La CAQ veut-elle devenir le parti du privé en santé?

La CAQ veut-elle devenir le parti du privé en santé?
Crédit: La CAQ change-t-elle de cap sur le privé en santé?
  • La CAQ semble changer de cap en santé.
  • Christine Fréchette veut revoir la place du privé.
  • Cinq partis, cinq façons d'aborder le réseau.
  • Un choix qui pourrait avoir des conséquences.
  • Mais jusqu'où ira réellement ce virage?

La CAQ avait-elle changé de recette en santé? Les propos de Christine Fréchette donnent certainement matière à poser la question.

La cheffe caquiste veut ouvrir la discussion sur la pratique mixte, qui permettrait à certains médecins de travailler à la fois dans le réseau public et dans le privé. L'objectif serait notamment de soigner davantage de patients tout en maintenant une présence minimale dans le réseau public.

Un virage qui ne passe pas inaperçu

La CAQ veut également élargir le nombre d'interventions chirurgicales réalisées au privé, mais payées par l'État. Pour les patients redirigés vers ces services, la facture continuerait donc d'être assumée par le réseau public.

Sur papier, le réseau public demeure au cœur du modèle. Mais le changement de direction est difficile à manquer.

Alors qu'il était ministre de la Santé, Christian Dubé avait plutôt voulu freiner les allers-retours entre les deux réseaux. Depuis avril 2025, les médecins doivent notamment obtenir l'autorisation de Santé Québec avant de se désaffilier du régime public.

Christine Fréchette avait voté en faveur de cette approche.

Aujourd'hui, elle propose d'ouvrir davantage la porte au privé.

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Cinq visions, un même réseau

Et c'est précisément ce qui rend la question intéressante dans cette campagne électorale: les cinq partis ne proposent pas la même réponse aux problèmes du système de santé.

La CAQ veut rapprocher davantage le public et le privé. Le PCQ souhaite aller encore plus loin avec la pratique mixte et une plus grande place accordée au privé. Québec solidaire, à l'inverse, craint que cette ouverture accentue le déplacement de professionnels vers le réseau privé.

Le PLQ et le PQ proposent eux aussi leurs propres avenues pour améliorer l'accès aux soins, mais avec des philosophies différentes.

Au fond, derrière les promesses, c'est une question de modèle qui se dessine.

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Jusqu'où veut-on aller dans le recours au privé pour améliorer le réseau public?

Le vrai changement est peut-être là

La CAQ ne propose pas de remplacer le système public par un système privé. Elle propose plutôt de brouiller davantage la frontière entre les deux.

Et ce n'est pas un détail.

Christine Fréchette veut permettre à des médecins de travailler dans les deux réseaux et souhaite que l'État finance davantage d'interventions réalisées dans des cliniques privées.

Mais voilà le véritable enjeu: le Québec manque déjà de personnel dans son réseau public. Si les médecins peuvent partager leur temps entre les deux systèmes, est-ce que cette formule ajoutera réellement des soins… ou déplacera simplement une partie des ressources vers le privé?

La CAQ assume ce virage. Ses adversaires, eux, y voient un risque pour le réseau public.

Une chose est certaine: en santé, la CAQ ne parle plus tout à fait le même langage qu'il y a quelques années.

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