Paramount surenchérit sur Netflix avec une offre de 31 dollars par action pour Warner Bros. Discovery
Paramount a pratiquement remporté la bataille pour le contrôle de Warner Bros. Discovery avec une offre de 31 dollars par action qui surpasse celle précédemment annoncée par Netflix, ouvrant la voie à une confrontation à haut risque autour de HBO, CNN et l’une des bibliothèques de contenus les plus précieuses d’Hollywood.
La proposition révisée introduit une prime financière claire et oblige le conseil d’administration de Warner à réévaluer son accord existant avec Netflix.
La bataille pour le rachat a également attiré l’attention des milieux politiques à la suite des commentaires de Donald Trump, tandis que le co-PDG de Netflix, Ted Sarandos, a insisté sur le fait que la transaction était strictement commerciale, déclarant :
« Il s’agit d’une transaction commerciale. Ce n’est pas une transaction politique. »
31 $ par action
Paramount a soumis une offre révisée de 31 dollars par action pour acquérir Warner Bros. Discovery, intensifiant ainsi la concurrence pour le contrôle d’un groupe médiatique qui comprend HBO, CNN et l’un des plus grands studios de cinéma et de télévision d’Hollywood.
La nouvelle proposition dépasse l’accord précédemment annoncé par Netflix à 27,75 dollars par action et met immédiatement la pression sur le conseil d’administration de Warner pour qu’il réévalue sa recommandation aux actionnaires. Selon des personnes proches des négociations, l’offre de Paramount comprend à la fois des espèces et des actions et est structurée de manière à offrir une prime claire par rapport aux conditions de Netflix.
Cette initiative intensifie la guerre des enchères qui s’est déroulée dans le contexte de la restructuration financière de Warner Bros. Discovery et de la consolidation accrue du secteur mondial du divertissement.
Une expansion stratégique
L’accord initial de Netflix évaluait Warner Bros. Discovery à environ 27,75 dollars par action dans le cadre d’une transaction plus large estimée à plus de 80 milliards de dollars en valeur d’entreprise.
L’accord proposé portait principalement sur les activités de studio et les actifs de streaming de Warner, notamment HBO et sa plateforme de diffusion directe aux consommateurs, tandis que certains actifs de télévision linéaire devaient être séparés. Netflix a présenté cette acquisition comme une expansion stratégique de sa bibliothèque de contenus et de sa portée mondiale. Le conseil d’administration de Warner avait approuvé la transaction avec Netflix, invoquant son ampleur et sa logique industrielle, avant que l’offre plus élevée de Paramount, à 31 dollars par action, ne présente une alternative financière nettement plus intéressante pour les actionnaires.
Rhétorique politique
La bataille pour le rachat s’est déroulée dans un contexte politiquement chargé. Donald Trump a publiquement critiqué Netflix et appelé à des changements dans la composition de son conseil d’administration, attirant l’attention nationale sur la transaction en cours.
Il a notamment exigé que Netflix révoque Susan Rice, membre du conseil d’administration, injectant ainsi une rhétorique politique dans ce qui avait été présenté comme une négociation commerciale.
Ces commentaires ont alimenté les spéculations selon lesquelles la surveillance réglementaire du secteur des médias pourrait interférer avec les débats partisans, d’autant plus que CNN, cible fréquente des critiques de Donald Trump, fait partie du portefeuille de Warner Bros. Discovery et passerait sous le contrôle d’un nouveau propriétaire si l’acquisition aboutissait.
Une transaction commerciale
Le co-PDG de Netflix, Ted Sarandos, a abordé directement la controverse dans une interview, rejetant l’idée que l’accord était motivé par des raisons politiques.
« Il s’agit d’un accord commercial. Ce n’est pas un accord politique. Cet accord est géré par le ministère américain de la Justice et les régulateurs européens et internationaux », a déclaré Sarandos lorsqu’il a été interrogé sur les commentaires de Trump.
Faisant référence aux publications de Trump sur les réseaux sociaux, il a ajouté : « Il aime beaucoup s’exprimer sur les réseaux sociaux. » Les remarques de Sarandos visaient à souligner que le processus d’acquisition est soumis à un examen réglementaire officiel et repose sur des considérations financières et stratégiques plutôt que sur des pressions politiques.
Une offre supérieure
Les dirigeants de Paramount ont également souligné que leur offre de 31 dollars par action reflète une discipline en matière d’évaluation et une stratégie de croissance à long terme.
Bien que la société n’ait pas divulgué publiquement tous les détails de la proposition révisée, les analystes notent que l’offre plus élevée de Paramount offre une prime immédiate aux actionnaires de Warner et pourrait contraindre Netflix à améliorer ses conditions s’il souhaite rester compétitif.
Le conseil d’administration de Warner Bros. Discovery est tenu d’évaluer si la proposition de Paramount constitue une offre supérieure au regard des termes de son accord existant avec Netflix, une décision qui pourrait donner lieu à de nouvelles négociations et à d’éventuelles contre-offres.
Une contre-offre
L’attention se porte désormais sur la question de savoir si Netflix répondra par une contre-offre ou s’il laissera Paramount maintenir son offre améliorée.
Dans le cadre actuel de la fusion, Warner pourrait devoir payer des frais de rupture s’il abandonne l’accord avec Netflix, bien que de tels frais soient courants dans les scénarios d’acquisition concurrentiels. Les investisseurs suivent de près les signaux envoyés par les deux soumissionnaires à mesure que le processus se déroule.
Si l’offre de Paramount à 31 dollars par action est acceptée, cela modifierait l’équilibre concurrentiel dans le domaine du streaming et des médias traditionnels. Si Netflix fait une contre-offre, la guerre des enchères pourrait s’intensifier, faisant grimper la valorisation de l’un des portefeuilles les plus convoités du secteur.