La police régionale de Peel a inculpé un ancien commandant de bord d'Air Canada après que les enquêteurs ont conclu qu'il avait piloté pendant des années des avions de ligne sans être titulaire de la licence requise pour ce poste. La police a annoncé ces inculpations le 9 juin dans le cadre d'une enquête baptisée « Projet Icarus », alléguant que Geoffrey Wall, un résident de Barrie, avait obtenu et utilisé frauduleusement des documents lui permettant d'exercer les fonctions de commandant de bord sur des centaines de vols nationaux et internationaux. Les enquêteurs affirment que ce stratagème présumé a duré des années avant que Transports Canada ne découvre des irrégularités lors d'une évaluation à l'aéroport international Pearson de Toronto, ce qui a déclenché une enquête réglementaire puis, finalement, une enquête criminelle.
Selon la police, M. Wall a travaillé pour Air Canada pendant 27 ans et a occupé le poste de commandant de bord pendant environ 17 de ces années. Au cours de cette période, les enquêteurs affirment qu'il a commandé plus de 900 vols transportant des dizaines de milliers de passagers à travers le Canada et dans le monde entier. La police estime qu'il a perçu plus de 2,9 millions de dollars de salaire pendant qu'il occupait ce poste. Les enquêteurs affirment que M. Wall ne possédait pas de licence de pilote de ligne (ATPL), la certification exigée par la réglementation canadienne pour les pilotes commandant de bord de gros avions commerciaux de passagers. La police a arrêté M. Wall le 1er juin et l'a inculpé de fraude de plus de 5 000 dollars, de méfait public et de plusieurs infractions liées à des documents.
Cette enquête et les détails qui l'entourent ressemblent à un scénario de film,
– Nick Milinovich, chef adjoint
Projet Icarus
L'enquête a débuté après que Transports Canada eut mené un examen réglementaire et alerté la police régionale de Peel plus tôt cette année. Le sergent-détective par intérim Chad Michell a déclaré aux journalistes que les autorités avaient d'abord remarqué des problèmes lors d'une évaluation opérationnelle à l'aéroport Pearson en mars 2025. Les enquêteurs ont identifié des anomalies concernant les documents d'agrément présentés lors de cet examen. La police a ensuite examiné les antécédents professionnels de M. Wall, ses qualifications et ses interactions avec les autorités de régulation. Cette enquête a finalement donné naissance au projet Icarus, une affaire qui, selon les autorités, a mis en lumière de graves failles dans la manière dont les qualifications professionnelles peuvent être falsifiées. M. Wall doit comparaître devant le tribunal dans le courant du mois de juin.
Une affaire sans précédent
Le chef adjoint Nick Milinovich a décrit ces allégations comme sans précédent dans l'histoire des enquêtes. La police accuse M. Wall d'avoir falsifié ses qualifications auprès d'Air Canada et de Transports Canada tout en prenant des mesures pour dissimuler cette prétendue supercherie. Les enquêteurs l'accusent en outre d'avoir déposé un faux rapport de police afin de dissimuler les questions entourant ses qualifications. Aucune de ces allégations n'a été prouvée devant les tribunaux. La police indique que l'affaire pénale est toujours en cours et que les enquêteurs continuent d'examiner les preuves recueillies au cours de cette longue enquête.
Air Canada a souligné que ces allégations ne signifiaient pas que M. Wall ne disposait d'aucune qualification de pilotage. La compagnie aérienne a précisé qu'il détenait une licence de pilote professionnel valide et qu'il avait suivi avec succès les formations périodiques requises tout au long de son emploi. Air Canada a déclaré que chaque pilote est soumis à des évaluations obligatoires tous les six mois, y compris des contrôles de vol annuels effectués par des pilotes de contrôle certifiés par Transports Canada. La compagnie aérienne a retiré M. Wall du service actif immédiatement après avoir découvert le problème de licence et a volontairement signalé l'affaire aux autorités fédérales de réglementation. Air Canada a depuis mené à bien un audit de son groupe de pilotes et affirme n'avoir trouvé aucun autre cas impliquant des problèmes de licence similaires.
Air Canada insiste sur le fait que la sécurité des passagers n'a jamais été compromise, M. Wall ayant démontré à plusieurs reprises sa capacité à piloter un avion en toute sécurité lors des exercices de formation obligatoires. Dans un communiqué, la compagnie aérienne a déclaré que le fait de posséder une licence appropriée était essentiel à la sécurité aérienne et a souligné qu'elle prenait ces allégations très au sérieux. Transports Canada a, de son côté, infligé une amende à M. Wall à la suite de son enquête. Le ministre fédéral des Transports, Steve MacKinnon, a déclaré qu'Ottawa examinerait l'affaire et apporterait des améliorations si nécessaire, tout en notant que les autorités de régulation avaient finalement détecté le problème présumé grâce aux mécanismes de surveillance existants.
Un nouveau revers pour Air Canada
Cette affaire survient alors qu'Air Canada fait l'objet depuis des mois d'une attention particulière concernant la sécurité aérienne et la surveillance. Bien que la police n'ait pas allégué que des accidents ou des blessures aient résulté de ce problème de licence, l'ampleur des allégations a attiré l'attention internationale. Les médias tant au Canada qu'aux États-Unis ont souligné le caractère inhabituel de l'enquête et le nombre de vols concernés. Les procureurs devront prouver le bien-fondé de leur dossier devant les tribunaux, mais le projet Icarus a déjà déclenché un débat plus large sur la manière dont les compagnies aériennes et les autorités de régulation vérifient les qualifications dans l'un des secteurs les plus réglementés du Canada.