20 astuces ingénieuses utilisées pour protéger son domicile avant l’apparition des systèmes de sécurité modernes
On dirait qu’aujourd’hui, on dispose d’une multitude presque ridicule de moyens pour sécuriser nos maisons, et pourtant, les cambrioleurs parviennent toujours à trouver le moyen de s’introduire chez nous. On a des caméras, des alarmes, des détecteurs de mouvement, des serrures connectées, des caméras intégrées aux sonnettes et des téléphones capables de nous avertir que quelqu’un se trouve devant la porte d’entrée alors qu’on est loin de chez soi. Je me demande comment les gens faisaient à l’époque où rien de tout cela n’existait. Est-ce qu’ils dormaient simplement avec un œil ouvert chaque nuit ? Les gens étaient tout aussi déterminés à protéger leur domicile ; ils devaient simplement faire preuve d’un peu plus de créativité. Voici 20 méthodes ingénieuses utilisées par nos ancêtres pour protéger leur domicile avant que les alarmes modernes ne prennent le relais.
1. Les oies de Rome ont déjoué la garde cette nuit-là
Selon l’historien romain Tite-Live, l’alerte qui avertit le soldat romain Marcus Manlius d’une attaque furtive des Gaulois sur la colline du Capitole à Rome, vers 390 av. J.-C., provenait d’une source inattendue : des oies sacrées. Les oies ont une vue et une ouïe excellentes et sont extrêmement protectrices de leur territoire ; elles se mirent donc à cacarder et à battre des ailes, avertissant ainsi Manlius de la présence des Gaulois. Contrairement aux chiens, les oies ne peuvent pas être soudoyées avec de la nourriture, ce qui a certainement joué en faveur de Rome cette nuit-là.
2. Attention au chien, littéralement
Le couloir d’entrée d’une maison de ville romaine abritait un imposant chien de type mastiff, capable d’affronter tout visiteur qui parvenait à franchir la porte. Le chien était enchaîné, comme le montre la célèbre mosaïque CAVE CANEM (« Attention au chien »), qui représente une bête grognante. Elle a été préservée dans la Maison du Poète tragique à Pompéi après l’éruption du Vésuve en 79 après J.-C.
3. Le « spike » qui atterrit toujours la pointe vers le haut
À l’origine, le caltrop était une arme utilisée sur les champs de bataille. Les propriétaires fonciers prudents en semaient le long des allées et aux abords de leur propriété. Fabriqué en fer, il comportait quatre pointes et tombait toujours avec une pointe dirigée vers le haut, prêt à transpercer la chaussure ou le pied nu de tout intrus avant même qu’il n’ait eu le temps d’atteindre la porte d’entrée.
4. L’« alarme ninja » que personne n’a jamais construite
Les planchers du château de Nijō à Kyoto, construit en 1603, sont réputés pour le grincement qu’ils produisent sous les pas. La légende raconte que les shoguns les auraient conçus pour alerter le palais de la présence de ninjas intrus, mais des études et des sources historiques suggèrent que ce bruit résulte simplement du frottement entre des clous en fer et des agrafes métalliques en forme de V inversé. Au fur et à mesure que le bois du château vieillissait, ce frottement a donné naissance à un système de sécurité efficace, bien qu’involontaire.
5. Ce qui tombait réellement des « murder holes »
Vous avez sans doute déjà vu dans des films des scènes où des défenseurs déversent de l’huile bouillante sur des assaillants. Il s’agit là en grande partie d’un mythe, car l’huile était très chère et il était plus judicieux de la conserver pour l’alimentation et le chauffage. Du XIe au XVe siècle, les châteaux et les manoirs étaient parfois dotés de ce qu’on appelait des « meurtrières », c’est-à-dire des ouvertures dans les plafonds voûtés des passages menant aux portes d’entrée, permettant aux défenseurs postés à l’étage de faire tomber de grosses pierres, du sable chaud, du goudron ou de l’eau bouillante sur les assaillants.
6. Une porte qui pesait des tonnes et s'est effondrée en quelques secondes
Une herse était une lourde porte constituée d’un treillis de poutres de chêne recouvertes de fer, pesant parfois plusieurs tonnes. Lorsque le frein du treuil était relâché, elle s’abattait sous l’effet de la gravité à travers une rainure creusée dans les murs de pierre du donjon et fermait l’entrée en quelques secondes. Ces herse, souvent pointues à leur extrémité inférieure, ont été utilisées pendant des siècles dans les châteaux et les manoirs fortifiés.
