Charles Milliard peut-il enfin donner une identité au PLQ?

Charles Milliard peut-il enfin donner une identité au PLQ?
Crédit: Milliard veut-il enfin imposer sa marque au PLQ?
  • Le PLQ veut enfin se distinguer.
  • Charles Milliard mise sur la rigueur.
  • Des économies sans sacrifier les services.
  • Une stratégie risquée en pleine campagne.
  • Le PLQ peut-il imposer sa méthode?

Le Parti libéral du Québec avait besoin de plus qu'un cadre financier. Il avait besoin d'un angle. Et Charles Milliard vient peut-être de le trouver.

Présenté dimanche, le plan libéral place la rigueur au centre du discours. Le PLQ promet de ralentir la croissance des dépenses, de moderniser l'État et de ramener le Québec à l'équilibre budgétaire en 2029-2030. Pour y arriver, le parti prévoit notamment plus de 4,2 milliards de dollars d'économies et une croissance des dépenses ministérielles limitée à 2,6 % en 2027-2028, puis à 1 % pour les deux années suivantes.

Sur papier, le message est limpide. Milliard veut donner l'image d'un gestionnaire qui regarde les chiffres avant de multiplier les promesses.

Mais en campagne électorale, la rigueur peut être une arme à double tranchant.

Le PLQ affirme vouloir protéger la santé, l'éducation et la culture, tout en réduisant la taille de l'appareil administratif. Son plan de modernisation prévoit notamment une réduction équivalant à 12 000 postes à temps complet sur cinq ans, principalement dans la gestion et les services administratifs.

La question devient donc beaucoup plus politique que comptable.

Le PLQ peut-il devenir le parti qui dit non aux dépenses sans donner l'impression de dire non aux services?

Ivan Shilov sur Unsplash

La rigueur comme nouvelle carte de visite

Depuis le début de la campagne, le PQ occupe beaucoup d'espace avec son projet national, alors que la CAQ tente de reprendre pied en jouant notamment la carte économique. Le PLQ, lui, cherche encore son territoire politique.

Avec ce cadre financier, Charles Milliard tente de le délimiter.

Il ne propose pas de tout couper. Il veut plutôt convaincre qu'un État peut faire moins de gaspillage sans faire moins pour les citoyens. Son discours parle de dédoublements, de structures administratives et de processus jugés inutiles. Le parti estime que sa modernisation de l'État pourrait générer à terme 1,7 milliard de dollars d'économies récurrentes.

C'est une nuance importante.

Parce que dans une campagne où les promesses se comptent en milliards, celui qui parle d'économies prend le risque de paraître moins généreux. Mais il peut aussi devenir celui qui semble le plus sérieux au moment où les électeurs se demandent qui paiera la facture.

Milliard joue donc une carte risquée, mais potentiellement distinctive.

Charles Milliard Courtoisie Parti Libéral du Québec

Entre promesses et facture

Le PLQ évalue ses engagements à près de 12 milliards de dollars et mise également sur une hausse des transferts fédéraux de plus de 4,3 milliards sur cinq ans. Le parti affirme toutefois avoir retenu une prévision prudente, estimant qu'il pourrait aller chercher davantage à Ottawa.

Le problème, c'est que la rigueur ne se proclame pas. Elle se démontre.

Charles Milliard devra donc expliquer où il coupe, pourquoi il coupe et surtout ce que les Québécois verront réellement comme différence dans leur quotidien.

Son défi est là.

Car promettre un État plus efficace est séduisant. Convaincre que cette efficacité ne se fera pas au détriment des services l'est beaucoup moins.

Et c'est peut-être précisément dans cette tension que le PLQ peut enfin trouver sa voix.

Instagram @charles.milliard