Trump ouvre la voie à l’enrichissement d’uranium par l’Arabie saoudite dans le cadre d’un nouvel accord nucléaire
Donald Trump a approuvé un accord nucléaire de grande envergure avec l’Arabie saoudite, qui marque un revirement majeur par rapport à la politique américaine de non-prolifération menée depuis des décennies. Alors que ses partisans y voient une victoire stratégique et économique, ses détracteurs craignent qu’il ne bouleverse le paysage sécuritaire au Moyen-Orient en ouvrant la voie à de nouvelles ambitions nucléaires et en affaiblissant les garanties internationales établies de longue date, destinées à limiter la diffusion des technologies atomiques sensibles.
Un tournant historique dans le domaine du nucléaire
Donald Trump a approuvé un accord historique dans le domaine du nucléaire civil avec l’Arabie saoudite, qui pourrait à terme permettre au royaume d’enrichir de l’uranium sur son propre territoire. Cet accord, d’une durée de 30 ans, représente l’un des changements les plus importants apportés à la politique américaine de coopération nucléaire depuis des décennies et pourrait être officiellement annoncé d’ici quelques jours. Les entreprises américaines joueraient un rôle central dans le développement de l’industrie nucléaire civile saoudienne.
En finir avec le « Gold Standard »
Contrairement aux précédents accords nucléaires conclus par les États-Unis avec leurs principaux alliés, l’accord avec l’Arabie saoudite n’impose pas à Riyad de renoncer définitivement à l’enrichissement d’uranium ni au retraitement du combustible usé. Cette omission s’écarte de la « norme d’excellence » qui caractérise depuis longtemps la politique américaine en matière de non-prolifération, ce qui a immédiatement suscité l’inquiétude des législateurs et des experts en contrôle des armements.
Un parcours vers l'épanouissement
En vertu de cet accord, l’Arabie saoudite ne bénéficiera pas immédiatement de la technologie d’enrichissement de l’uranium. Une étude économique conjointe américano-saoudienne déterminera plutôt si la production nationale de combustible est viable sur le plan commercial. S’il est approuvé, le projet pourrait à terme inclure une installation d’enrichissement de l’uranium construite par les États-Unis et exploitée sur le territoire du royaume.
Les entreprises américaines en tirent profit
Cet accord ouvre également d’importantes perspectives commerciales pour l’industrie nucléaire américaine. Des entreprises telles que Westinghouse devraient diriger la construction de pas moins de 16 réacteurs nucléaires civils, ce qui permettra à Washington de renforcer sa présence commerciale tout en limitant l’influence chinoise et russe sur le secteur énergétique saoudien en pleine expansion.
Des questions sur le contrôle
L’un des aspects les plus controversés de cet accord concerne la surveillance internationale. L’Arabie saoudite a refusé d’adopter le protocole additionnel de l’Agence internationale de l’énergie atomique, ce qui signifie que les inspecteurs ne seraient pas habilités à mener des inspections inopinées dans des installations non déclarées. La surveillance reposerait donc sur des garanties plus limitées et sur des accords bilatéraux de contrôle.
Accords parallèles secrets
Selon certaines informations, l’accord comprendrait également deux lettres d’accompagnement classifiées qui resteront confidentielles. D’après l’administration, ces documents contiennent des informations commerciales exclusives ainsi que des détails sensibles relatifs à la sécurité nationale. Les détracteurs font valoir que ce manque de transparence rend difficile une évaluation complète des mesures de sécurité régissant le programme nucléaire saoudien.
La contradiction iranienne
Cet accord intervient alors que les États-Unis et Israël continuent de s’opposer à l’Iran au sujet de ses activités d’enrichissement d’uranium. Les détracteurs de cette politique estiment qu’elle envoie des signaux contradictoires, puisqu’elle s’oppose au programme d’enrichissement de Téhéran tout en ouvrant simultanément une voie légale permettant à l’Arabie saoudite de développer à terme des capacités similaires sous supervision américaine.
Craintes d'une course aux armements régionale
Ces inquiétudes se sont intensifiées car le prince héritier Mohammed ben Salmane a déjà déclaré que l’Arabie saoudite chercherait à se doter de l’arme nucléaire si l’Iran parvenait à en développer une. Les spécialistes du contrôle des armements avertissent que le fait de doter le royaume de capacités d’enrichissement sur son territoire pourrait accélérer une course à l’armement nucléaire à plus grande échelle dans tout le Moyen-Orient.
Une concession diplomatique
Un autre changement notable concerne Israël. Les gouvernements précédents liaient généralement la coopération nucléaire avancée à la reconnaissance d’Israël par l’Arabie saoudite. Cet accord supprimerait cette condition, Riyad ayant affirmé qu’il ne normaliserait pas ses relations sans progrès significatifs vers la création d’un État palestinien, dissociant ainsi la coopération nucléaire de la diplomatie régionale.
Le Congrès examine l'accord
Cet accord sera mis en œuvre en vertu de l’article 123 de la loi américaine sur l’énergie atomique. Une fois soumis, le Congrès disposera d’un délai d’examen obligatoire de 90 jours. Toutefois, pour bloquer cet accord, il faudrait une majorité des deux tiers dans chacune des deux chambres, suffisante pour passer outre un veto, un seuil que de nombreux analystes estiment extrêmement difficile à atteindre.
Une nouvelle ère nucléaire
Les partisans de cet accord le qualifient de victoire stratégique qui renforce l’influence américaine et empêche la Chine ou la Russie de dominer le secteur nucléaire civil saoudien. Les opposants, en revanche, mettent en garde contre le risque que cet accord affaiblisse des décennies de politique américaine en matière de non-prolifération, incite d’autres pays à réclamer des concessions similaires et modifie fondamentalement l’équilibre des forces nucléaires au Moyen-Orient.