7. La porte qui était en réalité le mur
Certaines anciennes portes d’entrée étaient verrouillées de l’intérieur à l’aide d’une énorme poutre en bois qui coulissait depuis une rainure creusée dans le mur jusqu’à une encoche située de l’autre côté. Les profondes rainures creusées dans la maçonnerie, encore visibles à côté des portes qui ont survécu, constituent des indices historiques attestant que ces poutres, parfois renforcées de fer, étaient utilisées de cette manière. Dans un tel système, l’énergie générée par une effraction était directement transférée à la maçonnerie, de sorte que pour s’introduire à l’intérieur, il fallait non seulement enfoncer la porte, mais aussi percer le mur lui-même.
8. Des clous et des épingles enfouis pour piéger une sorcière
Entre le XVIIe et le XIXe siècle, les propriétaires britanniques et ceux des colonies américaines cachaient sous leurs foyers, leurs seuils de porte ou leurs rebords de fenêtre des bouteilles en verre ou en grès remplies d’épingles, de clous en fer et de matières organiques, comme moyen de protection populaire contre les sorcières et autres menaces surnaturelles. Les archéologues ont mis au jour des dizaines de « bouteilles de sorcières » intactes comme celles-ci.
9. Le mur qui fait reculer
Au cours des XVIIIe et XIXe siècles, les constructeurs mélangeaient des morceaux de bouteilles en verre brisées à du mortier de chaux humide, qu’ils utilisaient pour recouvrir le sommet des murs d’enceinte. Une fois durci, le mortier formait une surface aux arêtes acérées comme des lames de rasoir, capable de lacérer quiconque tentait de l’escalader sans outils ni protection.
10. Des cages en fer qui laissent passer la lumière
Les « rejas », de lourdes grilles ou cages en fer forgé, recouvraient les fenêtres du rez-de-chaussée des demeures coloniales espagnoles. Elles permettaient d’empêcher les intrus d’entrer, tout en laissant passer librement la lumière et l’air. Du XVIe au XIXe siècle, les forgerons forgeaient ces rejas à la main et les fixaient solidement dans la maçonnerie entourant les fenêtres.
11. La serrure qui punissait une mauvaise réponse
Du XVIe au XVIIIe siècle, des serruriers européens installés dans des villes telles que Nuremberg et Augsbourg forgeaient à la main des serrures en fer aux mécanismes complexes, conçues pour compliquer la tâche à quiconque ne connaissait pas leurs astuces. Certaines comportaient de fausses serrures dissimulées sous des plaques décoratives ou de faux rivets, tandis que d’autres étaient dotées de goujons à ressort qu’il fallait enfoncer dans le bon ordre pour dévoiler la véritable serrure. Si quelqu’un trouvait la mauvaise serrure et y insérait une clé, celle-ci se bloquait.
12. Si tu t'agrippes à ce mur, tu vas tomber
Le sommet des murs de certains domaines des XVIIIe et XIXe siècles était orné de barres de fer hérissées de pointes, montées sur un axe mobile qui leur permettait de tourner librement. Les pointes rendaient déjà l’escalade suffisamment difficile, mais lorsqu’un grimpeur s’agrippait à la barrière, son poids faisait tourner l’axe et ses mains pouvaient glisser et lâcher prise.
13. L'arme qui tirait toute seule, jusqu'à ce que le Parlement dise « non »
Des pièges à ressort meurtriers, composés d’armes à silex ou à percussion fixées à des pivots et déclenchées automatiquement par un fil-piège, ont été utilisés tout au long du XVIIIe siècle et au début du XIXe siècle en Grande-Bretagne. Le problème était qu’un fil-piège ne pouvait pas vraiment faire la différence entre un intrus et un domestique. Après que ces pièges eurent fréquemment blessé par accident des domestiques ou d’autres passants, le Parlement britannique adopta en mai 1827 la loi sur les fusils à ressort (Spring Guns Act), qui en limitait l’utilisation à l’extérieur.
