Un sondage publié par l'Institut Angus Reid révèle que les Canadiens sont partagés quant à la première année de mandat du Premier ministre Mark Carney. Le sondage a porté sur divers aspects de cette première année au pouvoir, notamment la réputation internationale du Canada, la politique commerciale, les relations du Canada avec Donald Trump, les initiatives de « construction nationale », les promesses électorales, l'accessibilité financière et le coût de la vie. Le sondage, réalisé auprès de 2 013 Canadiens, a montré que le pays estime que Carney a très bien réussi dans certains domaines, tandis qu'il n'a pas répondu aux attentes dans d'autres.
En avril 2025, le Parti libéral de Mark Carney a réussi un retour en force spectaculaire, comblant un déficit massif de 20 points face aux conservateurs de Pierre Poilievre. Les libéraux ont couronné cette victoire surprenante par l'annonce que Pierre Poilievre n'avait pas réussi à conserver son propre siège dans la circonscription « sûre » des conservateurs de Carlton, en Ontario.
Améliorer la réputation internationale du Canada
La première question du sondage demandait aux Canadiens si Carney avait répondu ou non à leurs attentes en matière d'amélioration de la réputation internationale du Canada. Sous Justin Trudeau, les relations du Canada avec des superpuissances mondiales telles que la Chine et l'Inde avaient été sérieusement affectées, ces deux pays ayant exprimé leur aversion pour le dirigeant. Depuis son élection, Carney a fait de ces deux pays une priorité tout en créant des partenariats avec ce qu'il appelle les « puissances moyennes ». Carney a signé de nouveaux accords avec la Chine et l'Inde, et a maintenu une communication régulière avec ces deux superpuissances. Pas moins de 64 % des Canadiens interrogés ont déclaré que Carney avait répondu à leurs attentes, voire les avait dépassées.
Politique commerciale / diversification des partenaires commerciaux du Canada + relations avec Trump
Alors que Carney a signé de nouveaux accords avec la Chine et l'Inde, il a concentré ses efforts de communication commerciale sur les « puissances intermédiaires ». Carney s'est rendu dans les pays nordiques, en Australie, en Nouvelle-Zélande et au Japon, entre autres nations européennes, pour y signer des accords. Mark Carney a dévoilé ce plan au monde entier lors de son discours à Davos le 29 janvier. Cette décision a été bien accueillie tant par les Canadiens que par les marchés internationaux. Le Premier ministre australien Anthony Albanese a fait l'éloge de Carney en février, affirmant que : « Alors que le système international subit une pression croissante, nous voulons travailler ensemble, et avec nos partenaires, pour maintenir et défendre la paix, la sécurité et la prospérité ». Carney n'a pas obtenu d'aussi bons résultats dans cette catégorie auprès des électeurs, mais affichait tout de même un taux d'approbation de 57 %. Carney n'a pas obtenu de bons résultats dans la catégorie évaluant ses relations avec Trump, mais a tout de même réussi à obtenir un taux d'approbation de 56 %.
Initiatives de reconstruction nationale
C'est dans les quatre dernières catégories que la note de passage de Carney a sérieusement chuté. Au cours de sa campagne, Carney a souligné son désir de mener des « initiatives de construction nationale ». Ses propositions comprenaient un nouveau gazoduc pour le GNL, de nouveaux programmes nucléaires, des mines de minéraux et, surtout, des logements financés par l'État. Malheureusement, très peu de ses projets proposés ont démarré, et celui que les Canadiens attendaient le plus (les logements construits par l'État) n'a connu aucun progrès. Carney a lancé le programme « Build Canada Homes » en septembre 2025, mais la construction n'a encore commencé dans aucune province. L'objectif de Carney est de construire 500 000 logements par an, pour atteindre 3 millions de nouveaux logements au cours des six prochaines années. Seuls 11 % des Canadiens estiment que Carney a dépassé les attentes en matière de « construction nationale », tandis que 40 % considèrent qu'il n'a pas répondu aux attentes.

