Québec 2026: Éric Duhaime pense-t-il déjà à l’après-5 octobre?

Québec 2026: Éric Duhaime pense-t-il déjà à l’après-5 octobre?
Crédit: Duhaime prépare déjà ses alliances pour l’après-élection
  • Duhaime regarde déjà vers le 6 octobre.
  • Alto pourrait créer une drôle d'alliance.
  • Le PCQ précise sa stratégie parlementaire.
  • Le PQ pourrait devenir un partenaire ponctuel.
  • Un premier test se dessine déjà.

À 16 jours du scrutin, Éric Duhaime parle déjà comme si l'Assemblée nationale du 6 octobre était installée. Le chef du Parti conservateur du Québec regarde le projet de TGV Alto et voit poindre une possibilité assez particulière, celle de réunir des députés conservateurs et péquistes autour d'un même objectif, bloquer le projet. Il a même avancé que les élus opposés à Alto pourraient former une majorité au Salon bleu après le 5 octobre et qu'une motion contre le projet pourrait être déposée.

Duhaime a aussi parlé d'une «coalition de gens opposés» au TGV, évoquant une forme d'«arc-en-ciel» politique. Son idée dépasse même les frontières du Québec, puisqu'il a fait référence aux conservateurs fédéraux et au Bloc québécois.

Le contraste est intéressant. La campagne n'est pas terminée que Duhaime commence déjà à réfléchir à la mécanique parlementaire qui pourrait suivre. Et Alto devient pour lui beaucoup plus qu'un projet de train. Le dossier pourrait servir de point de rencontre entre des partis qui, sur bien d'autres sujets, sont loin de partager la même voie.

Fotis Fotopoulos sur Unsplash / Instagram @ericduhaimequebec

Pas de gouvernement de coalition, précise Duhaime

Il aura toutefois fallu préciser le tir. Duhaime affirme maintenant qu'il n'est absolument pas question pour le PCQ de participer à un gouvernement de coalition après l'élection. Son scénario est plutôt celui d'un gouvernement minoritaire avec des collaborations ponctuelles, dossier par dossier. Il dit même pouvoir avoir des «bromances» avec les quatre autres partis selon les enjeux.

C'est là que le TGV Alto devient particulièrement révélateur. Sur ce dossier, les positions du PQ et du PCQ se rejoignent clairement. Les deux formations s'opposent au projet, notamment en raison de son coût et de ses répercussions potentielles sur les terres agricoles.

Duhaime veut donc que ses éventuels députés puissent peser sur les décisions d'un gouvernement minoritaire, sans pour autant s'asseoir dans une coalition gouvernementale.

Il avait d'ailleurs déjà donné un aperçu de cette approche pendant le Face-à-Face, en présentant ses futurs élus comme des «chiens de garde» du PQ, tout en précisant qu'ils surveilleraient aussi les engagements péquistes.

Instagram @conservateur_quebec / Instagram @partiquebecois

Alto, premier test d'une politique à la pièce?

Le plus intéressant n'est donc peut-être pas de savoir si Duhaime prépare une coalition. Il vient justement de dire que non. C'est plutôt de voir jusqu'où pourrait aller cette logique d'alliances ponctuelles si aucun parti ne détient la majorité.

PSPP a lui aussi écarté l'idée d'une alliance formelle, tout en laissant la porte ouverte à des ententes sur certains dossiers dans un gouvernement minoritaire.

Sur Alto, le terrain est déjà balisé. Deux partis partagent une opposition claire au projet et Duhaime parle ouvertement d'une majorité possible de députés qui pourraient agir ensemble. Reste toutefois une question importante, puisque le projet est de compétence fédérale. Une motion adoptée à Québec ne donnerait pas aux élus québécois le même pouvoir que celui qu'ils pourraient exercer sur un projet relevant directement de l'Assemblée nationale.

Mais une chose est déjà visible. Duhaime ne demande pas seulement aux électeurs de regarder vers le 5 octobre. Il leur montre aussi ce qu'il imagine pour le lendemain. Et si Alto devient le premier dossier où les lignes partisanes commencent à bouger, la campagne aura peut-être trouvé son premier laboratoire de politique «à la pièce».