Québec 2026: L’IA s’invite dans la campagne électorale

Québec 2026: L’IA s’invite dans la campagne électorale
Crédit: Getty Images
  • L'IA reste étonnamment discrète dans la campagne.
  • Des millions de travailleurs québécois sont concernés.
  • L'État mise déjà sur l'intelligence artificielle.
  • Les enjeux humains et éthiques restent entiers.
  • Même les professions universitaires pourraient être transformées.

On parle d'économie, d'impôts, de services publics, de souveraineté et de coût de la vie. Mais une transformation est déjà en train de bouleverser le monde du travail et l'administration québécoise, et elle occupe étonnamment peu de place dans cette campagne: l'intelligence artificielle.

Le sujet n'est pourtant pas théorique. En 2024, environ 59% de la main-d'œuvre québécoise, soit quelque 2,7 millions de personnes, occupait un emploi présentant une haute exposition potentielle à l'IA. Attention, cela ne signifie pas que ces emplois sont appelés à disparaître. Plusieurs pourraient plutôt être transformés par la technologie.

L'État, lui, a déjà commencé à intégrer l'IA. Le gouvernement souhaite notamment améliorer les services, augmenter l'efficacité de l'administration et réduire certains coûts et délais. Mais sa propre stratégie soulève aussi des questions d'éthique, de protection des renseignements personnels, de responsabilité et d'accompagnement des travailleurs.

Alors pourquoi cet enjeu est-il si discret dans la campagne?

Parce qu'il touche quelque chose de beaucoup plus profond qu'une promesse électorale. Il touche la façon dont le Québec travaillera demain.

Et lorsqu'un gouvernement veut utiliser l'IA pour rendre l'État plus efficace, une question devient incontournable: jusqu'où peut-on automatiser sans perdre ce qui doit rester profondément humain?

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L'un des aspects les plus frappants est ailleurs. L'exposition à l'IA ne concerne pas uniquement les emplois répétitifs ou manuels. Elle touche aussi des professions qui exigent une formation universitaire.

Même les diplômés universitaires ne sont pas à l'abri

Selon les données de l'Institut de la statistique du Québec, la proportion de travailleurs occupant une profession hautement exposée à l'IA est particulièrement élevée chez les personnes détenant une formation universitaire.

Autrement dit, le diplôme ne constitue pas nécessairement un bouclier contre cette transformation.

Des tâches liées à l'analyse, à la rédaction, au traitement de l'information ou à certaines décisions professionnelles pourraient être profondément modifiées. Cela ne signifie pas que ces professions vont disparaître, mais leur façon de travailler pourrait changer rapidement.

Et c'est là que la campagne pourrait poser une question beaucoup plus dérangeante: sommes-nous réellement préparés à cette transformation?

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Qui sera prêt pour le marché du travail de demain?

Si l'IA transforme aussi des professions hautement qualifiées, la réponse politique ne peut pas simplement être de promettre davantage de technologie.

Il faudra parler de formation, de reconversion et d'adaptation. Il faudra aussi déterminer jusqu'où l'on accepte qu'une machine intervienne dans le travail d'un professionnel.

Car le véritable bouleversement pourrait être moins visible que la disparition d'un emploi. Un poste peut rester là, mais voir une grande partie de ses tâches confiées à une IA.

La question pour le prochain gouvernement devient donc beaucoup plus large: comment préparer les Québécois à un marché du travail où même les professions nécessitant des études universitaires pourraient être profondément transformées?

C'est peut-être l'un des grands débats de société que cette campagne n'a pas encore commencé.