Alors que Donald Trump perd en popularité et fait grimper la dette publique comme s’il s’agissait d’un sport de haut niveau, les candidats démocrates à travers le pays s’efforcent de nouer des relations avec le Premier ministre canadien Mark Carney.
Trump ne semblant pas disposé à mettre fin à sa guerre commerciale ni à admettre que ses droits de douane nuisent à l’économie, il semble que les démocrates se préparent à l’après-Trump en renforçant leurs liens avec le Canada. Mark Carney a rencontré en tête-à-tête trois des principaux candidats démocrates à l’élection de 2028 au cours du mois dernier, et selon le gouverneur de Pennsylvanie, Josh Shapiro, ces rencontres ne sont pas vaines.
Carney rencontre des démocrates américains
En mai et juin, Mark Carney a rencontré Pete Buttigieg, la sénatrice Elissa Slotkin (D-MI) et le gouverneur Josh Shapiro (D-PA). D’après une interview de Josh Shapiro, les deux hommes se sont rencontrés début juin, et ce qui devait être une brève discussion s’est transformé en une conversation de plus de 30 minutes. Au cours de cette rencontre, Shapiro a clairement indiqué qu’il partageait le point de vue de Carney sur la souveraineté canadienne et qu’il s’engageait à rétablir un accord commercial sans droits de douane entre la Pennsylvanie et le Canada.
Shapiro respecte la souveraineté canadienne
Je tenais vraiment à préciser que nous respectons la souveraineté canadienne et que nous entretenons également des relations commerciales : nos échanges, tant à l’exportation qu’à l’importation, s’élèvent littéralement à environ 14 milliards de dollars par an.
– Josh Shapiro
Shapiro se prépare à se présenter à la présidentielle
Shapiro devrait se présenter à la présidentielle de 2028, et en renforçant ses liens avec Carney et le Canada, il envoie un message aux électeurs potentiels : il n’est pas Donald Trump, et il n’est pas partisan des guerres commerciales.
Buttigieg et Slotkin, les deux autres personnalités avec lesquelles Carney s’est entretenu, ont également été cités comme candidats potentiels à la présidence pour 2028. Ces deux responsables politiques ont rencontré Carney au début du mois de mai afin de réaffirmer leur soutien à la souveraineté canadienne et de discuter de la voie à suivre après Trump.
Carney a pris contact avec Shapiro
Josh Shapiro a confirmé que c’était Carney qui l’avait contacté en premier au sujet d’une éventuelle rencontre. Selon Shapiro, cette rencontre ne devait durer que cinq minutes, mais elle s’est finalement prolongée pendant plus de 30 minutes.
Shapiro a reconnu être un admirateur du style de direction de Carney et a évoqué avec admiration le désormais célèbre discours de ce dernier sur les « puissances intermédiaires », prononcé à Davos.
Citation de Shapiro
J’ai trouvé que son discours sur les « puissances intermédiaires » était vraiment important, et même si je sais que le Canada cherche à contourner Donald Trump et son administration, nous avons tout de même discuté des moyens de collaborer pour renforcer l’économie tant du Canada que de la Pennsylvanie, et je pense qu’il est l’un des dirigeants mondiaux les plus réfléchis que nous ayons actuellement,
– Josh Shapiro
Carney ramène les libéraux vers le centre
Pour certains démocrates, Carney incarne des qualités qui, selon eux, se font de plus en plus rares dans la politique américaine. Carney s’est imposé comme un dirigeant attaché aux valeurs du centre.
C’est un capitaliste très traditionnel, peu idéologique, qui privilégie les discussions approfondies et la prise de décisions visant à assurer la stabilité économique. Depuis 2016, la politique américaine a pris un tournant dangereux vers des idéologies d’extrême droite et nationalistes, et la politique canadienne semblait suivre la même voie jusqu’à l’élection de Trump en 2024.
Après que Trump s’est révélé être un véritable autoritaire, les Canadiens ont rejeté le style « mini-Trump » de Pierre Poilievre et se sont réfugiés vers la sécurité : le centre.
Mark Carney s’est imposé comme l’homme idéal pour ce poste, alliant une politique conservatrice traditionnelle à l’empathie des libéraux. Il est tout à fait possible que le Parti démocrate se tourne vers Carney comme modèle de réussite.
Les démocrates ont peur des socialistes
L’ascension remarquée des sociaux-démocrates aux États-Unis occupe une place intéressante dans cette histoire. Les sociaux-démocrates ont récemment pris d’assaut les États-Unis.
La liste des succès de Zohran Mamdani à New York s’allonge de jour en jour, et les candidats socialistes remportent des victoires dans des circonscriptions traditionnellement démocrates à travers tout le pays.
Plusieurs candidats de gauche ont remporté les primaires du Congrès de 2026, avec le soutien de Mamdani. Alors que la politique fédérale bascule dangereusement vers la droite, la politique municipale et celle du Congrès semblent pencher vers la gauche.
Carney, une feuille de route
C’est une tendance qui inquiète certains démocrates, qui se considèrent comme idéologiquement centristes.
C’est là que Mark Carney offre une opportunité. En se présentant avant tout comme un homme raisonnable et constant, il trace la voie à suivre pour les démocrates centristes.
Loin de la politique passionnée, idéologique (et efficace) des sociaux-démocrates et des gauchistes, Carney incarne un conservatisme centriste à l’ancienne.
Le succès de Carney alimente les discussions parmi les stratèges démocrates à la recherche de candidats capables de séduire les électeurs modérés tout en conservant le soutien des électeurs traditionnels de centre-gauche.