Une série d'apparitions publiques récentes du président Donald Trump a relancé le débat sur son état de santé et ses capacités cognitives, ses détracteurs, des experts médicaux et ses adversaires politiques mettant en avant plusieurs incidents qui, selon eux, témoignent d'une détérioration de son état de santé. La polémique a repris de plus belle à l'issue du sommet du G7 à Évian-les-Bains, en France, où une vidéo semblait montrer Trump s'éloignant brièvement de ses homologues avant d'être ramené vers le groupe. Alors que la Maison Blanche a balayé ces inquiétudes et affirmé que Trump restait en excellente santé, cet incident constitue un nouvel exemple prouvant le contraire.
Trump égaré
Les images du G7 semblaient montrer Trump s'éloignant d'un groupe de dirigeants lors d'un événement officiel. Le président a regardé autour de lui, l'air désorienté, avant d'être ramené vers le groupe. Il s'est alors retourné et a fait un signe de pouce levé en direction des caméras avant de rejoindre le groupe. Les utilisateurs des réseaux sociaux ont rapidement diffusé des extraits de ce moment, certains commentateurs suggérant que cela reflétait une confusion ou une désorientation. D'autres ont fait valoir que la vidéo était sortie de son contexte et qu'elle représentait un bref malentendu plutôt que la preuve d'un problème plus grave. Quelle que soit l'interprétation, ces images ont suscité un large débat car elles ont été filmées lors de l'un des rassemblements internationaux les plus suivis de l'année.
On pourrait peut-être justifier de faire passer le MoCA à quelqu'un une seule fois, simplement en raison de son âge, dans le cadre d'un bilan de santé. Si vous le lui faites passer trois fois, cela signifie que vous n'évaluez pas la démence. Cela signifie que vous surveillez la démence.
– Dr John Gartner
Le Dr John Gartner, ancien professeur à la faculté de médecine de l'université Johns Hopkins, affirme que les tests de « dépistage » réguliers de Trump visent probablement à évaluer la progression de sa démence, et non à dépister une démence comme l'a prétendu la Maison Blanche. Selon Gartner, des contrôles fréquents indiquent généralement une volonté de surveiller un déclin cognitif en cours. Gartner a également affirmé que la fréquence de ces tests était susceptible d'améliorer les résultats, les patients se familiarisant de plus en plus avec les questions et le format du test.
Adam James, un kinésithérapeute très suivi qui a fait parler de lui sur Internet pour ses déclarations concernant la santé de Donald Trump, a également mis en avant ce qu'il a décrit comme des signes potentiellement compatibles avec un accident neurologique. James a cité la posture penchée de Trump, une asymétrie faciale apparente du côté droit et des moments de difficulté d'élocution. Il a fait valoir que ces caractéristiques correspondaient aux signes avant-coureurs couramment associés aux AVC et a évoqué le guide « BE FAST », largement utilisé, qui aide à identifier les symptômes nécessitant une prise en charge médicale urgente. Cependant, James a reconnu n'avoir jamais examiné personnellement le président et a souligné qu'aucun diagnostic officiel n'avait été posé.
Une tendance inquiétante dans la politique américaine
Cette controverse vient s'ajouter à une tendance de plus en plus marquée qui a façonné la politique américaine au cours de la dernière décennie. Les questions relatives à l'âge et aux capacités cognitives sont devenues des enjeux majeurs tant lors des campagnes de Trump que de celles de l'ancien président Joe Biden. Trump a passé quatre ans à surnommer Biden « Sleepy Joe » (Joe le somnolent). Aujourd'hui, c'est Trump qui se fait surprendre en train de somnoler lors de réunions télévisées dans le Bureau ovale. Les responsables politiques américains refusent de se retirer en raison de leur âge, et la population semble, d'une certaine manière, soutenir cette tendance. Les électeurs affirment souvent vouloir des responsables politiques « expérimentés », mais cela se traduit par des dizaines de décideurs âgés de plus de 70 ans. Il est difficile de croire que cette « expérience » justifie d'avoir un président incapable d'aligner deux phrases cohérentes.

Le comportement de Trump lors du sommet du G7 s'est avéré inquiétant pour de nombreux détracteurs. Au cours du sommet, Trump a été le seul dirigeant mondial à ne pas consulter de notes pendant les réunions retransmises à la télévision. En fait, il n'avait même pas de notes devant lui. Trump a également été surpris à errer sans but pendant et après les séances photo, et le président a été vu en train de prendre la main de la Première Dame française, Brigitte Macron. Certains internautes ont souligné que Trump était peut-être tellement habitué à se déplacer en compagnie d'un assistant qu'il confondait sans cesse Mme Macron avec un membre du personnel. Des sources anonymes de la Maison Blanche ont rapporté que Donald Trump ne lit rien à moins que cela ne soit réécrit sous une forme qu'il puisse comprendre. Donald Trump ne se promène d'ailleurs pas souvent dans la Maison Blanche sans assistants à ses côtés.
Il est important de noter qu'aucun diagnostic médical officiel n'a été rendu public pour étayer les allégations de déclin cognitif, et la Maison Blanche continue d'affirmer que Trump reste en bonne santé et apte à exercer ses fonctions de président. Dans le même temps, chaque nouvelle apparition semble apporter une preuve supplémentaire que le président n'est en réalité pas en bonne santé. Les images du G7, les commentaires des observateurs médicaux et le débat en cours sur les tests cognitifs ont, ensemble, fait en sorte que la santé de Trump reste au cœur du débat politique national. Alors que le président entre dans sa neuvième décennie, cette discussion ne semble pas près de s'éteindre.