Trump menace le Canada de tarifs sur les avions: Choc pour le titre de Bombardier
Donald Trump a annoncé qu’il était prêt à imposer au Canada des droits de douane de 50 % sur les avions vendus aux États-Unis par les constructeurs canadiens, notamment Bombardier. Trump a affirmé que le Canada refusait de certifier une série d’avions Gulfstream et qu’en représailles, Trump allait retirer la certification de leurs Bombardier Global Express et de tous les avions fabriqués au Canada.
Trump a déclaré qu’il appliquerait ces droits de douane jusqu’à ce que le Canada recertifie les avions. Après l’annonce de Trump, l’action Bombardier a chuté de près de 10 %, plongeant l’entreprise dans le choc.
Publication sur Truth Social
Selon le message publié par Trump sur les réseaux sociaux, le Canada a refusé de certifier les jets Gulfstream 500, 600, 700 et 800 destinés à la vente au Canada, une gamme d’avions d’affaires privés. Les G700 et G800 sont de nouveaux jets de Gulfstream, le G800 ne devant être commercialisé qu’à partir de 2021.
Le message de Trump est la seule preuve que le Canada n’a pas certifié ces jets. Il n’y a eu aucune déclaration officielle du ministère canadien des Transports, ni de Bombardier et Gulfstream. Le secrétaire américain aux Transports, Sean Duffy, a republié une image du message sur Twitter, mais n’y a ajouté qu’un drapeau américain et deux emojis représentant des avions.
Conséquences de la décertification
La décertification d’un avion par un organisme national de réglementation tel que la FAA rendrait celui-ci incapable de voler légalement dans ce pays. Dans ce cas, si la FAA déréglemente les avions fabriqués au Canada, ceux-ci ne pourraient plus voler aux États-Unis.
Il y a actuellement des milliers d’avions fabriqués au Canada qui volent aux États-Unis. Les avions de la série Bombardier Challenger sont très utilisés aux États-Unis, et l’Airbus A220 est régulièrement utilisé par Delta et JetBlue. Il existe également des centaines d’avions de la série LearJet de Bombardier utilisés comme avions privés aux États-Unis, qui risquent également d’être décertifiés.
Chute du cours de l'action Bombardier
À l’ouverture de la bourse le 30 janvier, le cours de l’action Bombardier avait chuté de 5 %. Au cours de la journée, il a chuté jusqu’à 9 % avant de rebondir avant la clôture des marchés, terminant avec une différence de 6 % par rapport à son cours d’ouverture.
La baisse de 6 % de Bombardier représente une perte potentielle d’un milliard de dollars américains. Bombardier a déclaré un chiffre d’affaires d’un peu moins de 9 milliards de dollars américains en 2024. La société est estimée à 22 milliards de dollars américains.
Impact sur les États-Unis
Si tous les avions fabriqués au Canada étaient décertifiés, plusieurs compagnies aériennes américaines en souffriraient. JetBlue et Delta Airways dépendent fortement des avions Bombardier pour leurs vols nationaux.
La Maison-Blanche a fait une déclaration à Reuters le 30 janvier, affirmant que la décertification n’affecterait pas les avions actuellement en service, mais on ne sait pas comment la FAA pourrait décertifier des avions actuellement en service et destinés à la vente.
Pour retirer la certification des avions, il faudrait invoquer une raison (manœuvres politiques passées) pour les juger dangereux. Les avions et les pièces aérospatiales ont largement échappé au pire de la guerre commerciale menée par Trump aux États-Unis, les avions fabriqués au Canada continuant d’être exportés au sud de la frontière.
Commentaires du Canada
Le ministère canadien des Transports n’a pas explicitement indiqué comment il comptait gérer la situation ; il attendait probablement que la colère de Trump s’apaise avant d’entamer les négociations.
Le ministre canadien des Transports, Steve MacKinnon, a publié un message sur Twitter indiquant qu’il était en contact avec le PDG de Bombardier et les hauts dirigeants de General Dynamics, propriétaire de Gulfstream.
Selon MacKinnon, le gouvernement canadien restera en contact étroit avec Bombardier et Gulfstream.
Commentaires de Carney
Mark Carney a fait des commentaires le 25 janvier, encourageant les dirigeants mondiaux à se soustraire aux pressions américaines. Cela fait suite à la menace de Donald Trump d’imposer davantage de droits de douane au Canada si celui-ci refusait de conclure un accord commercial avec la Chine.
Carney a refusé de conclure cet accord commercial, déclarant que le Canada ne conclurait pas d’accord de ce type avec la Chine ou toute autre économie non marchande. Carney a signé plusieurs accords avec la Chine au cours des deux derniers mois, un projet qui, selon lui, vise à rectifier certains des problèmes qui se sont développés entre les deux nations au cours des dernières années.