La fille de Bernard Drainville victime d’intimidation par des partisans du PCQ?

La fille de Bernard Drainville victime d’intimidation par des partisans du PCQ?
Crédit: Une campagne à Lévis qui franchit une ligne
  • Rosalie Drainville raconte une expérience troublante.
  • Bernard Drainville réclame davantage de civisme.
  • Quand le débat politique franchit une limite.

La campagne électorale est faite pour cogner aux portes, pas pour les claquer au nez de ceux qui ne pensent pas comme nous.

À Lévis, le porte-à-porte de Rosalie Drainville aurait pourtant pris une tournure qui l'a profondément ébranlée. La fille de Bernard Drainville, enceinte de sept mois, faisait campagne avec une autre bénévole dans la rue des Capucines.

Après une dizaine de portes, les commentaires disgracieux auraient laissé place aux insultes, puis à une confrontation plus inquiétante, rapporte le Journal de Québec, sous la plume de Karine Gagnon.

Des citoyens se seraient regroupés autour des deux femmes, certains brandissant des pancartes de la candidate du Parti conservateur du Québec, Karine Laflamme.

Les deux bénévoles auraient finalement quitté les lieux, alors que les cris se poursuivaient.

Rosalie Drainville affirme avoir eu peur pour sa sécurité, toujours selon le JDQ.

Elle raconte aussi que les commentaires agressifs ne sont pas nouveaux pour elle, puisqu'elle avait déjà été exposée à des propos virulents sur les réseaux sociaux pendant la course à la chefferie de son père.

Ce qui devait être une soirée de campagne ordinaire s'est donc transformé en expérience beaucoup plus troublante.

Quand le désaccord devient personnel

Bernard Drainville avait lui-même dénoncé, la veille, le comportement de certains citoyens envers ses bénévoles.

Il parlait de propos « irrespectueux, parfois agressifs » et appelait à un minimum de civisme, rappelant que les équipes de tous les partis peuvent être confrontées à ce genre de situation.

Le député sortant de Lévis dit aussi constater une hausse de la virulence et déplore que les attaques deviennent de plus en plus personnelles. Pour lui, les candidats et les élus demeurent des êtres humains, même lorsqu'ils défendent des idées auxquelles certains électeurs s'opposent fortement.

Rosalie Drainville pousse la réflexion un peu plus loin. Si les insultes sur les réseaux sociaux sont déjà difficiles à vivre, les retrouver en personne peut donner l'impression que la frontière entre colère politique et intimidation devient de plus en plus mince.

Et cette frontière mérite d'être surveillée.

Parce qu'on peut contester un parti, ridiculiser une promesse, dénoncer une décision et même être profondément en désaccord avec un candidat.

C'est le principe même d'une campagne.

Mais personne ne devrait avoir à se demander, en frappant à une porte, jusqu'où la colère de l'autre pourrait aller.

Instagram @ericduhaimequebec