Québec 2026: Les chefs écouteront-ils le cri du coeur de Bruno Marchand?

Québec 2026: Les chefs écouteront-ils le cri du coeur de Bruno Marchand?
Crédit: Capture Télé-Québec
  • Bruno Marchand veut interpeller les chefs.
  • L'«itinérance zéro» devient son objectif.
  • Les maires peuvent-ils influencer une campagne provinciale?
  • Les chiffres avancés par Marchand frappent.
  • Les chefs devront-ils répondre à ses demandes?

À la veille du rendez-vous télévisé qui réunit les cinq principaux chefs de parti à Québec, Bruno Marchand choisit son moment. Le maire de Québec demande aux formations politiques de s'engager clairement vers un objectif qui peut sembler aussi ambitieux que difficile à atteindre: l'«itinérance zéro».

Dans une lettre ouverte publiée mardi, il réclame un engagement ferme et sans détour. Pour lui, il ne suffit plus de réfléchir à la façon de gérer la crise. Il faut chercher à en sortir.

Le maire rappelle que l'itinérance visible a augmenté au Québec et estime que les partis doivent profiter de la campagne pour prendre des engagements concrets. Il souhaite notamment davantage de logements sociaux, une meilleure reddition de comptes et la tenue d'un grand sommet sur l'itinérance d'ici juin 2027.

Ce n'est pas la première fois que Marchand tente d'occuper cet espace. Dès avril, il annonçait son intention de «s'immiscer» dans la campagne et de juger les formations politiques sur leurs engagements concernant les enjeux prioritaires pour Québec. L'itinérance faisait déjà partie de ses dossiers de prédilection.

Cette fois, toutefois, le décor est différent. Les chefs sont à Québec, les caméras sont braquées sur eux et chaque engagement peut devenir un morceau du débat électoral.

La question est donc intéressante: un maire peut-il profiter d'une campagne provinciale pour imposer ses priorités dans la conversation politique?

Instagram @bruno.marchand.maire

Quand un enjeu municipal devient provincial

Sur papier, Marchand ne peut évidemment pas décider de l'agenda des partis. Les chefs restent libres de choisir leurs priorités et leurs promesses.

Mais une campagne électorale offre aux maires une occasion rare de se faire entendre. Les formations politiques cherchent des votes partout au Québec, et la Capitale-Nationale constitue un territoire particulièrement convoité.

Marchand le sait. Il a d'ailleurs déjà affirmé que la région de Québec pouvait bénéficier d'un rapport de force important pendant la campagne.

En plaçant l'itinérance au centre de ses demandes, il tente donc de transformer une responsabilité partagée en enjeu électoral. Et surtout, il demande aux chefs de ne pas seulement annoncer des moyens, mais d'accepter un objectif.

C'est là que sa stratégie devient intéressante.

Getty Images / Facebook @Ruba Ghazal / Instagram @charles.milliard / Courtoisie Parti Québécois / Facebook @Éric Duhaime

Des chiffres qui donnent une autre dimension au débat

Pour expliquer l'urgence d'agir, Bruno Marchand avance des chiffres qui frappent. Selon les données qu'il cite, l'itinérance visible aurait augmenté de 20% au Québec depuis 2022 et de 60% depuis 2018. Il estime aujourd'hui à 12 000 le nombre de personnes en situation d'itinérance visible dans la province.

Ces chiffres permettent de comprendre pourquoi le maire veut que l'enjeu sorte du registre des bonnes intentions. Il demande aussi que les données sur l'itinérance soient publiées chaque année plutôt qu'aux trois ans, afin de suivre l'évolution de la situation plus régulièrement.

À quelques heures de l'émission «Cinq chefs, une élection», la question devient donc très concrète: les chefs reprendront-ils ces chiffres, et surtout, que proposeront-ils pour faire reculer une situation que Marchand juge devenue impossible à accepter.