QS présente son plan contre les tarifs douaniers de Trump

QS présente son plan contre les tarifs douaniers de Trump
Crédit: Facebook/Ruba Ghazal

Soutenir, riposter et bâtir: voilà ce sur quoi repose le plan de riposte de Québec solidaire (QS) face à la guerre commerciale du président américain Donald Trump. S'il est élu aux prochaines élections provinciales, le parti propose notamment d'augmenter le prix de l'électricité vendue par Hydro-Québec aux Américains ainsi qu'une aide aux entreprises baptisée «provision Trump».

À la dernière heure, le gouvernement fédéral a annoncé qu'il se retirait des négociations commerciales avec les États-Unis samedi. De nouveaux tarifs douaniers de 50% sur 28 milliards de dollars de produits canadiens sont désormais en vigueur.

«Ce matin, je vous le dis, moi, j'étais prête à faire une proposition en lien avec un autre sujet, a raconté la porte-parole de QS et aspirante première ministre devant la presse lundi à Montréal. Quand il y a eu la guerre tarifaire, très rapidement, on a compris l'urgence. On a travaillé très fort pour dire comment on peut aider les Québécois et Québécoises.»

Mme Ghazal propose ainsi la «provision Trump», soit une aide annuelle d'un milliard de dollars par an jusqu'en 2028 afin de prévoir les prochaines offensives américaines et de maintenir les emplois des entreprises touchées.

À cela s'ajouterait une augmentation des tarifs d'électricité d'Hydro-Québec à nos voisins du Sud. «Ça, c'est un levier puissant, extrêmement fort. On sait que Trump ne veut pas ça, puisqu'il exclut ça des négociations», a souligné Mme Ghazal.

Le parti de gauche compte également introduire un «nouveau pacte économique» pour le Québec. Cette nouvelle politique industrielle permettrait à l'État d'orienter les investissements publics et privés afin d'assurer la souveraineté économique de la province, la résilience de ses secteurs forts et l'émergence de filières d'avenir.

«Les travailleurs sont au centre de notre Nouveau Pacte économique. Fini l'époque des millions distribués à des entreprises qu'on voit ensuite s'envoler dans des délocalisations», a conclu Alexandre Leduc, député sortant et candidat solidaire d'Hochelaga-Maisonneuve, aux côtés de Mme Ghazal lundi.

«Face à l'incertitude imposée par l'administration de Donald Trump, le Québec ne peut plus se contenter de réparer les pots cassés et de tendre l'autre joue», a-t-elle lancé. Il est temps que l'économie soit au service de ceux et celles qui créent notre richesse: les travailleurs et les PME. Il est temps de changer de cap et de reprendre le contrôle.»

Pour l'indépendance du Québec

Le Québec serait mieux servi en défendant lui-même ses intérêts économiques devant Washington, selon Mme Ghazal. Elle donne l'exemple de la protection de la culture québécoise dans le cadre des négociations entre Ottawa et Washington, qui dépend de la stratégie du fédéral.

QS amènerait une «vaste» consultation de la population sur l'indépendance du Québec, et ce, malgré la guerre commerciale en cours. «Pour nous, l'indépendance du Québec, ça ne sera pas juste Québec solidaire qui va la faire, explique-t-elle. Ça va se faire par le peuple, pour le peuple. Et c'est important que la population soit à ce rendez-vous.»

Cette déclaration survient quelques jours après que le Parti québécois (PQ) a assuré qu'il tiendrait un référendum sur la souveraineté québécoise, mais seulement une fois que le président Trump quitterait la Maison-Blanche, soit en janvier 2029.

Une aide «insuffisante» de Québec

Selon Mme Ghazal, l'aide annoncée jusqu'à maintenant par le gouvernement Fréchette est «insuffisante». La première ministre Christine Fréchette a annoncé samedi deux nouveaux programmes destinés aux entreprises de la province afin de leur venir en aide à la suite de l'échec des négociations commerciales entre le Canada et les États-Unis, ainsi que l'imposition de droits de douane de 50% sur plusieurs produits par le président Donald Trump.

Les nouveaux droits de douane touchent 7,7 milliards $ d'exportations québécoises, ce qui représente plus de 9% des exportations québécoises vers les États-Unis, a rapporté Mme Fréchette.

«C'est colossal», a réagi la première ministre. Des entreprises nous ont confié déjà avoir commencé à perdre des contrats depuis cette nouvelle menace tarifaire en juillet. Certaines vont devoir ralentir leur production. Il y a des travailleurs qui vont peut-être voir leurs heures être réduites, d'autres risquent de perdre leur emploi.»

Le premier programme est destiné aux entreprises ayant un chiffre d'affaires entre un et deux millions de dollars. Il sera géré par les municipalités régionales de comté. Les entreprises exportatrices aux États-Unis, dont les produits sont visés par les droits de douane, ainsi que les fournisseurs et les sous-traitants seront admissibles à cette aide. Ces derniers pourront recevoir un prêt pouvant atteindre 150000 $.

L'autre programme vise les entreprises dont le chiffre d'affaires est supérieur à deux millions de dollars et dont les revenus sont considérablement réduits par des tarifs douaniers américains de 25% et plus sur les exportations canadiennes. Les entreprises pourront obtenir des liquidités pour maintenir leurs activités et bénéficieront d'un moratoire allant jusqu'à 24 mois pour le remboursement ainsi que d'un congé d'intérêts pendant 12 mois.

Les entreprises peuvent faire une demande auprès de ces programmes dès cette semaine.