Carney ne parvenant pas à s'attirer les éloges des Canadiens pour ses projets de construction nationale, il n'est pas surprenant que les Canadiens soient déçus par sa capacité à tenir ses promesses électorales. « Build Canada Homes » était sans doute la plus grande promesse de campagne de Carney. Il a assuré aux Canadiens qu'il s'attaquerait au problème de l'accessibilité au logement en construisant des logements abordables à loyer contrôlé pour les familles. Les loyers ont augmenté de près de 40 % au cours des dix dernières années et ont connu une hausse spectaculaire depuis la COVID. Seuls 34 % des Canadiens interrogés estiment que Carney a tenu ses promesses électorales, tandis que 41 % estiment qu'il n'a pas répondu aux attentes.
Améliorer l'accessibilité au logement et réduire le coût de la vie
Les deux dernières catégories de la première section étaient étroitement liées. Les Canadiens ont été interrogés sur le rôle de Carney dans l'amélioration de l'accessibilité au logement et sur son succès dans la réduction du coût de la vie pour les Canadiens. Dire que Carney a échoué dans ces domaines serait un euphémisme. Seuls 18 % des Canadiens interrogés estiment que Carney a répondu aux attentes en matière d'amélioration de l'accessibilité au logement au Canada, et 67 % estiment qu'il a échoué. Ses notes sont encore plus mauvaises en ce qui concerne le coût de la vie au Canada. Selon le sondage, 70 % des Canadiens estiment que Carney n'a pas réussi à rendre le Canada plus abordable, et seulement 2 % estiment qu'il a dépassé les attentes. Sur les 2 013 Canadiens interrogés, seuls 40 ont estimé que Carney avait réussi sa mission en matière d'accessibilité au logement.
Le Premier ministre a annoncé des progrès dans le partenariat entre BCH et @OttawaCity, renforçant un plan commun visant à accélérer la livraison de logements abordables et à revenus mixtes dans toute la ville.
Pour en savoir plus : https://t.co/eIfiWUmhpc pic.twitter.com/Fx8Eyjqy1y
— Build Canada Homes (@BuildCanHomes) 23 avril 2026
Le Canada sur la « mauvaise voie » selon les Canadiens
Bien que les notes attribuées à Carney soient globalement positives (il affiche toujours un taux de popularité de 58 %, même si celui-ci a chuté de 5 % au cours de l'année dernière), les Canadiens ne lui ont pas accordé leur confiance. Dans l'ensemble, 42 % des Canadiens estiment que le Canada est sur la mauvaise voie après un an de mandat de Carney. L'Institut Angus Reid a ventilé cette statistique par base électorale, en décomposant le pourcentage global. Alors qu'un pourcentage impressionnant de 75 % des électeurs du PCC estiment que le Canada est sur la mauvaise voie, 64 % des électeurs du Parti libéral estiment que le pays est sur la bonne voie. C'est parmi les électeurs du NPD et du BQ (Bloc québécois) que les opinions divergent. Carney ayant adopté des lois plus strictes en matière d'immigration, réduit la taxe sur le carbone et suivi l'exemple du Parti conservateur, 33 % des partisans du NPD interrogés estiment que le Canada est sur la mauvaise voie. Les électeurs de la Colombie-Britannique se sont montrés encore plus sévères, 39 % d'entre eux estimant que le Canada s'engage sur une mauvaise voie.
Notes globales

Il est clair que Mark Carney a réussi dans certains domaines et échoué dans d'autres. Son problème réside dans les domaines où il n'a pas réussi à dépasser les attentes, qui sont précisément les questions au premier plan dans l'esprit des Canadiens. Cinquante-deux pour cent des Canadiens estiment que la réduction du coût de la vie devrait être la priorité absolue de Carney, une préoccupation qui surpasse largement toutes les autres catégories. La solution est simple : écouter les électeurs. Carney a passé sa première année à parcourir le monde, à rencontrer des dirigeants et à tenter d'alléger la pression de la guerre commerciale déclenchée par les droits de douane de Donald Trump. Il a réussi, parvenant à signer des accords avec plusieurs pays afin de réduire la dépendance vis-à-vis des États-Unis. Il doit désormais se concentrer sur le Canada. Avec un taux de popularité de 58 % et un gouvernement majoritaire nouvellement formé, Carney devrait être en mesure de faire avancer les investissements visant à rendre le coût de la vie plus abordable. C'est en tout cas le programme qu'il a mis en avant au cours des 12 derniers mois.

Créé par des humains, assisté par IA.