Vague de chaleur en Europe: un «rappel brutal» des changements climatiques déplore l’ONU Climat
France, Espagne, Royaume-Uni, Irlande: la vague de chaleur se poursuit de part et d'autre du Vieux Continent. Il s'agit d'un «rappel brutal» des conséquences du changement climatique et du besoin de transitionner vers des énergies propres, a estimé mercredi le responsable de l'ONU Climat.
«Cette dernière vague de chaleur en Europe est un rappel brutal des conséquences en spirale de la crise climatique, tant humaines qu'économiques. Le principal responsable en est la dépendance du monde à la combustion du charbon, du pétrole et du gaz, ainsi qu'à la destruction des forêts», a affirmé l'onusien Simon Stiell dans une déclaration transmise à l'AFP.
«De nombreuses autres régions du monde sont également durement touchées, comme l'Inde et d'autres parties de l'Asie. La science est claire: le changement climatique d'origine humaine rend ces vagues de chaleur plus fréquentes et plus extrêmes», a-t-il expliqué.
Des températures inédites
En raison d'un «dôme de chaleur» persistant, la France a connu des températures inédites pour cette période de l'année. Météo-France a enregistré mardi un nouveau record mensuel de température à l'échelle du pays, avec un indicateur thermique national consolidé à 24,9 °C.

Le thermomètre a également explosé au Royaume-Uni. Le mercure est monté jusqu'à 34,8 °C lundi à Kew Gardens, parc botanique situé dans le sud-ouest de Londres. Cela représente un record pour la température la plus élevée jamais enregistrée en mai et la plus élevée jamais enregistrée pendant le printemps météorologique, qui s'étend de mars à mai, rapporte Courrier international. Cela dit, «ce nouveau record n'a pas duré longtemps, puisque dès mardi, les températures ont grimpé à 35,1 °C.»
«Les agriculteurs sont soumis à une forte pression en raison de la vague de chaleur actuelle, qui fait suite à un printemps sec, note le journal londonien The Gardian. De nombreuses cultures risquent de voir leur rendement diminuer, les températures dépassant leur seuil de tolérance. Le bétail souffre également du stress thermique, et le risque d'incendies de forêt augmente. Les pertes économiques devraient se chiffrer à plusieurs centaines de millions de livres sterling.»

Toujours selon le média anglais, en raison de l'inflation et des conséquences de la guerre en Iran, des experts prédisent même que le Royaume-Uni «se dirige silencieusement vers une crise alimentaire».
L'onusien Simon Stiell, lui aussi, pointe du doigt la guerre au Moyen-Orient, qui illustre d'après lui «les coûts exorbitants de la dépendance aux importations d'énergies fossiles […] Les solutions sont tout aussi claires: une transition plus rapide vers les énergies propres».
Dans un autre article, The Gardian sollicite ses journalistes à Dublin et à Berlin, soit une preuve que le phénomène n'épargne pas le nord du continent.
Les météorologues européens observent des écarts de plusieurs degrés au-dessus des normales saisonnières dans toute l'Europe du Nord-Ouest, conséquence directe du même système anticyclonique qui touche le sud du continent.
Les pays du Sud, comme l'Italie et l'Espagne, sont eux aussi touchés par le dôme de chaleur, bien que ces contrées soient plus habituées aux températures élevées.

En Italie, plusieurs grandes villes ont été placées en alerte rouge par le ministère de la Santé. Rome, Florence, Bologne et Turin sont désormais classées au niveau 3, le plus haut niveau d'alerte sanitaire. Les températures ont déjà atteint des niveaux inhabituels pour une fin de mai: jusqu'à 33 °C à Turin, 32 °C à Florence et Bologne, et 31 °C à Rome, avec un ressenti supérieur dans plusieurs zones urbaines.
En Espagne, les températures ont déjà dépassé 38 °C dans plusieurs régions du sud du pays et il est prévu localement jusqu'à 40 °C dans les vallées andalouses. Selon l'agence nationale de météorologie, la ville de Badajoz a atteint 38 °C, soit une première en 71 ans de relevés pour cette période de l'année.