Maisons des aînés: quand le grand rêve de la CAQ se heurte à la réalité

Maisons des aînés: quand le grand rêve de la CAQ se heurte à la réalité
Crédit: Maisons des aînés: le grand projet rattrapé
  • Un projet phare désormais sous pression.
  • Des coûts qui grimpent rapidement.
  • Des livraisons parfois repoussées.
  • Des chambres encore inutilisées faute de personnel.
  • Un modèle qui soulève de nouvelles questions.

Les maisons des aînés, grand projet de la CAQ, devaient incarner une nouvelle façon de prendre soin de nos aînés. Des chambres individuelles, une salle de bain privée, des petites maisonnées de 12 résidents, des espaces communs, un accès extérieur et un environnement qui ressemble davantage à une maison qu'à un établissement de soins. Sur papier, l'idée avait de quoi séduire.

Mais à l'approche du scrutin, le projet est devenu beaucoup plus difficile à défendre sans nuances.

Le premier problème tient aux coûts. Certaines constructions affichent des factures impressionnantes. À Sainte-Élisabeth, par exemple, le projet de 42 places est maintenant évalué à 74,9 millions de dollars, après une hausse de 26,5 millions depuis son autorisation initiale. Cela représente près de 1,8 million de dollars par place.

Le deuxième problème est le temps. Plusieurs projets ont connu des reports importants. À Havre-Saint-Pierre, une maison de 48 places devait initialement être livrée en 2022, avant de subir plusieurs retards.

Et puis il y a la question que les chiffres de construction ne peuvent pas régler: qui va travailler dans ces maisons?

Parce qu'une chambre construite n'est pas encore une place disponible.

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Le béton est là, mais les bras manquent

C'est probablement là que le débat devient le plus concret pour les familles.

En septembre, près de 3700 personnes âgées attendaient toujours une place en hébergement spécialisé au Québec, alors qu'environ une centaine de chambres dans les maisons des aînés demeuraient inutilisées faute de personnel.

Le paradoxe est difficile à ignorer. Le gouvernement peut construire des bâtiments modernes, mais il ne peut pas simplement construire les infirmières, les infirmières auxiliaires et les préposés aux bénéficiaires qui doivent les faire fonctionner.

Le modèle des maisons des aînés mise justement sur de petites unités de vie. C'est ce qui fait une partie de leur attrait, mais cette organisation demande aussi une présence humaine importante.

La question n'est donc plus seulement de savoir combien de maisons ont été construites. Elle devient beaucoup plus terre à terre: combien de chambres peuvent réellement être ouvertes, occupées et maintenues ouvertes?

Le gouvernement continue de présenter le modèle comme une transformation de l'hébergement de longue durée. Le débat électoral oblige maintenant à regarder l'autre moitié de l'équation: combien coûte cette transformation et avec quelles ressources humaines peut-on la faire vivre?

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Une maison ne se mesure pas seulement en mètres carrés

Il serait toutefois trop simple de réduire le dossier à une histoire de factures.

Les maisons des aînés répondent à une volonté réelle de sortir du modèle institutionnel traditionnel. Le gouvernement les présente comme des milieux de vie plus humains, avec des chambres individuelles, des espaces communs et des aménagements pensés autour des résidents.

Le véritable enjeu électoral se trouve donc peut-être ailleurs. Après avoir promis de changer les murs, la CAQ doit maintenant convaincre que le modèle peut aussi changer la vie quotidienne sans laisser derrière lui des chambres fermées, des échéanciers qui s'étirent et des factures qui grimpent.

Car pour nos aînés, la plus belle maison reste inutile si personne n'est là pour ouvrir la porte.

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