- Duhaime élargit son terrain de jeu.
- Le PCQ vise de nouveaux sièges.
- Nicolet-Bécancour devient une cible.
- Arthabaska-L'Érable revient dans le radar.
- La dernière ligne droite change la stratégie.
À quelques jours du vote, Éric Duhaime élargit son terrain de jeu. Le chef du Parti conservateur du Québec, qui avait fait de la grande région de Québec et de Chaudière-Appalaches le cœur de sa stratégie pour faire élire ses premiers députés, regarde maintenant beaucoup plus loin.
Jeudi, il était à Nicolet-Bécancour, où il a clairement affiché ses ambitions. «On ne ménagera aucun effort pour gagner la circonscription ici», a-t-il déclaré. Le PCQ lorgne aussi Arthabaska-L'Érable, en plus de Mégantic, alors que certaines courses deviennent particulièrement serrées dans le Centre-du-Québec.
Ce déplacement n'a rien d'anodin. À Nicolet-Bécancour, un sondage Pallas commandé par le PCQ plaçait le PQ, la CAQ et le PCQ au coude-à-coude. Selon Projection 127, mise à jour le 23 septembre, la course demeurait également extrêmement serrée.
Duhaime affirme par ailleurs que ses bons résultats dans la grande région de Québec lui permettent de consacrer davantage de temps à d'autres territoires. Le dernier sondage Léger cité par le chef accordait alors au PCQ une avance de 11 points dans cette région. Mais il prévient du même souffle que rien n'y est acquis.
Le calcul change donc. À neuf jours du scrutin, le PCQ ne joue plus sur un seul tableau. Il tente d'étendre sa portée là où quelques centaines de votes pourraient changer la couleur d'une circonscription.

Nicolet-Bécancour devient soudainement une cible
Nicolet-Bécancour attire particulièrement l'attention parce que la course y est présentée comme un véritable trois à trois. Le député sortant Donald Martel défend le siège caquiste, tandis que le PQ et le PCQ cherchent eux aussi à s'emparer de la circonscription.
La nouvelle carte électorale ajoute aussi un élément à surveiller. Nicolet-Bécancour a été modifiée pour 2026, notamment avec l'arrivée de Saint-Rosaire et de Saint-Louis-de-Blandford, auparavant rattachées à Arthabaska. Les résultats de 2022 ne peuvent donc pas être comparés directement à la nouvelle configuration.
Pour Duhaime, c'est précisément le genre de circonscription où une campagne concentrée peut faire une différence. Une visite du chef, quelques jours avant le vote, peut ainsi servir à tester le terrain, mobiliser les troupes et surtout envoyer un message aux électeurs qui hésitent encore.
Le PCQ ne se contente donc plus de défendre les territoires où il croit avoir ses meilleures cartes. Il cherche de nouvelles portes d'entrée.

Arthabaska-L'Érable, le goût d'une revanche
À Arthabaska-L'Érable, le PCQ présente Tarek Henoud. La circonscription, qui porte officiellement ce nouveau nom en 2026, compte notamment Victoriaville et Plessisville et a elle aussi subi des changements de limites.
Le territoire possède en plus une dimension particulière pour Duhaime. En 2025, il y avait subi une défaite lors de l'élection partielle face au péquiste Alex Boissonneault. Cette fois, son parti entend revenir dans la mêlée avec l'espoir d'y transformer cette ancienne déception en gain.
Son message est désormais plus large que celui du début de campagne. Le chef conservateur parle de gains hors de son bastion initial et évoque aussi la possibilité que ses élus détiennent la balance du pouvoir dans un gouvernement minoritaire.
Le PCQ change donc de carte au moment où les électeurs commencent à choisir la leur. Duhaime ne déplace plus seulement son autobus… il déplace ses pions. Et dans cette dernière ligne droite, chaque détour pourrait compter.
