Un monde sans électricité, c’est quelque chose que je ne souhaite pas vivre personnellement. J’apprécie énormément les commodités qui ne me demandent pratiquement aucun effort, surtout avant d’avoir bu mon café. L’idée que ma matinée ait pu autrefois consister à pomper de l’eau à la main, à moudre des grains de café à l’aide d’une manivelle et à m’assurer que le feu de la cuisinière se comportait correctement me fait trouver ma routine actuelle d’un luxe presque gênant. Voici 20 outils du quotidien sur lesquels les gens comptaient à une époque où pratiquement tout, à la maison, demandait un peu d’huile de coude.
1. « The Sadiron » n'a jamais rien eu à voir avec la tristesse
Les fers à repasser en fonte pesaient entre cinq et neuf livres et étaient chauffés sur un poêle à bois ou à charbon. Les femmes au foyer en utilisaient généralement deux ou plus en même temps : elles repassaient avec l’un pendant que l’autre chauffait. Et non, ce nom n’était pas une allusion au sentiment que l’on pouvait éprouver en repassant avec un morceau de métal de neuf livres. « Sad » n’est pas l’expression d’une tristesse de la part de l’utilisateur, mais un ancien mot du moyen anglais signifiant « solide » ou « lourd ». En 1871, l’inventrice américaine Mary Florence Potts fit breveter un manche en bois amovible, qui permettait d’enclencher un manche froid sur n’importe quel fer chaud en cours d’utilisation.
2. Singer n'a pas inventé la machine à coudre
En 1851, Isaac Singer, un inventeur américain, fit breveter le mécanisme d’entraînement à pédale pour ses machines à coudre. L’opérateur se balançait d’avant en arrière sur une pédale en fer, faisant tourner une roue qui entraînait une courroie reliée à l’aiguille, ce qui lui libérait les deux mains pour guider le tissu. Singer n’a pas inventé la machine à coudre ; il existait déjà de nombreuses versions antérieures de cet appareil. Il existait même une machine à coudre à point noué antérieure, conçue par un autre inventeur, Elias Howe. Ce que Singer commercialisait, c’était la pédale et le meuble qui l’abritait.
3. Le pot de nuit n'était pas réservé aux pauvres
Les pots de chambre étaient souvent placés sous le lit, voire dans une commode de chevet en bois. Le pot de chambre était généralement en céramique émaillée, en émail ou en étain, et comportait parfois un couvercle pour empêcher les odeurs de se propager. Chaque matin, il fallait vider son contenu et le laver. Même les familles aisées s’en servaient, bien qu’ils fussent alors souvent en porcelaine fine ou en acajou plutôt qu’en étain.
4. Le bac à charbon et le seau à cendres permettaient d'entretenir le feu
Un seau à charbon était un récipient incliné en tôle ou en laiton qui permettait de verser du charbon en grains directement dans le foyer du poêle sans en répandre partout sur le sol. Et une fois le charbon consumé, il fallait également évacuer les cendres dans des seaux métalliques munis d’un couvercle, car laisser des braises dans n’importe quel autre type de récipient risquait de mettre le feu à la maison.
5. Le réfrigérateur fonctionnait grâce à la glace, et non à la chimie
L’armoire-glacière était fabriquée en bois et revêtue de zinc ou d’étain, mais elle était par ailleurs remplie d’un matériau isolant tel que du liège, de la sciure de bois ou de la paille. Dans la partie supérieure, il y avait un compartiment dans lequel on pouvait déposer un bloc de glace. Ce bloc refroidissait les aliments qui l’entouraient et finissait par fondre, s’écoulant dans un bac situé en dessous. Il fallait vidanger ce bac manuellement chaque jour, sans quoi la cuisine se retrouvait inondée.
6. Le « Pie Safe » n'a pas refroidi quoi que ce soit
Un « pie safe » ressemblait à un meuble destiné à accompagner une glacière, mais il remplissait une fonction tout à fait différente. Fabriqué en bois, ce meuble était doté de portes en tôle perforée ou en treillis métallique, permettant à l’air de circuler autour des aliments qu’il contenait tout en empêchant les insectes et les rongeurs d’y pénétrer. La circulation de l’air limitait la formation de moisissures. Pas de glace. Pas de réfrigération. Juste une ventilation et une porte munie d’un loquet.
