Trump refuse d’accorder des visas à des responsables palestiniens pour l’Assemblée générale de l’ONU

Trump refuse d’accorder des visas à des responsables palestiniens pour l’Assemblée générale de l’ONU
Crédit: Getty Images

L'Assemblée générale annuelle des Nations unies se tiendra du 22 au 28 septembre à New York, dans l'État de New York, et s'accompagne d'une série de problèmes et de restrictions visant les responsables palestiniens. Le 16 septembre, un nouvel exemple est venu s'ajouter à la liste lorsque les États-Unis ont annoncé qu'ils n'accorderaient pas de visas aux responsables palestiniens devant se rendre à l'ONU. La Palestine bénéficie du statut d'observateur à l'ONU depuis 2012, et des responsables palestiniens ont assisté à toutes les Assemblées générales depuis son adhésion à l'organisation. Cette interdiction de visa imposée par les États-Unis fait écho à celle qui avait été mise en place en 2025 pour empêcher les responsables palestiniens de participer à l'Assemblée générale de l'année dernière. En 2025, les responsables palestiniens avaient été contraints de suivre la réunion en ligne, et il en ira de même en 2026.

Qui devait y participer ?

Le président palestinien Mahmoud Abbas prend la parole lors de la cérémonie de pose de la première pierre du Complexe de l'innovation et de l'excellence, dans la ville de Ramallah, en Cisjordanie, le 9 septembre 2026. (Photo de Zain JAAFAR / AFP via Getty Images)

Le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, dirigera la délégation palestinienne ; il sera accompagné d'environ 80 autres responsables, ainsi que de membres du personnel chargé de la communication et de la sécurité. Le président Mahmoud Abbas s'adresse à l'Assemblée générale des Nations unies depuis plus de 20 ans et est une figure plus que familière des conférences et réunions de l'ONU. Alors que le raisonnement de Donald Trump tentait de présenter Abbas comme un radical, la vérité est qu'il est, depuis deux décennies, une figure qui ne pose aucun problème à l'ONU. Cette année, il sera contraint de prononcer son discours par voie numérique.

[Ces sanctions] vont à l'encontre des efforts déployés pour rétablir la confiance, développer les relations palestino-américaines et créer le climat politique nécessaire à la mise en œuvre de la solution à deux États et à l'instauration de la paix et de la stabilité dans la région.

Ministère des Affaires étrangères de l'Autorité palestinienne

Pourquoi pas de visas ?

Selon le président américain Donald Trump, ni l'Autorité palestinienne (AP) ni l'Organisation de libération de la Palestine (OLP) n'ont respecté les engagements qu'elles avaient pris il y a plus de 20 ans dans le cadre des accords d'Oslo. L'AP et l'OLP ont toutes deux été contraintes de s'engager à reconnaître Israël en tant qu'État et à renoncer à tout acte de violence à son encontre. Il est largement établi que ces deux organisations ont été contraintes d'accepter ces engagements par crainte d'une invasion israélienne de la Palestine. Depuis 2002, elles ont toutes deux adopté une position politiquement et publiquement neutre vis-à-vis d'Israël, jusqu'à ce que ce dernier lance ses frappes sur Gaza en 2023.

Aujourd'hui, ces deux entités plaident publiquement en faveur d'une solution à deux États qui permettrait à la Palestine d'exister. Donald Trump a estimé que ce comportement constituait une violation de l'accord signé en 2002. Il accuse également ces deux entités de chercher à attirer l'attention internationale. L'Autorité palestinienne et l'OLP ont toutes deux rencontré l'ONU, la CPI et la CIJ au sujet des crimes de guerre bien documentés commis par Israël en Palestine. Selon Trump, ces deux groupes ont pris des mesures pour internationaliser le conflit israélo-palestinien. Trump a également accusé ces deux groupes de soutenir le terrorisme, parmi une multitude d'autres accusations. Le ministère des Affaires étrangères de l'Autorité palestinienne a réfuté les allégations portées contre lui par le Département d'État dans un communiqué publié le 16 septembre. Ce communiqué qualifiait les annulations de visas d'injustifiées et estimait que les relations entre les États-Unis et la Palestine étaient menacées.

En raison de leur incapacité à mener à bien les réformes, contrairement à leurs engagements envers les États-Unis, et de leurs activités persistantes qui compromettent les perspectives de paix, les États-Unis vont étendre les sanctions consistant à refuser des visas aux membres de l'OLP et aux responsables de l'Autorité palestinienne

Déclaration des États-Unis

Trump a raison lorsqu'il affirme que l'Autorité palestinienne et l'OLP se disputent l'attention de la CIJ. Le seul problème, c'est qu'elles ont presque certainement raison d'agir ainsi. La Cour pénale internationale a accusé Netanyahou de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité commis lors des attaques israéliennes sur Gaza et la Palestine. Le mandat d'arrêt, émis le 21 novembre 2024, comprend des allégations de meurtre, de persécution, ainsi que le recours à la famine comme méthode de guerre. L'Autorité palestinienne et l'OLP travaillent en étroite collaboration avec l'ONU et la CPI pour dénoncer les crimes d'Israël dans le pays, alors que les journalistes sont pris pour cible par Israël.

L'ONU va voter sur une résolution relative aux visas

ROME, ITALIE – 22 JUIN : Le drapeau de l'ONU flotte au sommet du siège du Programme alimentaire mondial lors de la visite du pape Léon XIV, à Rome, en Italie, le 22 juin 2026. (Photo de Riccardo De Luca/Anadolu via Getty Images)

Selon CNN, l'Assemblée générale des Nations unies devrait voter le 17 septembre sur un projet de résolution visant à permettre à Abbas de s'adresser à l'assemblée à distance, ont déclaré au New York Times deux responsables au courant du vote prévu. L'année dernière, Abbas s'était adressé à l'assemblée par vidéoconférence. Si l'ONU adopte une résolution autorisant Abbas et les responsables palestiniens à se rendre à l'Assemblée, les États-Unis seraient alors contraints soit d'autoriser l'entrée des délégués sur leur territoire, soit de risquer que l'événement soit déplacé vers un pays neutre.