J’adore vraiment tomber sur une demande en mariage créative et soigneusement mise en scène lorsque je fais défiler mon fil d’actualité. Cela me rappelle à quel point l’amour fait encore tourner le monde, et mon algorithme a bien compris que je regarderai une vidéo de demande en mariage jusqu’au bout s’il y a la moindre chance d’y voir une belle réaction. J’apprécie particulièrement celles qui semblent personnelles, plutôt que copiées telles quelles depuis le tableau Pinterest de quelqu’un d’autre. Cela m’a donné envie de savoir à quoi ressemblait cette « touche personnelle » avant que les bagues en diamant ne deviennent un élément incontournable des fiançailles. Sans surprise, l’histoire regorgeait d’idées originales. En voici 20 !
1. À Rome, on a mis la bague au mauvais doigt exprès
Les Romains croyaient qu’une veine appelée « vena amoris » reliait directement le quatrième doigt au cœur, ce qui a contribué à conférer à ce doigt sa signification romantique. Il n’y avait qu’un seul problème : cette veine n’existe pas. Ce qui était bien réel, en revanche, c’était la tradition romaine des fiançailles. Les Romains prenaient un engagement civil ferme, garanti par un acompte et confirmé par une simple bague en fer appelée « annulus pronubus ». Ainsi, au-delà du symbolisme romantique, toute cette histoire reposait en réalité sur des formalités administratives et un dépôt d’argent. Les premiers Romains choisissaient le fer pour symboliser la modestie plutôt que l’extravagance.
2. Le cadeau de demande en mariage idéal aux Fidji n’a pas été acheté. Il a été trouvé !
Chez les Fidjiens traditionnels, offrir un tabua constituait le geste ultime de respect de la part d’un prétendant. Un tabua est une dent de cachalot polie, fixée à un cordon tressé en fibre de noix de coco. Le tabua est apprécié pour le mana, c’est-à-dire le pouvoir spirituel et le prestige, qu’il représente. Les Fidjiens ne pratiquaient pas activement la chasse à la baleine, mais comptaient sur les échouages ou le commerce avec les Tonga, ce qui rendait certainement l’acquisition d’un tabua bien plus compliquée que de se rendre simplement dans une bijouterie. Ainsi, offrir un tabua était une véritable preuve de dévotion.
3. L'anneau puritain en forme de dé à coudre est un mythe pour lequel il n'existe aucune trace écrite
Les couples puritains de la Nouvelle-Angleterre coloniale évitaient en réalité les bijoux et s’échangeaient de simples dés à coudre pendant leurs fiançailles, en gage de leur nature industrieuse et modeste. Une légende du XIXe siècle affirmait que le haut du dés à coudre était scié et porté comme alliance. Bien que cette légende reste répandue, aucun document écrit du XVIIe siècle ne vient étayer cette affirmation, et aucun dés à coudre modifié de cette époque n’a jamais été retrouvé.
4. Les fiançailles juives étaient scellées par une assiette, et non par une bague
Depuis le Moyen Âge, les couples juifs ashkénazes officialisent leurs fiançailles en rédigeant, en présence de témoins, un contrat appelé « Tna’im », qui décrit les dispositions financières et domestiques. Le contrat est conclu lorsque les deux mères brisent une assiette, ce qui rend le caractère définitif de l’accord difficile à ignorer. (Ce geste diffère de celui consistant à briser un verre sous la « chuppah », ou dais nuptial, lors de la cérémonie de mariage proprement dite.)
5. Des futurs mariés coréens ont reçu une demande en mariage avec une oie vivante
Autrefois, les oies étaient offertes en cadeau de fiançailles, car on croyait qu’elles restaient ensemble toute leur vie. Sous la dynastie Joseon, le rite de fiançailles, appelé « Jeonanrye », prévoyait notamment d’offrir une oie sauvage à la mère de la future mariée. C’était là l’engagement du futur marié à rester fidèle à la famille de la future mariée jusqu’à la fin de ses jours. Plus tard, les couples ont remplacé l’oie par une oie sculptée dans le bois, ce qui a sans doute considérablement facilité le déplacement pour aller rencontrer la famille de la mariée.
6. Cette bague s'est fendue en deux jusqu'au jour du mariage
En 1648, le poète Robert Herrick a écrit un poème sur les bagues « gimmal », très en vogue en Europe au XVIe et au XVIIe siècle. Ces deux anneaux entrelacés pouvaient être séparés en deux bagues distinctes, que les fiancés portaient pendant leurs fiançailles, puis réunis le jour de leur mariage pour former une seule bague que portait la mariée. On ne peut nier qu’ils avaient bien saisi la symbolique de cette tradition.
