Selon le Premier ministre canadien Mark Carney, le Canada pourrait se joindre aux efforts internationaux visant à lever le blocus imposé par l’Iran dans le détroit d’Ormuz. Dans des déclarations faites en mars, Carney a affirmé que si les États-Unis et Israël parvenaient à confirmer un cessez-le-feu dans le golfe Persique, le Canada pourrait se joindre aux efforts visant à garantir la libre circulation des navires dans le détroit d’Ormuz.
Téhéran a bloqué le détroit en réponse à la guerre lancée par les États-Unis et Israël contre l’Iran il y a un mois.
Le Canada a publié une déclaration commune avec ses alliés et partenaires, exprimant sa volonté de contribuer aux efforts visant à rouvrir le détroit.
Le détroit d'Ormuz en danger
Le détroit d’Ormuz, un passage étroit au large des côtes iraniennes, est désormais constamment menacé, l’Iran et Israël bombardant des navires dans la région. Près d’un cinquième de tout le pétrole mondial transite par ce détroit. La nomination par l’Iran de son nouveau dirigeant, Mojtaba Khamenei, a également fait chuter les cours du pétrole. Khamenei, fils du dirigeant assassiné Ali Khamenei, devrait suivre les traces de son père et instaurer un régime islamique tyrannique. Son père a tué des dizaines de milliers de civils iraniens au cours de son règne de près de 40 ans.
Les prix du pétrole font un bond
Au cours de la première semaine de mars, le prix du pétrole brut américain a bondi de 36 %, tandis que celui du Brent a augmenté de 28 % la semaine dernière. Les prix du pétrole ont grimpé en flèche alors que la guerre, qui dure depuis plus de deux semaines, a entraîné dans son sillage des pays et des régions essentiels à la production et au transport du pétrole et du gaz depuis le golfe Persique. L’Iran a attaqué des installations militaires et diplomatiques américaines sur toute la côte du golfe, et ces bombardements ont créé une situation précaire dans le détroit d’Ormuz et dans plusieurs centres énergétiques. Des pays comme le Koweït et le Qatar, qui ont longtemps joui d’une existence paisible au Moyen-Orient, sont désormais menacés quotidiennement.
Blocage du détroit d'Ormuz
Le blocage du détroit d’Ormuz a constitué la principale stratégie de l’Iran pour porter préjudice aux puissances occidentales qui l’attaquent. Près d’un quart du pétrole mondial transite par ce détroit. Depuis le début du blocus iranien, les prix du pétrole ont explosé, le Brent s’échangeant à plus de 100 dollars le baril, seuil de panique fixé par les experts au début du mois de mars. Le détroit d’Ormuz est une voie navigable étroite bordée par l’Iran d’un côté et Oman de l’autre.
L’Iran a commencé à mettre en place son blocus le 28 février, quelques heures seulement après l’attaque de Donald Trump. Aujourd’hui, l’Iran a instauré un blocus étouffant, et les Américains ont commencé à payer le prix de la guerre de Trump à la pompe. Au 22 mars, le trafic dans le détroit avait été réduit de 95 % par rapport à la période d’avant la guerre.
Commentaires d'Affaires mondiales
Alexandre Lévêque, sous-ministre adjoint au ministère des Affaires mondiales, s’est exprimé devant le Sénat le 26 mars.
M. Lévêque a affirmé que le Canada aurait un rôle à jouer dans la sécurité future de la région. Il a déclaré qu’« avec un petit groupe de pays de confiance », le Canada pouvait influencer une période de transition en Iran et dans la région du Golfe. Il a ajouté que le gouvernement ne se prononcerait pas sur la manière dont une telle transition pourrait se dérouler, ni sur la question de savoir si cela nécessiterait un nouveau changement de régime en Iran.
Avant la guerre de Donald Trump contre l’Iran, la ministre des Affaires étrangères, Anita Anand, avait déclaré le mois dernier que le Canada ne rétablirait pas ses relations diplomatiques avec l’Iran tant qu’un « changement de régime » n’aurait pas eu lieu. Le gouvernement canadien a rompu ses relations diplomatiques avec l’Iran en 2012 sous le mandat de Steven Harper.
Déclarations du ministre de la Défense
Le ministre de la Défense, David McGuinty, a également confirmé jeudi que le gouvernement fédéral envisageait d’envoyer des navires et des experts en cybersécurité pour contribuer à la réouverture du détroit d’Ormuz.
Selon McGuinty, les navires de guerre, l’expertise en déminage, le renseignement et les capacités cybernétiques sont autant d’exemples de la manière dont le Canada pourrait s’impliquer dans la déréglementation du détroit d’Ormuz.
McGuinty a réaffirmé que le Canada ne s’impliquerait que si un cessez-le-feu était en vigueur dans la région. Il a ajouté que le gouvernement français menait cette initiative potentielle et qu’il attendrait également un cessez-le-feu avant de s’impliquer.
Carney défend ces pratiques
Lors de la même conférence de presse au cours de laquelle Mark Carney s’est exprimé sur le rôle du Canada dans le détroit d’Ormuz, on lui a posé des questions sur la réticence de son gouvernement à communiquer des informations concernant les actions iraniennes visant les troupes canadiennes. Le gouvernement a été critiqué publiquement pour ne pas avoir divulgué d’informations relatives à une attaque iranienne contre une base militaire au Koweït qui abritait des dizaines de soldats canadiens.
Selon Carney, son gouvernement s’attache avant tout à préserver la sécurité des militaires canadiens.
« Il s’agit d’assurer la sécurité et le bien-être des hommes et des femmes des Forces armées canadiennes. Il y a un moment pour divulguer les détails de ces événements, pas nécessairement en temps réel, car une guerre est en cours. » – Mark Carney
Le coût de la guerre
Au 27 mars, les chiffres préliminaires font état d’un bilan effroyable à travers le Moyen-Orient. En Iran, plus de 1 900 personnes ont été tuées par des frappes américaines et israéliennes. Les forces américaines ont frappé plus de 7 000 sites en Iran ; outre les 1 937 morts, 24 800 Iraniens ont été blessés et plus de 3 millions de personnes ont été déplacées.
Une frappe américaine visant une école primaire réservée aux filles a tué 168 enfants. Au Liban, plus de 1 000 personnes ont été tuées par des frappes israéliennes, 3 100 autres ont été blessées et plus d’un million de civils ont été déplacés. Treize militaires américains ont été tués, et 19 personnes ont été tuées en Israël. Depuis le 28 février, 168 personnes ont été tuées par des frappes iraniennes dans les pays du Golfe.