14. Après l'interdiction, le bruit est resté, mais sans la balle
Après que les armes à ressort mortelles eurent été interdites à l’extérieur, les inventeurs du milieu du XIXe siècle mirent au point un pistolet d’alarme tirant à blanc. Fabriqué en fer massif ou en laiton, doté uniquement d’une chambre pouvant accueillir une cartouche à blanc ou une charge de poudre noire, et dépourvu de canon pour propulser un projectile, ce pistolet d’alarme était déclenché par un fil-piège. Cela actionnait un chien à ressort qui frappait l’amorce et produisait un grand bruit, dans le seul but de réveiller les occupants de la maison plutôt que de tirer un coup de feu.
15. Le hochet qui a réveillé tout le quartier
Aux XVIIIe et XIXe siècles, les veilleurs de nuit et les propriétaires pouvaient donner l’alerte à l’aide d’un simple hochet en bois dur. Lorsqu’on le secouait, la languette en bois dur venait frapper une roue dentée crantée, produisant un bruit de cliquetis puissant qui pouvait être entendu à plusieurs pâtés de maisons à la ronde, ce qui permettait de mobiliser les voisins et le veilleur de nuit sur les lieux de l’incident.
16. Des cloches qui sonnaient sans pile
Dans les foyers des XVIIIe et XIXe siècles, le système d’alarme anti-effraction d’une maison pouvait fonctionner de manière entièrement mécanique : de fins fils de cuivre ou de fer étaient tendus en travers des portes et des fenêtres et reliés, via des poulies en laiton et des passages dissimulés dans les murs, à la chambre principale, où un percuteur à ressort faisait retentir une cloche d’alarme en laiton dès qu’un fil était sectionné, et ce jusqu’à ce que quelqu’un vienne vérifier ce qui s’était passé.
17. La serrure qui a dénoncé le voleur
La serrure à détecteur, inventée par le serrurier britannique Jeremiah Chubb, ne se contentait pas de résister au crochetage ; elle pouvait également signaler à son propriétaire qu’une tentative de crochetage avait eu lieu. Cette serrure reposait sur un système à leviers et goupilles. Si un levier était soulevé trop haut par un crochet, un levier de détection déclenchait un loquet à ressort, bloquant complètement le pêne dormant. Une fois déclenché, la serrure ne s’ouvrait plus même avec la clé d’origine, ce qui indiquait au propriétaire qu’elle avait été forcée. Chubb fit breveter cette serrure le 3 février 1818, à la suite d’un cambriolage survenu au chantier naval de Portsmouth. Elle resta inviolée jusqu’en 1851, date à laquelle le serrurier américain Alfred Charles Hobbs parvint enfin à la forcer lors de la Grande Exposition.
18. Pope l'a inventé, Holmes l'a vendu
Augustus Russell Pope, de Somerville, dans le Massachusetts, s’est vu attribuer le brevet américain n° 9 802 pour une alarme domestique électromagnétique le 21 juin 1853. L’ouverture d’une porte ou d’une fenêtre protégée fermait un circuit alimenté par une pile, ce qui activait alors un électroaimant qui frappait à plusieurs reprises une cloche en laiton. Bien que l’appareil original ait été construit par Pope, l’homme d’affaires Edwin Holmes acheta les droits sur ce dispositif en 1857 et transforma ce brevet en une activité commerciale florissante à Boston et à New York.
19. Un homme transforme des systèmes d'alarme en réseau
Par la suite, les alarmes domestiques ont également pu alerter une personne se trouvant à l’extérieur de la maison. Des capteurs installés sur les portes ou les fenêtres étaient reliés, par des câbles aériens, à une centrale de surveillance fonctionnant 24 heures sur 24. Lorsqu’un contact était rompu, cela s’affichait sur un téléscripteur dans la centrale, et un opérateur se précipitait sur les lieux de l’incident. La première station centrale de surveillance d’alarmes fut ouverte à New York en 1877 par Edwin Thomas Holmes, fils d’Edwin Holmes, l’homme d’affaires qui avait commercialisé l’alarme domestique électromagnétique plusieurs décennies auparavant. Le système reposait sur un dispositif de borne d’appel télégraphique inventé par Edward Calahan et breveté en 1871.
20. Le coffre-fort qui a riposté
Des années 1920 aux années 1950, certains fabricants de coffres-forts installaient, derrière la gâche de la porte du coffre-fort, des ampoules en verre scellées remplies de chloroacétophénone sous pression, également connu sous le nom de gaz lacrymogène CN. Si un cambrioleur tentait de percer, de frapper ou de faire sauter le mécanisme de serrure, il risquait de briser l’ampoule et de libérer le gaz, ce qui l’aurait temporairement aveuglé et neutralisé.
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