7. En Chine, les fiançailles impliquaient d'envoyer un panier garni complet au domicile de la famille de la jeune fille
En Chine, le « Guo Cai », ou « cadeaux de fiançailles », est une coutume traditionnelle qui remonte à la dynastie Han. À cette époque, la famille du marié offrait des paniers remplis d’enveloppes rouges, de thé et de gâteaux en gage d’engagement. La famille de la mariée rendait ensuite des cadeaux, appelés « Hui Li », qui scellaient l’union des deux familles.
8. Le mot « mariage » vient d'un dépôt en espèces
Au moment des fiançailles, en présence de témoins, le futur marié devait remettre un « wed » — une caution ou un gage — au tuteur de la future mariée, afin de garantir sa sécurité financière. Ces contrats civils étaient appelés « weddung ». La loi du roi Knut, rédigée vers 1020 après J.-C. dans l’Angleterre anglo-saxonne, décrivait ce processus. Ce mot peut sembler bien plus romantique aujourd’hui, mais notre utilisation du terme « mariage » conserve ce concept de caution.
9. La « Trick Cup » de Nuremberg : pour qu'un couple puisse trinquer en même temps
Le « Jungfrauenbecher » est un ensemble de deux coupes réalisées par un orfèvre de Nuremberg au XVIe siècle. La coupe du bas a la forme d’une jupe, tandis que la petite coupe du haut pivote sur un axe, ce qui permet à deux personnes de trinquer pour sceller leurs fiançailles sans renverser une goutte. Je dirais même que réussir à faire fonctionner cet objet à deux constituait déjà un bon test de compatibilité.
10. Le « mahar » bédouin appartenait à la mariée, et à personne d’autre
Lors d’un fiançailles traditionnelles bédouines, ou « khitbah », le futur marié doit apporter une dot (le « mahr ») sous forme d’animaux, de bijoux ou de pièces d’or. Selon la coutume et la loi islamique, cette dot appartient exclusivement à la future mariée (et non à son père ni à sa famille). Ensuite, a lieu une cérémonie appelée « Lailat al-Henna », ou « Nuit du henné », au cours de laquelle des symboles protecteurs sont dessinés sur les pieds et les mains de la future mariée.
11. À Athènes, le mariage commençait par une déclaration officielle
Les discours juridiques de l’Athènes antique, notamment « Contre Léocharès » de l’orateur Démosthène, fournissent des descriptions détaillées d’un événement au cours duquel le père de la mariée (ou tout autre tuteur légal) concluait un mariage, ou « eggye », avec le marié, en présence de témoins. Sans cet accord préliminaire, il n’y avait pas de mariage dans l’Athènes classique. Lors de l’« eggye », la femme était fiancée dans le but de donner naissance à des enfants légitimes, et sa dot était fixée. L’amour romantique avait ici une sérieuse concurrence administrative !
12. Un prétendant gallois a dû prouver qu'il savait sculpter sur bois
Les cuillères d’amour, ou « llwyau garu » en gallois, étaient traditionnellement sculptées dans un seul morceau de bois par de jeunes hommes afin de démontrer à la fois leur habileté et la sincérité de leurs intentions lorsqu’ils courtisaient une jeune fille. Les fleurs se fanent, mais une cuillère bien sculptée parle d’elle-même. Bon nombre des motifs utilisés avaient une signification précise ; une serrure symbolisait la sécurité, par exemple, tandis qu’un fer à cheval représentait la chance. La plus ancienne cuillère d’amour datée dont on ait connaissance remonte à 1667 et est exposée au Musée national d’histoire de St Fagans. Les folkloristes ont également suggéré un lien entre les cuillères d’amour et le terme « spooning » (se blottir), utilisé dans le contexte de la cour, bien que cela ne soit pas prouvé.
13. En Thaïlande, la dot se mesurait en grammes d'or
Cela peut paraître un peu étrange, mais en Thaïlande, l’or des fiançailles n’est pas destiné à embellir, mais sert de preuve concrète de la stabilité financière. Le cadeau de fiançailles se compose de bijoux en or pur à 24 carats, mesurés en baht traditionnel (une unité d’or pesant environ 15,24 grammes). L’or est pesé en présence des familles concernées par le mariage, ce qui ne laisse guère de place à l’exagération quant à la valeur de ce que l’on apporte. Cela fournit une preuve tangible de la capacité financière du marié à subvenir aux besoins du foyer. Cette pratique s’appelle « Thong Mun », ce qui se traduit littéralement par « fiançailles en or ».
