Le reset post-débats est intense, PSPP reste en selle

Le reset post-débats est intense, PSPP reste en selle
Crédit: Facebook/PSPP
  • PSPP reste solidement dans le jeu.
  • Les stratégies commencent déjà à changer.
  • Fréchette doit composer avec son bilan.
  • Les adversaires ajustent leurs attaques.
  • Le prochain débat ne sera plus pareil.

Deux débats en 24 heures, cinq chefs, des attaques, des répliques et surtout une nouvelle réalité politique. Après le Face-à-Face de mardi et le Grand Débat de mercredi, quelque chose a changé dans cette campagne. Les chefs ne peuvent plus avancer à l'aveugle. Ils savent maintenant comment leurs adversaires réagissent, quels thèmes fonctionnent et surtout, où se trouvent les failles.

Mercredi soir, Paul St-Pierre Plamondon n'était plus le chef qui pouvait observer tranquillement ses adversaires se battre entre eux. Après avoir été perçu comme le meilleur performeur du premier débat par 38% des répondants d'un sondage Léger, il a été davantage ciblé. Le mot «référendum» est revenu à répétition, particulièrement dans les interventions de Christine Fréchette et Charles Milliard.

Le changement est important. Quand un chef devient la cible des autres, la campagne change de dynamique. PSPP devra maintenant défendre son avance tout en évitant que la question référendaire devienne l'unique grille de lecture de son projet.

Mais voilà le piège. À force de parler de lui, ses adversaires risquent aussi de lui offrir exactement ce dont il a besoin pour continuer à occuper le centre de la conversation.

Et pendant ce temps, Christine Fréchette a découvert que son principal adversaire n'était peut-être pas seulement devant elle sur le plateau. Il se trouvait aussi derrière elle: le bilan de la CAQ. SAAQclic, SIFA, Northvolt, la santé et l'itinérance sont revenus dans les échanges.

Elle a tenté de tourner la page en reconnaissant que la CAQ n'avait «pas été parfaite», mais ses adversaires n'ont clairement pas l'intention de laisser les dernières années disparaître du décor.

Instagram @ericduhaimequebec

Le prochain mouvement sera différent

Pour Paul St-Pierre Plamondon, le prochain défi sera donc de continuer à parler comme un chef qui veut gouverner tout en empêchant la campagne de devenir un long procès sur le référendum. Mercredi, il a davantage été placé sous pression et devra maintenant démontrer que son projet dépasse largement cette seule question.

Christine Fréchette, elle, devra trouver un meilleur équilibre entre attaquer le PQ et vendre son propre projet. Le bilan de la CAQ restera une cible, mais elle devra aussi donner davantage de contenu à cette idée d'une nouvelle étape pour son parti.

Charles Milliard a montré qu'il pouvait prendre davantage de place dans la conversation, notamment sur la santé. Mais il demeure pris dans un duel qui n'est pas nécessairement le sien. S'il continue à ramener la discussion vers le référendum, il contribue lui aussi à faire de PSPP le personnage central de la campagne.

Ruba Ghazal a, de son côté, profité du format pour imposer ses propres thèmes, notamment l'éducation, le logement et l'environnement. Pour Québec solidaire, l'enjeu sera maintenant de transformer ces interventions en présence durable dans la campagne plutôt que de simplement profiter des occasions offertes par les débats.

Et Éric Duhaime? Il demeure fidèle à ses dossiers de prédilection, notamment la taille de l'État et la place du privé en santé. Mais il devra continuer à défendre ses propositions lorsqu'elles sont confrontées directement à celles de ses adversaires.

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Ce qu‘on a vraiment appris

Ce deuxième débat aura surtout permis de découvrir quelque chose qu'un premier affrontement ne pouvait pas montrer: la réaction des chefs après avoir été observés une première fois.

Mardi, chacun découvrait le terrain. Chacun arrivait avec une idée de ce qui fonctionnait. PSPP savait qu'il serait davantage ciblé. Fréchette savait que le bilan de la CAQ reviendrait. Milliard savait qu'il devait prendre davantage de place. Ghazal savait qu'elle pouvait utiliser ses propres thèmes pour sortir du duel principal. Duhaime savait que ses positions sur l'État et la santé trouveraient des adversaires prêts à le confronter.

Le deuxième débat a donc été moins une découverte qu'un test de résistance.

Et c'est peut-être le moment où le véritable «reset» se produit.

La campagne ne repart pas de zéro. Elle repart avec de l'information.

Les chefs savent maintenant qui les attaque, sur quoi et comment. Ils savent aussi quels sujets peuvent les enfermer pendant plusieurs minutes et lesquels leur permettent de reprendre le contrôle.

Pour les électeurs, c'est une nouvelle grille de lecture. On ne regarde plus seulement les promesses. On commence à observer les réflexes.

Qui attaque qui?

Qui répond?

Qui change de sujet?

Qui revient constamment au même argument?

Et surtout, qui réussira à sortir du prochain débat avec autre chose qu'une bonne réplique?

Les cartes sont maintenant sur la table. Reste à voir qui saura les jouer sans se faire couper l'herbe sous le pied.

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