- Charles Milliard change de ton.
- Une publicité très remarquée.
- La guerre tarifaire au cœur du message.
- Le PLQ cherche à reprendre du terrain.
- Reste à voir si le pari fonctionnera.
Il y a quelque chose de différent dans la campagne de Charles Milliard depuis quelques jours. Le chef libéral semble avoir décidé qu'il était temps de changer de ton, de décor et surtout de stature.
Lundi, il a choisi de «s'adresser à la nation» pour parler de la guerre tarifaire. Ton solennel, message enregistré, drapeaux québécois et posture de chef en temps de crise: Charles Milliard ne s'est pas présenté comme un chef de parti qui tente simplement de gagner quelques points dans les sondages. Il a voulu occuper l'espace d'un premier ministre en période de turbulence.
Le choix n'est pas anodin. Depuis le début de la campagne, le PLQ peine à imposer son chef dans l'esprit des électeurs. Des observateurs ont d'ailleurs relevé son déficit de notoriété et le fait qu'il ne semble pas encore avoir trouvé son «X».
Milliard avait donc besoin d'un coup d'éclat. Il vient peut-être de le trouver.
Mais une publicité spectaculaire, aussi bien orchestrée soit-elle, ne suffit pas nécessairement à provoquer une remontée. Le chef libéral doit maintenant transformer cette nouvelle visibilité en confiance.
Car derrière les drapeaux, le ton grave et les huit minutes d'allocution, une question demeure: les Québécois commencent-ils réellement à voir Charles Milliard comme une option gouvernementale?

C'est là que la véritable bataille commence.
Le geste de Charles Milliard ressemble à une tentative assumée de reprendre le contrôle du récit.
Pendant que Christine Fréchette s'installe dans le rôle de gestionnaire de crise et que Paul St-Pierre Plamondon occupe une partie importante du débat politique, le chef libéral cherche sa propre scène.
Et cette scène, il l'a construite autour de la crise commerciale.
Son message n'était pas simplement une nouvelle annonce électorale. Il voulait donner l'image d'un chef prêt à prendre les commandes lorsque le Québec traverse une période d'incertitude.
Il a également attaqué le bilan économique de la CAQ, affirmant que les déficits et l'augmentation de la dette avaient réduit la marge de manœuvre du Québec au moment où l'économie doit affronter la guerre tarifaire.
Puis il a avancé une proposition très concrète: augmenter la part des approvisionnements de l'État réalisés au Québec et mettre fin à la règle du plus bas soumissionnaire afin de favoriser davantage les entreprises québécoises.
Le problème est que la mise en scène doit maintenant être suivie de résultats politiques.
Le PLQ a besoin que les électeurs parlent de Charles Milliard demain pour autre chose que de sa publicité.

Charles Milliard joue donc une partie importante de sa campagne.
Son équipe semble avoir compris une chose essentielle: rester discret n'était plus une option. Le chef devait imposer son image, sa voix et sa vision.
Cette fois, le PLQ tente de bâtir son offensive autour de l'économie, des entreprises québécoises et de la guerre tarifaire. Le message est clair: les libéraux veulent se présenter comme une formation capable de gérer une période de turbulences et de défendre les intérêts économiques du Québec.
Mais les intentions de vote ne se déplacent pas simplement parce qu'un chef augmente le volume.
Il faudra convaincre.
Et surtout, il faudra savoir si ce spectaculaire changement de ton marque enfin le début d'une remontée… ou seulement un moment fort dans une campagne qui cherche encore son second souffle.
Le 5 octobre approche. Et pour Charles Milliard, chaque jour compte désormais.