14. Cette bague cachait un poème d'amour que personne d'autre ne pouvait voir
Les bagues « posy » alliaient engagement public et dévotion privée. Du Moyen Âge jusqu’à une bonne partie du XVIIe siècle, ces bagues étaient portées dans toute l’Europe. Les anneaux en or et en argent semblaient simples à l’extérieur, mais portaient à l’intérieur de courts distiques poétiques rimés. Exprimant souvent des sentiments religieux ou romantiques, ces inscriptions n’étaient visibles que par la personne qui portait la bague. Une déclaration d’amour secrète que l’on ne risquait pas de perdre par inadvertance dans un tiroir avait un charme certain.
15. Les fiançailles japonaises reposaient sur des nombres impairs porte-bonheur
Lors de la cérémonie de fiançailles « Yui-no » au Japon, les couples s’échangent des cadeaux symboliques. Parmi ceux-ci figurent des objets appelés « Shiraga » (fabriqués à partir de fil de chanvre, qui symbolisent le fait de vieillir ensemble) et « Suehiro » (des éventails pliants représentant un avenir prospère). Présentés en lots de nombres impairs porte-bonheur, généralement 5, 7 ou 9, et noués avec des cordons décoratifs appelés « mizuhiki », l’ensemble complet est échangé entre les familles avant le mariage.
16. Édimbourg a vendu des jetons de fiançailles depuis des étals fermés du marché
La broche « luckenbooth » est une broche écossaise en argent, souvent ornée de cœurs surmontés d’une couronne. Ces broches étaient vendues dans les étals fermés à clé situés près de la cathédrale Saint-Gilles d’Édimbourg dès le XVIIe siècle et servaient de gages d’amour ou de fiançailles. Leur motif est traditionnellement associé à Marie, reine d’Écosse, et à son époux, lord Darnley, mais tous les exemplaires qui subsistent aujourd’hui datent du XVIIe siècle ou d’une époque postérieure.
17. Un bijoutier parisien a écrit le mot « Dearest » avec des pierres précieuses
Jean-Baptiste Mellerio, un joaillier installé à Paris, a popularisé les bagues acrostiches au début du XIXe siècle. Une bague acrostiche comportait une rangée de diamants, d’émeraudes, d’améthystes, de rubis, d’émeraudes, de saphirs et de topazes (D-E-A-R-E-S-T, en utilisant la première lettre de chaque pierre précieuse), ce qui doit être l’une des façons les plus coûteuses de l’histoire d’épeler un mot de sept lettres. Les acheteurs obtenaient à la fois un bijou d’une excellente facture et un message d’amour caché, le tout en un seul objet.
18. Les fiançailles à l'essai avaient leurs propres bagues
Avant que les futures mariées ne se mettent à comparer le nombre de carats et à admirer l’éclat de leur bague au doigt, certains couples utilisaient des bagues en jonc pour sceller leur union — ou du moins une version temporaire de celle-ci. Ces bagues étaient confectionnées à la hâte à partir de joncs, de feuilles ou d’herbe ; elles étaient donc évidemment moins résistantes que les bijoux en métal. Alors, pourquoi choisir une bague en jonc ? Eh bien, dans l’Europe médiévale, les gens utilisaient parfois une bague en jonc pour un mariage à l’essai avant de se lancer dans un mariage religieux officiel.
19. Des prétendants italiens ont fait leur demande en mariage avec de magnifiques assiettes en céramique
Au lieu d’une bague, les femmes de la Renaissance italienne recevaient parfois une assiette peinte lorsqu’elles étaient courtisées. Ces assiettes, appelées « belle donne » (belles femmes), étaient ornées de peintures aux couleurs vives représentant une femme idéalisée, souvent accompagnée de son nom et du mot « bella », qui signifie « belle ».
20. Les cadeaux de fiançailles au Moyen Âge comprenaient parfois des ceintures raffinées
Les cadeaux de fiançailles pouvaient également être des objets à porter. En Italie, au Moyen Âge et à la Renaissance, le futur marié pouvait offrir à sa future épouse des ceintures ou des ceinturons richement décorés. Un exemple italien qui nous est parvenu, datant approximativement de 1350 à 1400, est une ceinture en argent doré et émail, ornée de figures.
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