campagne: réduire le rôle de l'État et alléger le fardeau fiscal.

Puis les échanges se corsent.

Duhaime et PSPP croisent le fer sur le rôle que le PCQ pourrait jouer face à un éventuel gouvernement péquiste. Le ton monte, les formules deviennent plus directes et le débat quitte progressivement le terrain des déclarations préparées.

PSPP et Milliard s'opposent ensuite sur les relations avec Ottawa et Mark Carney. PSPP affirme qu'il collaborerait avec le premier ministre canadien, mais prévient que le respect du Québec demeure non négociable.

Et lorsqu'arrive la question des impôts, les lignes se dessinent encore davantage. Duhaime veut des baisses importantes, Ghazal propose une approche ciblée, Milliard dit que ce n'est pas le moment et Fréchette mise sur l'équilibre. PSPP se range plutôt du côté de la prudence.

Le Face-à-Face est lancé. Et personne ne semble vouloir laisser le terrain à l'autre.

Instagram @ericduhaimequebec / Instagram @partiquebecois

Quand les services publics deviennent un champ de bataille

La tension monte d'un cran lorsque les chefs abordent les services publics.

Éric Duhaime défend une plus grande place au privé en santé et lance une formule destinée à frapper: «présentement, on paie pour avoir une liste d'attente». Charles Milliard défend plutôt le modèle public et refuse de présenter le privé comme une solution aux problèmes du réseau.

La garde d'enfants devient ensuite un autre point de friction. Duhaime veut notamment offrir 100 $ par semaine aux parents qui restent à la maison, alors que PSPP mise sur l'expansion des CPE.

Puis vient l'itinérance. PSPP promet d'en faire une priorité et affirme même que, s'il faut un superministre responsable du dossier, «ça va être moi». Ghazal réclame elle aussi une meilleure coordination et davantage de moyens.

Pendant ce temps, Fréchette continue d'essuyer les attaques sur le bilan de la CAQ, avant de riposter directement à Milliard sur le développement économique.

Le débat devient de plus en plus personnel.

Courtoisie Parti Libéral du Québec / Courtoisie Instagram @ericduhaimequebec

Le référendum arrive… et le bilan tombe

Puis vient le sujet qui plane sur toute la campagne: l'avenir du Québec.

PSPP évite longtemps de prononcer le mot «référendum», préférant parler de projet national et de gouvernement. Duhaime, lui, ramène constamment le PQ à cette question, tandis que Fréchette attaque directement la vision souverainiste et son «livre bleu».

La suite porte sur l'immigration, l'environnement, le français, l'intelligence artificielle et la culture. Les cinq chefs trouvent chacun leur terrain, mais les échanges deviennent moins prévisibles et plus personnels.

Et après deux heures de confrontation, une question s'impose: qui repart avec quelque chose à gagner?

Les analyses publiées après le débat ne donnent pas toutes la même lecture. Plusieurs commentateurs ont souligné la performance de PSPP, notamment pour sa maîtrise des dossiers et sa capacité à reprendre le contrôle du débat en deuxième moitié. Duhaime a été jugé particulièrement efficace au début, tandis que Milliard aurait dépassé certaines attentes. Fréchette, très souvent attaquée, a été décrite comme solide, mais encore en recherche d'une connexion plus émotive.

Pas de verdict unanime, donc. Mais une chose ressort de cette soirée: chacun des cinq chefs repart avec des arguments à exploiter dès le lendemain, dans une campagne où chaque échange peut maintenant compter.

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