- Duhaime doit gérer une série de controverses.
- Plusieurs candidats attirent l'attention pour les mauvaises raisons.
- L'affaire Jimmy Gagnon ajoute une nouvelle pression.
- Le chef doit maintenant répondre de son équipe.
- Le PCQ veut prouver qu'il peut gouverner.
Le Parti conservateur du Québec veut profiter de cette campagne pour prouver qu'il est désormais une véritable force politique. Éric Duhaime parle de percée, de députés à faire élire et d'un parti prêt à prendre sa place à l'Assemblée nationale. Mais pendant que le chef tente de parler d'économie, de coût de la vie et de réduction de l'État, ses candidats continuent de lui voler une partie de l'attention.
La liste commence à être longue. Positions controversées sur l'avortement, propos visant la communauté LGBTQ+, sympathies pour une éventuelle annexion aux États-Unis, insultes publiées sur les réseaux sociaux… Et voilà maintenant Jimmy Gagnon, candidat dans Mégantic, rattrapé par une décision de la Cour supérieure datant de 2024. Le juge a notamment qualifié son témoignage de «fantaisiste» et dénué de crédibilité dans un conflit avec des voisins.
Le problème pour Duhaime n'est donc plus seulement de répondre à une controverse. C'est de démontrer qu'il est capable de gérer une équipe qui attire constamment l'attention pour les mauvaises raisons.

Le chef peut-il reprendre le contrôle?
Depuis le début de la campagne, Duhaime tente de minimiser les controverses entourant ses candidats, les présentant notamment comme des distractions qui éloignent des véritables enjeux électoraux. Pourtant, chaque nouvelle histoire ramène la même question au centre de la campagne: qui choisit les candidats du PCQ et qui en assume la responsabilité?
Dans le cas d'Éric Lanthier, candidat dans Pontiac, la situation était devenue impossible à défendre. Le pasteur avait tenu des propos controversés sur l'avortement et l'homosexualité, notamment en défendant les thérapies de conversion. Il s'est finalement retiré de la course après les révélations.
Mais d'autres dossiers sont venus s'ajouter. Le candidat de Côte-du-Sud, Frédéric Poulin, a notamment été rattrapé par d'anciennes insultes publiées en ligne. D'autres candidats ont aussi exprimé des positions favorables à une annexion aux États-Unis.
À mesure que les candidatures problématiques s'accumulent, l'argument de la simple distraction devient plus difficile à maintenir.

Le PCQ peut-il passer de mouvement de contestation à parti crédible?
C'est peut-être là que se joue le véritable test de Duhaime. Être le parti qui dérange est une chose. Convaincre les électeurs qu'on peut gouverner en est une autre.
Le chef conservateur a d'ailleurs défendu l'idée qu'il ne voulait pas de candidats «beiges», neutres ou sans personnalité. Il veut des gens capables de sortir du lot. Mais en politique, sortir du lot peut aussi devenir un problème lorsque les déclarations ou le passé d'un candidat éclipsent le message du parti.
Et plus le PCQ grimpe dans les intentions de vote, plus cette réalité devient importante. Les électeurs ne regardent plus seulement Duhaime. Ils commencent à regarder ceux qui pourraient siéger avec lui.
La question devient donc difficile à éviter: le PCQ est-il devenu assez gros pour que Duhaime doive maintenant répondre de tout ce que font ses candidats?
