Christine Fréchette incapable de chiffrer la dette du Québec

Christine Fréchette incapable de chiffrer la dette du Québec
Crédit: Serge Cloutier

Christine Fréchette a bien mal paru mercredi lors de l'étude des crédits, cet exercice parlementaire qui permet aux oppositions de questionner le gouvernement sur ses décisions. Soutenant qu'elle dépensait sans compter, le député libéral André Fortin a demandé à la première ministre Christine Fréchette si elle pouvait chiffrer la dette du Québec. Mme Fréchette a répondu au libéral qu'elle représentait 36,9 % du PIB, ce qui ne l'a pas satisfait.

Je veux la dette nette, en chiffres, en dollars. Est-ce que vous savez c'est quoi ?

Un long silence de la première ministre qui voulait tout dire a suivi cette réplique d'André Fortin. «J'en conclue, madame la première ministre, que vous ne savez pas c'est quoi le chiffre de la dette au Québec», a-t-il ajouté avant de lui fournir lui-même la réponse.

Vous pouvez visionner l'extrait ici.

Les libéraux talonnent Fréchette

Lors de cette même période de question des oppositions, Christine Fréchette a aussi avoué ignorer l'existence d'une hausse des taxes sur primes d'assurance, prévue par son prédécesseur François Legault. «Ce n'était pas dans mon territoire à moi au moment ou ça a été annoncé. Je n'étais pas nécessairement au fait du détail de cette augmentation là », a-t-elle avoué.

Cette augmentation, qui représente 300 millions de dollars, est prévue pour janvier prochain. Paradoxalement, Christine Fréchette affirme souvent que sa priorité est d'alléger la pression financière des Québécois, comme l'a rappelé son adversaire libéral André Fortin.

Vous arrivez avec des mesures pour dire «on va en redonner aux Québécois», mais le 1er janvier, vous arrivez avec des mesures qui vont aller piger dans les poches des Québécois.

Inquiets, même au gouvernement ?

Pour plusieurs observateurs, de telles méconnaissance de la première ministre sont inacceptables, particulièrement dans le contexte où ses annonces d'investissements se multiplient à un rythme effréné.

Capture

Ces bévues surviennent aussi après qu'un courriel du ministre des Finances, Éric Girard, destiné à la première ministre ait été rendu public grâce au travail du journaliste Thomas Gerbet. On pouvait y lire que le ministre était inquiet par le nombre d'annonces économiques effectuées par Mme Fréchette dans les dernières semaines. Il ajoutait que les Québécois sont « intelligents et savent compter ». Une enquête a d'ailleurs été déclenchée par le gouvernement afin de comprendre comment ce courriel confidentiel a pu fuiter.