Québec 2026: les régions attendent toujours les chefs

Québec 2026: les régions attendent toujours les chefs
Crédit: FB/Éric Duhaime
  • La Gaspésie sonne l'alarme.
  • La Côte-Nord attend les chefs.
  • Montréal et Québec monopolisent l'attention.
  • Des enjeux régionaux restent dans l'ombre.
  • Le dernier droit pourrait changer la donne.

À trois semaines du scrutin, une partie du Québec commence à se demander si la campagne électorale se déroule partout… ou surtout là où les chefs ont le plus à gagner. En Gaspésie comme sur la Côte-Nord, les grands rassemblements politiques, les annonces nationales et les débats s'enchaînent, mais les cinq principaux chefs n'ont toujours pas fait le détour par ces territoires au 16 septembre. Et au 18 septembre, leurs horaires publics demeurent largement concentrés ailleurs.

La remarque ne vient pas de nulle part. Guillaume Tremblay, préfet de la MRC de Manicouagan, dit se questionner sur l'intérêt accordé à la Côte-Nord, alors que la région souhaite discuter directement de ses réalités avec les chefs. En Gaspésie, le préfet de la Haute-Gaspésie, Sylvain Tanguay, garde plutôt espoir, rappelant que les territoires éloignés sont parfois visités plus tard dans une campagne.

Mais voilà le problème. Une campagne qui se déroule principalement dans les grands centres finit forcément par mettre certains enjeux sous les projecteurs et d'autres dans l'ombre. Santé, transport, services de proximité, immigration, main-d'œuvre, habitation et accès aux services prennent une couleur très différente lorsqu'on vit à plusieurs centaines de kilomètres de Montréal ou de Québec.

En Gaspésie, les acteurs régionaux ont d'ailleurs transmis leurs priorités aux candidats: santé, logement, main-d'œuvre, transport et développement économique reviennent constamment. La région compte aussi une proportion importante de personnes âgées, les 65 ans et plus représentant environ 30% de la population régionale.

Sur la Côte-Nord, les réalités économiques et démographiques sont tout aussi particulières. Le taux de postes vacants y demeure supérieur à celui observé dans l'ensemble du Québec, tandis que plusieurs secteurs dépendent fortement de la capacité d'attirer et de retenir des travailleurs.

Alors, quand les chefs parlent du Québec, une question finit par s'imposer: de quel Québec parle-t-on?

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Une campagne qui passe encore par les grands centres

Le calendrier raconte une partie de l'histoire. Le 17 septembre, PSPP était à Longueuil, Drummondville et Québec, Charles Milliard à Mégantic, Sainte-Julie, en Beauce et à Québec, Christine Fréchette à Verchères, Saint-Hyacinthe et Charny, tandis que Ruba Ghazal était à Sherbrooke.

Le 18 septembre, les chefs se retrouvaient notamment à Québec pour le sommet électoral de l'Union des municipalités du Québec. Éric Duhaime devait aussi être à Bellechasse et Christine Fréchette à Québec.

Pendant ce temps, en Gaspésie et sur la Côte-Nord, les candidats locaux continuent de porter les dossiers de leur territoire.

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Les régions ne demandent pas seulement une photo

Ce que réclament les élus régionaux dépasse une visite éclair. Ils veulent des engagements adaptés à leur réalité.

Au Bas-Saint-Laurent, où la plupart des chefs se sont déjà arrêtés à l'exception d'Éric Duhaime, les élus disent eux aussi attendre davantage de contenu concret sur le transport collectif, l'immigration, les services de proximité et les besoins des entreprises.

En Haute-Gaspésie, la MRC a encore réitéré cette semaine sa demande d'un statut particulier, signe que les revendications régionales ne disparaissent pas lorsque les caméras quittent les grands centres.

La campagne entre donc dans son dernier droit avec un rendez-vous qui reste à prendre. Les chefs auront-ils le temps de parcourir les kilomètres qui séparent Québec et Montréal des régions qui les attendent?

Parce qu'en politique, parfois, le détour le plus long peut aussi être celui qu'on remarque le plus.

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