Québec 2026: Éric Duhaime peut-il devenir «le faiseur de rois»?

Québec 2026: Éric Duhaime peut-il devenir «le faiseur de rois»?
Crédit: Éric Duhaime n’a peut-être pas besoin de gagner l’élection pour devenir l’un des hommes les plus importants du 5 octobre. C’est tout le paradoxe de cette campagne. Le Parti conservateur du Québec ne se bat pas pour arriver au pouvoir, mais il pourrait gagner suffisamment de circonscriptions pour compliquer sérieusement les calculs des autres formations. […]
  • Duhaime pourrait peser lourd le 5 octobre.
  • Le PCQ domine dans la région de Québec.
  • Chaque circonscription gagnée pourrait changer les calculs.
  • Un gouvernement minoritaire changerait complètement la donne.
  • Et Duhaime pourrait détenir une clé inattendue.

Éric Duhaime n'a peut-être pas besoin de gagner l'élection pour devenir l'un des hommes les plus importants du 5 octobre.

C'est tout le paradoxe de cette campagne. Le Parti conservateur du Québec ne se bat pas pour arriver au pouvoir, mais il pourrait gagner suffisamment de circonscriptions pour compliquer sérieusement les calculs des autres formations.

Le dernier sondage Pallas donne 15% au PCQ dans l'ensemble du Québec. Ce n'est pas assez pour parler d'une course au gouvernement. Mais la moyenne provinciale cache une réalité beaucoup plus spectaculaire: dans la région de Québec, le parti de Duhaime atteint 33%, devant la CAQ à 27% et le PQ à 26%.

Voilà où le scénario devient intéressant.

Si le PCQ transforme cette popularité régionale en sièges, chaque député conservateur élu pourrait modifier l'équilibre à l'Assemblée nationale.

Et Pallas ne fait justement pas de projection de sièges. Mais la firme estime que le scénario le plus probable demeure celui d'un gouvernement minoritaire du PQ et affirme que Duhaime semble bien placé pour faire élire des députés dans la région de Québec.

Autrement dit, Duhaime n'a pas nécessairement besoin de gagner pour avoir son mot à dire sur la suite.

Instagram @ericduhaimequebec

Québec devient le véritable champ de bataille

La force du PCQ à Québec n'est pas nouvelle, mais elle prend une tout autre dimension lorsque la campagne se resserre.

Le parti y obtenait déjà 30% dans le sondage Pallas précédent. Il monte maintenant à 33%. Pendant ce temps, le PLQ tombe à seulement 8% dans la région.

Cela change complètement la lecture de la course.

Dans plusieurs circonscriptions, le PCQ peut devenir suffisamment fort pour faire compétition à des partis qui se disputent traditionnellement les mêmes électeurs.

Et c'est là que chaque vote conservateur peut avoir une conséquence indirecte.

Un candidat du PCQ qui termine premier peut prendre un siège. Mais un PCQ fort peut aussi empêcher un autre parti de récolter les quelques milliers de votes nécessaires pour conserver une circonscription.

C'est exactement le genre de situation qui peut produire une Assemblée nationale beaucoup plus fragmentée que prévu.

Duhaime joue donc une partie qui dépasse largement son propre score provincial.

Getty Images / Instagram @ericduhaimequebec

Et si le vrai pouvoir se jouait après le vote?

Le scénario le plus intrigant serait celui d'un PQ qui termine premier, mais sans majorité.

Pallas considère actuellement le gouvernement minoritaire péquiste comme l'issue la plus probable.

Dans une telle situation, les députés conservateurs pourraient soudainement prendre beaucoup plus d'importance.

Attention: cela ne signifie pas que le PCQ deviendrait automatiquement l'allié d'un gouvernement péquiste. Les positions des deux formations sont très différentes sur plusieurs enjeux.

Mais mathématiquement, une poignée de sièges peut changer le rapport de force.

C'est pourquoi la performance de Duhaime dans la région de Québec mérite d'être suivie de très près.

Le PCQ n'a peut-être aucune chance de former le prochain gouvernement.

Mais s'il fait élire suffisamment de députés, Éric Duhaime pourrait se retrouver avec quelque chose de beaucoup plus rare en politique: la capacité d'influencer qui gouvernera… sans être celui qui gouverne.

Courtoisie Srutin Radio-Acton / Facebook @Éric Duhaime