- Près de 400 M$ sur la table.
- Le Saint-Laurent change de rôle.
- De nouveaux marchés dans la mire.
- Des ports au cœur du plan.
- Un pari économique à suivre.
Et si le Saint-Laurent, que l'on regarde souvent comme un décor familier, redevenait l'un des grands atouts économiques du Québec? C'est le pari que Christine Fréchette met sur la table avec Horizon Saint-Laurent, une stratégie maritime de près de 400 M$ dévoilée au chantier Davie, à Lévis. L'objectif est clair: renforcer les infrastructures portuaires, développer de nouveaux corridors commerciaux et diversifier les échanges du Québec.
La proposition arrive dans un contexte où les relations commerciales avec les États-Unis sont devenues plus imprévisibles. En 2025, près de 70% des exportations internationales de marchandises du Québec étaient destinées au marché américain. Pour Fréchette, le moment est donc venu de regarder ailleurs, et surtout de regarder plus loin.
Le plan prévoit 300 M$ pour les infrastructures portuaires et le corridor du Saint-Laurent, avec l'ambition de mobiliser près de 2 G$ en investissements privés et fédéraux. Un montant supplémentaire de 90 M$ serait consacré à la construction navale et au soutien des PME du secteur.
L'idée est aussi de créer un nouveau corridor Québec–Europe–Afrique du Nord. Autrement dit, le fleuve pourrait devenir beaucoup plus qu'une voie de transport. Il pourrait servir de passerelle vers de nouveaux marchés et donner aux entreprises québécoises davantage d'options pour faire circuler leurs produits.

Un fleuve pour regarder plus loin
Le potentiel est déjà là. Le système Saint-Laurent–Grands Lacs génère 22,3 G$ d'activité économique au Québec et soutient plus de 15 000 emplois maritimes. La stratégie veut donc miser sur une infrastructure qui existe déjà plutôt que de repartir de zéro.
Le projet de terminal à conteneurs de Contrecœur s'inscrit dans cette logique. L'expansion du port de Montréal doit augmenter sa capacité d'environ 60%, renforçant encore le corridor maritime du Saint-Laurent.
Pour Québec, l'enjeu dépasse donc les quais et les navires. Il s'agit de donner aux entreprises un accès plus direct à d'autres marchés, particulièrement en Europe et en Afrique du Nord. Une façon aussi de ne pas avoir tous ses œufs dans le même panier commercial.

Et si la sortie était déjà devant nous?
C'est peut-être là que le pari devient intéressant. Le Québec possède déjà une immense porte naturelle vers le monde. Encore faut-il avoir les infrastructures, les partenaires et les entreprises capables d'en profiter.
La stratégie de Fréchette devra maintenant passer du fleuve des intentions au fleuve des réalisations. Les investissements annoncés devront produire des résultats concrets, attirer des marchandises et créer de nouveaux débouchés.