7. Le plumeau trouve son origine chez les dindes, et non chez les autruches
En 1876, l’inventrice américaine Susan Hibbard a fait breveter un plumeau composé de plumes de dinde, un moyen de valoriser les déchets avicoles. La poussière se loge dans les minuscules ramifications, appelées barbules, des plumes, grâce à une légère électricité statique. Les plumeaux souples en plumes d’autruche que nous connaissons aujourd’hui ne sont apparus qu’aux alentours de 1900, lorsqu’ils ont été importés d’Afrique du Sud ; ils ne faisaient pas partie du plumeau de Hibbard.
8. Le moulin à café fonctionnait grâce à deux disques en acier
Avant l’apparition des moulins à café électriques, presque tous les foyers possédaient un moulin à café posé sur le plan de travail de la cuisine ou fixé au mur. Il suffisait de tourner la manivelle pour que deux disques en acier striés, appelés « meules », broient les grains. Le café moulu tombait alors dans le petit tiroir situé en bas. Il suffisait de le récupérer à la cuillère pour se préparer sa tasse de café du matin.
9. La pompe à godets devait être amorcée pour fonctionner
Une pompe à pichet en fonte, placée au-dessus d’un évier ou d’un puits, utilisait un piston actionné à la main avec des joints en cuir pour puiser l’eau souterraine peu profonde, ne fonctionnant que jusqu’à environ 25 pieds. Elle ne fonctionnait pas comme on pourrait s’y attendre d’un robinet d’eau moderne. Si elle restait inutilisée pendant longtemps, les joints en cuir se desséchaient et perdaient toute leur capacité d’aspiration. Pour la remettre en marche, il fallait verser une tasse d’eau dans la chambre supérieure afin de faire gonfler à nouveau les joints. Il fallait de l’eau pour avoir de l’eau !
10. Pour faire sa toilette, il fallait un pichet, une cuvette et monter à l'étage
Avant l’apparition de la plomberie intérieure, on se lavait devant un lavabo situé dans sa chambre, sur lequel étaient posés un pichet et une cuvette en céramique. L’eau était chauffée sur la cuisinière, puis transportée à la main dans le pichet jusqu’à l’étage. Il ne s’agissait pas d’un luxe, mais d’une routine domestique courante. L’eau usée était vidée dans un récipient séparé appelé « pot à eaux usées » au lieu d’être réutilisée.
11. Le chauffe-lit a été retiré avant que quiconque ne s'y couche
Les chauffe-lits étaient couramment utilisés du XVIIe au XIXe siècle, à une époque où le chauffage central n’était pas encore répandu. Cet appareil, fabriqué en cuivre ou en laiton et rempli de braises incandescentes provenant du poêle, servait à réchauffer un lit froid et était glissé entre les draps juste avant de se coucher. Avant que quiconque ne s’endorme, on retirait le chauffe-lit, car laisser des charbons ardents sous les couvertures toute la nuit risquait de provoquer une brûlure, voire, pire encore, de mettre le literie en feu.
12. La fabrication du beurre ne suivait pas un horaire fixe
Pour fabriquer du beurre, il fallait prendre un piston en bois appelé « dash » et le faire monter et descendre dans une baratte en bois jusqu’à ce que les matières grasses contenues dans la crème se séparent. La durée de cette opération n’était pas fixe et dépendait de la température de la crème, de son acidité et même de la teneur en matière grasse de la crème selon la saison. Cela pouvait prendre aussi peu que 30 minutes ou plus de deux heures.
13. Ce sont les engrenages du batteur à œufs qui ont fait le vrai travail
L’inventeur américain Turner Williams a fait breveter son batteur à œufs rotatif en 1870. Deux fouets métalliques étaient montés sur des engrenages imbriqués qui les faisaient tourner à grande vitesse dans des sens opposés. Cet appareil a considérablement allégé la tâche consistant à battre les œufs à la main, et la Dover Stamping Company en a fait un véritable succès commercial. D’autres tentatives de création d’un batteur à œufs rotatif avaient eu lieu avant celle de Williams, mais c’est son modèle qui s’est imposé.
14. L'essoreuse à manivelle
Il n’était pas nécessaire d’essorer les vêtements à la main pour en éliminer l’excès d’eau. On pouvait les passer dans une essoreuse, une machine à manivelle qui faisait passer les vêtements entre deux rouleaux en bois ou en caoutchouc serrés l’un contre l’autre. Les rouleaux étaient actionnés à l’aide d’une manivelle, ce qui permettait d’extraire l’excès d’eau du linge et de le renvoyer dans la cuve à lessive. Les essoreuses complétaient la planche à laver, chacune faisant partie du processus global de lavage manuel, avant que le linge ne soit séché à l’air libre sur une corde à linge.
15. Le lavabo nettoyé uniquement par frottement
Les premières planches à laver métalliques rainurées ont été brevetées en 1833 par l’inventeur américain Stephen Rust, originaire de Manlius, dans l’État de New York. Les rainures, qu’elles soient en métal, en verre ou en bois, offraient aux femmes une surface rugueuse sur laquelle frotter les vêtements mouillés et savonneux dans l’espace restreint d’une cuve galvanisée. Aucun additif pour savon n’était nécessaire ; il suffisait de frotter vigoureusement pour éliminer physiquement la saleté des vêtements. J’ai mal aux bras rien qu’à l’idée de devoir laver une machine entière.
16. Les tapis étaient battus, pas aspirés
En l’absence d’aspirateur, on sortait les grands tapis, on les étendait sur une corde à linge ou on les drapait sur une clôture. On utilisait ensuite une raquette plate en rotin, en osier ou en fil de fer pour frapper le tapis à plusieurs reprises, afin d’en déloger la poussière et les grains de sable que le balayage ordinaire ne parvenait jamais à éliminer.
17. Le kérosène éclairait la pièce, mais pas de manière uniforme
Ce n’est qu’en 1854, lorsque le géologue et chimiste canadien Abraham Gesner fit breveter la distillation du kérosène, qu’un combustible pétrolier propre vint remplacer ces bougies de suif peu pratiques et cette huile de baleine coûteuse. Dans la lampe, une mèche en coton absorbait le combustible liquide et le faisait monter jusqu’à la flamme à l’intérieur d’un conduit en verre, ce qui contribuait à protéger la lumière des courants d’air tout en améliorant la circulation de l’air. Elle n’était toutefois pas encore sans fumée. Une mèche terne ou une huile de mauvaise qualité noircissait les murs de n’importe quelle pièce en un rien de temps.
18. Le fourneau était le véritable moteur de la maison
Toutes les tâches ménagères évoquées ailleurs dans cette visite guidée de la maison — chauffer l’eau, réchauffer les fers à repasser, préparer les repas — reposaient sur un seul élément : un poêle en fonte. Pour le faire fonctionner, il fallait l’alimenter en bois ou en charbon, vider ses cendres et manipuler les registres, ces petits orifices qui s’ouvraient et se fermaient pour réguler le flux d’air vers le feu. Ce n’était pas automatique. Il nécessitait une intervention humaine constante tout au long de la journée.
19. Le stéréoscope donnait un effet 3D à des cartes plates
En 1861, le médecin et écrivain américain Oliver Wendell Holmes a mis au point un stéréoscope portable et léger, un appareil permettant de fusionner deux photographies à plat en une seule image en trois dimensions. Il suffisait de tenir devant les deux lentilles une carte sur laquelle étaient imprimées deux photographies pour créer cette illusion sous un éclairage intérieur normal. Cet appareil a connu un grand succès au cours des décennies suivantes, où il était considéré comme une curiosité de salon.
20. La manivelle de la Victrola ne faisait pas jouer la musique
En août 1906, la Victor Talking Machine Company a commercialisé la Victrola, un tourne-disque à pavillon intégré. Il fallait tourner une manivelle à l’extérieur pour remonter un ressort en acier situé à l’intérieur. Une fois relâché, c’était le ressort, et non la main de l’utilisateur, qui continuait à entraîner le plateau tournant à une vitesse constante, tandis qu’une aiguille en acier suivait le sillon, produisant un son qui remontait le long du pavillon interne. Personne ne tournait la manivelle de la Victrola pendant la lecture d’un disque.
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